In These Words T.1 : un thriller psychologique implacable

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In These Words – T.1 édition limitée

Résumé :

Katsuya Asano, un profiler formé aux Etats-Unis, est amené à travailler pour la police de Tokyo afin de fournir le profil d’un tueur en série qui sévit depuis plusieurs années.

Grâce à son aide, l’opération est une réussite et Shinohara Keiji est enfin arrêté.

Obnubilé par la personne qui est à l’origine de son arrestation, ce dernier accepte de faire des aveux complets, mais à la condition que Katsuya soit celui qui les recueille.

À peine le jeune profiler vient-il d’accepter qu’il est tourmenté nuit après nuit par le même cauchemar : un homme dont il ne voit pas le visage le retient prisonnier et le torture tout en lui murmurant à l’oreille qu’il l’aime.

La frontière entre rêve et réalité s’effondre alors brutalement pour lui…

Source : Taifu Comics

Avis :

EX-CEP-TION-NEL ! Voilà la seule chose que j’ai pu me dire en refermant le premier volume d’In These Words, un yaoï qui devrait beaucoup faire parler de lui. Comment dire ? J’ai été captivée, envoûtée, fascinée par ce titre. C’est le genre de yaoï qu’on ne trouve presque jamais en fait. L’édition restant limitée, quand il y en aura plus, il faudra attendre l’édition simple. Je n’ai pas du tout regretté mon investissement dans tous les cas : 17,90€ mais l’édition le vaut largement. En effet, cette édition possède un grande format avec une couverture rigide, un joli marque-page, des posters à l’intérieur mais également les premières pages qui s’apparentent à ce que l’on peut lire dans un roman montrant clairement, si on en doutait encore, que ce yaoï n’est pas à classer parmi les « autres » yaoï. Une véritable prouesse de l’éditeur.

Il reste que ce titre, je le connaissais, j’en avais beaucoup entendu parler sans réellement le découvrir. C’était surtout grâce aux nombreux sites yaoï que j’avais pu le découvrir et j’étais réellement impatiente de le découvrir. J’avais l’impression qu’on avait affaire à un yaoï qui s’éloigne de tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent et c’est résolument le cas. Je n’aurais jamais pensé que le titre paraîtrait en France et pourtant… Autant dire que Taifu a su taper juste !

Mais tentons de détailler un peu plus l’histoire ô combien complexe d’In these Words. Katsuya Asano est ce que l’on appelle un profiler, c’est-à-dire qu’il a pour mission de dresser un portrait psychologique d’un criminel. C’est aussi un psychiatre de renom qui s’est formé aux États-Unis. Il se voit confier un travail par la police de Tokyo : écouter les confidences de Keiji Shinohara,un meurtrier multi récidivistes qui n’accepte de se confier qu’à Katsuya. Tout est donc mis en place pour que les deux puissent se confronter. Une confrontation dont l’ambiance pourra rappeler certains films flirtant sur le genre thriller. Ainsi, Keiji va confier ses penses les plus intimes mais aussi les plus sombres à Katsuya révélant au passage toutes ses pulsions à son égard. Ce moment est capital dans l’histoire car il nous permet déjà d’explorer la complicité tortueuse et dérangeante entre les deux. Si vous avez vu Le Silence des Agneaux, cela peut vous donner une idée de la profondeur de la chose. En tout cas, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec le film tellement c’est saisissant. A côté de cela, on découvre que Katsuya est tourmenté par des rêves sombres où il se voit violer par un homme dont il ignore le visage et qui le séquestre. Pourtant, cet homme lui affirme qu’il l’aime de manière passionnée. Dans la maison abandonnée où séjournent Katsuya, Keiji et un policier se chargeant de le surveiller, Katsuya va lentement sombrer dans ce qu’il va finir par considérer comme un cauchemar éveillé.

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In These Words – Keiji et Katsuya

Tout d’abord, il convient de revenir sur l’ambiance exceptionnelle d’In these Words. Comme je l’ai dit, on a parfois l’impression d’avoir quelque chose qui rappelle le film Le Silence des Agneaux. L’ambiance est doucement oppressante en fait. Tout concourt lentement à cloisonner un peu plus ce huit-clos comme pour nous enfermer, nous aussi, lecteurs. Cette façon de nous immerger dans le récit est fascinante. Quand je lisais, j’avais presque l’impression de ressentir l’effroi de Katsuya. Même ce qui semble être ses rêves ou sa réalité a quelque chose de dérangeant. On ressent ce qu’il ressent. C’est difficile à expliquer, mais c’est comme on cherchait à nous faire entrer dans son esprit. C’est proprement délicieux toutefois. La noirceur du titre est telle qu’on sent le malaise dès les premières pages. Je n’avais tout bonnement jamais rien lu d’aussi noir. Mais malgré cela, on reste captivés, on se sent happés par cet univers. On a l’impression qu’il nous engloutit littéralement. Cela est accentué par des pages qui jouent sur le clair-obscur. On en finit même par se demander où est le rêve, où est la réalité. J’ai adoré cette sensation quelque part. Cela prouve déjà que le titre est hors du commun.

Ensuite, il faut parler de la narration assez atypique du titre. Dans un premier temps, une longue partie narrative nous est offerte. Cette partie propre à un roman s’avère judicieuse pour moi. En plus de trouver une narration limpide, cela nous permet également de découvrir une autre vision de la rencontre entre Katsuya et cet homme non identifié pour le moment. Je pense que cela est un apport essentiel au titre d’ailleurs. J’ai évoqué l’ambiance, mais j’ajouterais que cette prose permet d’en découvrir plus sur l’aspect glauque du titre. Sans compter que petit à petit, se met en place le thriller à partir de cette narration : on perd ses repères en fait. Je me suis demandée quand cela avait eu lieu : avant ? Après ? Quel est le premier lien à prendre en compte. On nous perd pour notre plus grand plaisir comme si on devait comprendre ce qui arrive à Katsuya. On comprend parfaitement (assez facile à déduire) que l’homme questionné et le bourreau de Katsuya ne sont qu’une seule et même personne. Par contre, ce qui déconcerte, c’est qu’on n’arrive pas à savoir si c’est la réalité ou le rêve. Mais je n’ai jamais été aussi ravie d’être perdue, car cela donne un ton bien particulier au titre. On a du mal à savoir comment cet homme contrôle réellement Katsuya : est-ce que c’est un jeu ? Mais un jeu bien tordu alors. Si le personnage de Katsuya sombre dans une espèce de folie à cause de ses rêves (ou de la réalité ?), cela est aussi valable pour les lecteurs. Très sincèrement, j’avais aussi l’impression de devenir paranoïaque à force. On se pose une multitude de questions également sur les circonstances : il est quand même étrange que Katsuya soit plus ou moins seul dans une maison isolée avec pour seul aide, un seul policier. Je me suis tout bonnement dit qu’il y avait peut-être un complot là-dedans. Bien sûr, tout cela n’est que suppositions, mais on sent bien que c’est le but. On cherche à nous déstabiliser d’une façon totalement attrayante.

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In These Words

Et de ce fait, si Katsuya sombre, nous aussi. On suffoque presque tant l’atmosphère est pesante. Les confrontations entre Katsuya et Keiji nous serrent le ventre. On a l’impression qu’il risque de se passer quelque chose à chaque instant. La noirceur du récit s’accompagne toutefois de révélations qui font leur apparition au fur et à mesure comme pour nous faire émerger également. Ce suspense tient en haleine, et encore plus quand on comprend que la réalité de Katsuya sera sans doute aussi terrible que ses rêves.

Et pourtant… Que c’est bien fait ! Car une des forces du titre, c’est sans conteste sa psychologique : fine, précise, maîtrisée, tout concourt à donner une vraie profondeur aux personnages, si bien qu’ils sont tout ce qu’il y a de plus crédibles. On ne peut que se sentir dérangés par l’esprit torturé de Katsuya ou les pulsions malsaines de Keiji. Ce dernier est juste incroyable. Je sais que cela ne devrait pas se dire pour un meurtrier, mais c’est perturbant à dire : il a une classe folle. Son assurance, son charisme, ce qu’il dégage, même dans la violence de ses mots, c’est quelque chose. Il est fascinant pour employer à nouveau ce terme, mais c’est le plus juste pour le décrire. Forcément, il inspire le malaise : on ne sait jamais sur quel pied danser avec lui. Il est imprévisible, charmeur, éloquent également. Il inspire aussi bien la répulsion que la fascination. Quant à Katsuya, il m’a fait de la peine parce qu’il n’arrive pas à comprendre ce qui lui arrive. Mais pourtant, c’est un homme qui dégage une réelle assurance également et qui même dans ses « rêves » cherche à ne pas se laisser dominer et à ne pas donner le pouvoir à son bourreau. J’ai terriblement hâte de savoir comment cela va tourner maintenant que l’on apprend le fin mot à la fin du tome (et encore, je le dis quand même avec un doute ?!)

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In These Words

Néanmoins, il me faut quand même passer par un passage délicat qui est celui des scènes explicites. Et autant le dire : In these words ne fait pas dans la dentelle. Tout n’y est que violence, soumission, domination, et j’en passe. Indéniablement, tout le monde ne pourra pas lire ce titre MAIS je suis la première à être un peu estomaquée en le disant : ces scènes sont utiles. Pourtant, quand on sait le gros problème que je peux parfois avoir avec les scènes trop explicites, autant dire que c’est quelque chose. Ce ne sont donc pas des scènes pour le plaisir de faire se pâmer les « fujoshi », c’est réellement des scènes qui apportent quelque chose à l’intrigue déjà hyper sombre du titre. D’autant qu’il ne faut pas s’y tromper (et cela est rappelé par les auteures à la fin du volume), il y a une romance dans In These Words, pas réellement mise en exergue dans ce volume mais qui trouvera un aboutissement par la suite. Je fais donc confiance aux auteures, même si je me demande comment elles vont s’y prendre. Toutefois, difficile de ne pas souffrir pour Katsuya

« Je détruirai l’objet de mon désir s’il ne m’aime pas en retour. » – T.1

Terminons sur un énième point fort (parce que le titre n’a que des qualités) : le graphisme !  Et là encore, In These Words prouve qu’il ne ressemble pas à tous les autres yaoï (ou mangas). Je ne sais pas vraiment comment dire, mais je l’ai trouvé réaliste. Je ne sais pas si je vais bien me faire comprendre au juste, mais on a clairement l’impression de voir des personnes réelles. Ainsi, les traits sont vraiment saisissants à cet égard : on a quelque chose propre au manga mais avec une petite tendance « américanisée ». Je n’arrive réellement pas à définir. C’est bien détaillé, magnifié, jouant sur les nuances également avec un découpage clair et dynamique. Les mouvements sont nets. Aucun élément n’est laissé de côté. Un pur moment de contemplation…

« Même si je dois y laisser ma raison… Tu ne me briseras pas! » – T.1

Les yaoï d’exception sont rares en France alors quand ils s’en présentent, il faut légitiment les encenser. In Theses Words m’apparaît déjà comme un incontournable à avoir absolument. On comprend aisément pourquoi Taifu a choisi de croire en ce titre : c’est un bijou !

Informations :

Titre VO : 言之罪
Titre traduit : Gen no Tsumi
Genres : thriller, suspense, romance, psychologique, gay-lesbien
Nombre de tomes VF/VO : 2 (en cours)
Auteurs : Narcissus – Neko Kichiku (scénario) | TOGAI Jun (dessins)
Édition VF : Taifu Comics
Prix : 8,99€ (édition normale) | 17,90€ (édition limitée)

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