Les Chroniques d’Arslân saison 1 : Une fresque épique d’ampleur

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The Heroic Legend of Arslân

Alors que la deuxième saison de The Heroic Legend of Arslân est en cours, Kyoukai’s World en profite pour revenir sur la première saison. Celle-ci a joui d’un certain succès car Kurokawa avait annoncé quelques semaines auparavant la licence du titre papier. Dans tous les cas, la première saison tient toutes ses promesses de manière générale : un héros en devenir qui doit faire ses preuves là où on ne l’attend pas.

Résumé :

À la frontière de l’Orient et de l’Occident se trouve le prospère royaume de Parse, tenu d’une main de fer par le redoutable roi Andragoras. A cause de sa frêle carrure et de son maniement approximatif des armes, il est difficile pour le jeune prince Arslân de revendiquer son statut d’héritier au trône.
Alors âgé de 14 ans, il va prendre part à sa première bataille afin de repousser l’envahisseur lusitanien dans la plaine d’Atropathènes. Un jour marqué du sceau de l’infamie qui fera basculer à jamais son destin et celui du royaume de Parse.

Source : Manga-News.

Des précédents…

Eh oui, Arslân Senki n’est pas une première adaptation télévisuelle. En effet, la série de romans de Yoshiki Tanaka avait eu des précédents. Deux films ont notamment vu le jour en 1991 et 1992. Mais ce n’est pas tout puisqu’une série de quatre OAVs ont également été présentés. A cela s’ajoute le fait qu’en plus de ces adaptations animes, il existait une première version du manga. Autant dire que le titre avait déjà une certaine renommée avant même qu’il soit diffusé.

Un souffle épique indéniable et un contexte intrigant.

Ce qui doit capter l’attention très rapidement dans cet anime, c’est indéniablement la portée épique. En effet, en plus d’instaurer un cadre géopolitique intéressant, il faut bien avouer que tout concourt valoriser les héros. L’anime respecte assez bien le contexte géographique, politique et économique. On s’immerge sans difficulté dans cette inspiration de la Perse Antique. C’est ainsi que l’on découvre le royaume de Parse qui vit sous la domination du roi Andragoras III. Ce dernier impose une forme de crainte et le pays vit sous un régime qui n’est pas forcément décrié mais dont on perçoit des aspects peu reluisants comme l’esclavage.

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The Heroic Legend of Arslân

Un conflit qui prend ses sources dans des idéologies religieuses.

Très vite dans l’anime, on constate qu’en plus de tout cela, la religion est aussi à l’origine du conflit entre le royaume de Parse et le royaume de Lusitania. Si les habitants du premier sont polythéistes, les habitants du second s’avèrent monothéistes. Une approche qui ne manquera pas de troubler dans notre monde actuel. L’anime ne cherche pas à donner raison à une religion ou à d’autres. On préfère simplement se borner à nous montrer des conceptions différentes qui amènent également des mœurs différentes selon les deux royaumes. Et c’est ainsi que l’anime permet de s’ancrer davantage dans cette dimension. En effet, plus on progresse et plus on constate que d’un point de vue idéologique, ils n’ont pas la même vision. La question de l’esclavage mentionnée ci-dessus en est un illustre exemple.

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The Heroic Legend of Arslân

Un secret qui n’en est pas vraiment un…

Mais ce n’est pas le seul intérêt de l’anime. Très vite, on comprend qu’il y a quelque chose autour du jeune Arslân. Peu considéré par son père et avec une mère qui paraît « absente », on a l’impression que ce dernier essaie de répondre aux attentes de parents qui ne le regardent pas comme il aurait aimé. Mais il faut dire que de nombreux indices filtrent tout le long de la première saison pour nous faire comprendre qu’Arslân n’est peut-être pas le « fils de… ». Si vous avez vu l’anime, vous n’aurez aucune surprise. Mais les discours implicites ou les nombreux non-dits ont fini de nous donner confirmation. De ce fait, si l’intrigue tourne autour conflit entre Parses et Lusitaniens ; plus loin, on se rendra compte que l’enjeu est beaucoup plus profond que ce que l’on pense. Et si vous avez commencé à regarder la saison 2, vous ne pourrez que le confirmer. Mais tout cela soulève des interrogations concernant la quête de pouvoir et le représentant légitime de celui-ci. Et cela intervient notamment avec l’entrée en scène de Hilmes, neveu du roi Andragoras et qui a une revanche à prendre sur ce dernier.

Une quête initiatique.

Bien sûr, cette première saison est aussi marquée par la progression positive de notre héros : Arslân. Il faut dire qu’au début, on peut avoir des craintes : chétif, naïf, peu enclin aux combats, et avec des traits presque féminins, Arslân n’a rien du héros attendu. Et pourtant, grâce à cette forte connotation « épique », on pressent que quelque chose va révolutionner cela. Ce quelque chose, c’est dans un premier temps sa rencontre avec un jeune prisonnier lusitanien qui lui « remettra » les idées en place d’une certaine façon. Mais ce n’est pas le seul évènement quand on découvre qui est réellement ce soldat qui reviendra de manière inattendue dans la vie du jeune garçon (et on ne peut que se demander quelle sera l’implication de ce personnage dans la suite des aventures du jeune homme). Mais il y a aussi un point qu’on occulte fréquemment, c’est qu’Arslân n’a que 14 ans au début. Un âge où un pré-ado se cherche de manière générale. Or, il n’a pas d’autres obligations que de grandir un peu plus vite pour pouvoir s’en sortir et reprendre ce qu’il estime être le royaume de son père. On sent chez lui une volonté de s’émanciper un peu mais surtout pour faire plaisir aux autres. L’un des principaux défauts d’Arslân mais qui est aussi une qualité, c’est qu’il pense davantage aux autres avant de penser à lui. Pourtant, force est de constater que le jeune homme s’affirme de plus en plus. On le voit devenir plus stratège, combattif, autoritaire. Il montre une vraie position de meneur dès lors que cela se fait sentir suppléé bien évidemment par ses fidèles alliés. On sent que le héros est en devenir !

Une galerie de personnages…

Difficile de parler de tous les personnages de l’anime. Aussi, on se concentrera sur les plus présents. Il faut toutefois souligner que tous les personnages ont toujours un rôle à jouer. Que ce soit pour faire avancer l’intrigue ou pour révéler quelque chose d’inattendu, on ne peut pas dire qu’il y ait de rôles « faire-valoir » d’une certaine façon. Je ne reviens pas sur Arslân dont la position est encore en gestation à mon sens. Mais il convient de revenir sur les alliés d’Arslân. Que ces derniers aient choisi d’être à ses côtés de gré ou parce qu’ils se sentent redevables, ils apportent tout un plus à l’intrigue. En premier lieu, Daryun.

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The Heroic Legend of Arslân

Celui-ci paraît avoir toutes les qualités requises pour seconder Arslân. S’il est vrai qu’il veille sur lui suite à la promesse faite à son oncle, on constate que de plus en plus, il voit en Arslân celui qui pourra réellement faire changer les choses. Et c’est parce qu’il croit en lui qu’il choisit finalement d’être à ses côtés. On voit par ailleurs que Daryun montre de plus en plus sa propre volonté avant celle d’un soldat de Parse. Une perspective intéressante forcément pour la suite de l’anime. Charismatique, Daryun est un personnage qu’on aime suivre et dont on appréciera le côté un peu bougon quand il est en présence de Narsus. Ce dernier apparaît un peu comme le stratège de l’ombre. S’il est vrai qu’Arslân prend les devants, c’est souvent à l’initiative de Narsus. Derrière son côté « artistique » qu’il met en avant, il se révèle un atout solide pour faire avancer notre héros. Il est le premier à s’interroger très rapidement sur la naissance d’Arslân. Sa perspicacité s’avère redoutable. Faranghis, prêtresse du temple de Mithra apparaît au départ comme une personnalité froide.

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The Heroic Legend of Arslân

Son vœu de protection envers Arslân est prépondérant sur tout le reste. Beauté qui ne le revendique pas, elle est souvent celle qui tempère l’ensemble d’une certaine façon. Au début, elle demeure assez distante mais on peut constater qu’elle apprécie cette « team » d’une certaine manière. Sa relation avec Alfrîd, par exemple, m’a parfois fait penser à une relation entre sœurs. Celle-ci apparaît comme une enfant généralement. Le côté enfantin d’Alfrîd ressort assez souvent surtout quand elle rentre en compétition avec Elam. C’est un personnage qui a parfois tendance à se surestimer même si ce n’est pas dans un mauvais fond. Son amour immodéré pour Narsus prête à sourire tout comme ses chamailleries. Elle reste néanmoins dévouée à Arslân. Elam est le fidèle serviteur de Narsus mais on verra qu’il devient également un fidèle serviteur d’Arslân par extension. Il est souvent là où on ne le voit pas. Ghîb est pour moi le trublion de service. Toujours prompt à tenter de séduire la belle Faranghis, il se dépeint comme un artiste itinérant. Mais plus loin, on peut constater que c’est un très bon combattant et qu’il est venu (plus d’une fois) en aide à Arslân. Je crois qu’au fond, à la manière de Faranghis, il apprécie ce qui se dégage du groupe et il a une grande confiance en Arslân. Enfin, Jaswant est peut-être celui qui est le plus à part. En effet, s’il est dans le camp d’Arslân, c’est essentiellement parce qu’il se sent redevable. Il estime qu’il a des dettes à payer. Pourtant, j’ai envie de penser qu’il prend aussi part à cette action de son plein gré car comme tous les autres, il croit en Arslân. La suite nous dira peut-être ce qu’il en est réellement.

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The Heroic Legend of Arslân

Je pense qu’il ne faut pas négliger quelques personnages ennemis comme le propre père d’Arslân : Andragoras. Difficile dans cette première saison de se faire une autre image que celle d’un tyran. Malgré ce qui lui arrive, cette fureur qu’il a perpétuellement dans son regard ne laisse rien présager de bon. Je pense qu’il pourrait s’avérer un adversaire terrible. Il en est peut-être de même pour Hilmes. Bien que ce dernier se comporte de façon despotique également, on ne peut s’empêcher d’avoir une forme de compassion en dépit de tout quand on sait ce qui lui est arrivé. Je crois que Hilmes a subi les choses et que tout ce qu’il fait ne reflète pas totalement qui il est. Son désir de vengeance le consume laissant apparaît qu’une image froide (or, dans la deuxième saison, on pourra constater que cela n’a pas toujours été le cas). J’ai hâte de voir comment ses interactions avec Arslân et le roi vont faire évoluer l’histoire.

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The Heroic Legend of Arslân

Une question me turlupine toutefois : quel est le vrai rôle de la mère d’Arslân? Peu d’éléments filtrent dans cette première saison et Tahaminé s’avère avare en paroles…

La touche d’humour !

L’anime, derrière ce côté très sérieux, n’oublie pas pour autant d’apporter des touches d’humour salutaires. Que ce soit lorsqu’on se joue de la naïveté d’Arslân, du côté renfrogné de Daryun, des piques artistiques de Narsus, des joutes comiques entre Alfrîd et Elam ou encore des tentatives de séduction souvent foireuses de Ghîb, on a beaucoup de moments cocasses qui concourent à donner un caractère parfois insouciant à l’anime.

Un graphisme chatoyant !

Du côté de l’animation, on appréciera le graphisme qui est fidèle à la version de Hiromu Arakawa. Il y a un vrai travail fait sur les décors, le cadre, les costumes mais surtout sur les scènes de combat. Celles-ci sont fréquemment magistrales avec des envolées épiques à couper le souffle. Les couleurs alternent entre des couleurs sombres et plus lumineuses selon les moments de conflit ou propices aux interrogations et des passages plus légers.

Une première saison de belle facture ! Avec un intrigue qui ne fait que s’approfondir, des personnages dont on pressent les évolutions et des passages épiques vraiment prenants, The Heroic Legend of Arslân Senki a su me convaincre de manière générale. La deuxième saison annonce déjà des rebondissements qui ne font que confirmer que cet anime est captivant.

Informations :

Titre VO : アルスラーン戦記
Titres alternatifs : Arslân Senki | The Heroic Legend of Arslân Senki
Année : 2015
Studio : SANZIGEN | Liden Films
Genres : drame, mystère, psychologique
Réalisateur : ABE Noriyuki
Nombre d’épisodes : 25
Éditeur VF : Wakanim
Prix : N/C
Durée : 24 mins

Une réflexion sur “Les Chroniques d’Arslân saison 1 : Une fresque épique d’ampleur

  1. Bright Open World dit :

    Je suis tout à fait de ton avis sur la saison 1 de Arslan Senki. J’ai adoré cet anime (et la saison 2 également). Et ça a été une bonne surprise parce que je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi bien. C’est intéressant à tout point de vue : guerre, géopolitique, religion, motivation des différents camps, etc… et aussi en ce qui concerne le personnage d’Arslan et son évolution. Au début vu son caractère j’avais peur qu’on ait un héros un peu trop chétif, mais il va bien changer, avoir plus d’assurance et élargir sa vision des choses. A ses côtés on a aussi de très bons personnages. Je trouve qu’ils forment une bande très sympathique. Chacun a bien son rôle et contribue bien lors des combats ou sur l’humour de la série que je trouve vraiment bon ! Et les antagonistes aussi sont intéressants, en particulier Hermes.

    J’ai beaucoup aimé la réalisation. On a un très beau travail sur les décors, un chara-design très plaisant et fidèle à celui de l’adaptation manga de Hiromu Arakawa. L’animation des combats est réussie, c’est dynamique, épique… notamment grâce aux musiques qui elles aussi sont très bonnes ! Les génériques m’ont également beaucoup plu.

    En bref, c’est un anime que j’ai adoré, et j’espère qu’il y aura une suite.

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