My Teacher, My Love T.1 : Je vous aime, M’sieur!

My teacher, my love

My teacher, my love T.1 – © by KÔDA Momoko / Shûeisha

Durant l’été 2018, on a pu découvrir un nouveau titre de la mangaka Momoko Kôda, auteure de l’hilarant No Longer Heroine anciennement chez Akata/Delcourt, My teacher my love. Terminé en 13 volumes au Japon, il s’agit du spin-off de la série qui met en scène le grand frère de Kôsuke Hiromitsu : Yoshitaka Hiromitsu.

Résumé :

Ayu Samaru, 16 ans, rêve d’avoir un petit ami comme toutes ses copines. Alors qu’elle mange dans un combini pour oublier son énième rejet, elle se rend compte qu’elle n’a pas assez d’argent pour payer ! Un beau garçon paye alors pour elle. Le lendemain, elle découvre qu’il est son odieux nouveau professeur de mathématiques. Il est aussi décidé à lui rendre sa confiance en elle pour séduire les garçons.

Source : Delcourt|Tonkam

Avis :

« On dirait vraiment que c’est un signe du destin, non? » (Ayu) – Tome 1.

J’ai apprécié No Longer Heroine de manière générale même si sur la fin, il tournait clairement en rond. De ce fait, j’avais envie de me plonger dans ce spin-off découvert avant qu’il ne soit annoncé et pour le moment, j’apprécie. On ne peut pas dire que la mangaka prenne des risques toutefois dans la mesure où elle reprend ce qu’elle sait le mieux manier. Néanmoins, j’ai l’impression d’avoir plus apprécié que No Longer Heroine. Dans ce manga, il m’était arrivé d’être un peu agacée par Hatori ou Rita, mais ici, la relation amuse de par la personnalité de Hiromitsu-sensei qui rappellera sans doute Kôsuke Hiromitsu dans l’autre manga.

My teacher, my love

My teacher, my love T.1 – © by KÔDA Momoko / Shûeisha

Ayu est une jeune fille plutôt sympathique, un peu naïve voire parfois un brin idiote (avouons-le…). Cela rappelle un peu Hatori, mais en dépit de tout, j’ai éprouvé une sympathie plus marquée pour elle. Dans le fond, ce n’est qu’une jeune fille qui accumule les désillusions et qui ne sait pas encore comment comprendre l’amour. L’entrée en scène de Hiromitsu va l’amener à s’interroger davantage sur elle. Pour le moment, il n’y a vraiment rien qui ressemble à une relation amoureuse entre les deux personnages, mais ce que j’apprécie, c’est la perspicacité de Hiromitsu. A l’instar de son jeune frère, il met toujours le doigt là où cela fait mal, mais il invite ainsi la jeune fille à se remettre en question sur sa façon de voir l’amour : Ne serait-elle pas amoureuse de la conception de l’amour ? Elle va en faire l’amère expérience et découvrir qu’elle ne peut pas accepter une déclaration pour le simple plaisir d’en avoir reçu une. On focalise très vite sur cette relation : les choses sont amenées rapidement. Que ce soit l’arrivée de Hiromitsu ou l’intégration dans ce nouvel établissement, ce sont des aspects assez vite passés pour mieux se concentrer sur cette petite quête vers la maturité qui attend Ayu.

« Vous vous laissez vivre sans réfléchir sérieusement à ce que vous devriez faire. Voilà pourquoi vous ratez tout! » (Hiromitsu) – Tome 1.

A côté de cela, en dépit du ton souvent cassant de Hiromitsu, on nous montre qu’il n’est pas qu’un simple beau brun ténébreux qui joue de ses charmes (involontairement d’ailleurs). La mangaka choisit d’aller plus loin en nous montrant que c’est un personnage qui porte un réel intérêt à sa discipline et même s’il est souvent vexant avec Ayu, il se soucie de son parcours scolaire. Il a envie de la voir progresser et montre même un certain plaisir quand il constate qu’elle prend plaisir aussi à s’améliorer. C’est peut-être quelque chose que j’ai apprécié car il y a presque un décalage entre ce que Hiromitsu dégage et ce à quoi il semble aspirer sans doute. Cette conscience professionnelle permet aussi de voir qu’il se situe à un autre niveau que notre héroïne. Une maturité qui sera d’ailleurs très profitable à Ayu.

En outre, j’aime beaucoup la répartie du jeune homme : il a beau être jeune dans le métier, cela ne l’empêche pas de rabrouer ses collègues même plus expérimentés que lui. En somme, j’ai envie de dire qu’on donne déjà assez d’éléments pour apprécier ce personnage qui a parfois le regard aussi tombant que Rita mais qui a la verve de son jeune frère. Cela donne un petit côté intrigant au personnage. Bien sûr,  tout cela est source de tensions et on découvre que même si Hiromitsu est au début adoré des demoiselles ; il va plus ou moins payer cette attitude assez froide qu’il a fréquemment. Mais la mangaka brosse un caractère assez ambivalent de ce personnage capable d’une extrême bienveillance quand cela est nécessaire.

My teacher, my love

My teacher, my love T.1 – © by KÔDA Momoko / Shûeisha

Forcément, on sait très bien que tout cela devrait déboucher sur une relation, mais encore faut-il que celle-ci se fasse… Et pour l’instant, on ne peut pas dire que le titre en prenne la direction dans ce premier volume. Si Ayu commence tout doucement à réaliser ses sentiments en découvrant des facettes de Hiromitsu plus affables, il reste que ce dernier est totalement impénétrable. Il est très difficile de savoir ce qu’il pense, quel regard il porte sur elle ou tout simplement de prévoir ses réactions. Il paraît être très à cheval sur le fait de ne rien envisager avec une lycéenne. C’est un personnage qui conserve un visage souvent fermé. On ne le voit que rarement sourire (bien qu’il en soit capable). Par ailleurs, son caractère caustique renforce le côté énigmatique qu’il dégage. Plus généralement, j’ai envie de dire qu’il y a un aspect un peu plus mature qui se dégage de ce spin-off. L’héroïne n’est pas comme Hatori qui était vraiment « attachiante » : elle essaie de faire bouger les choses, elle se remet en question beaucoup plus rapidement et elle est capable de voir ses erreurs, même si parfois ce n’est pas évident pour elle. Dans No Longer Heroine, il faut quand même attendre avant que Hatori soit un peu plus mûre… J’attends de voir si la direction vers la romance ne sera pas amenée trop maladroitement car le problème de ce type de romances, c’est qu’on peut vite tomber dans les clichés.

« Toujours pas émoussé mais puisque vous insistez, essayez, pour voir? » (Hiromitsu)  Tome 1.

Comme je le disais ci-dessus, la mangaka use de procédés déjà vus dans No Longer Heroine et certaines situations ne sont pas réellement des coïncidences (un peu gros certains points quand même…), mais moi, cela ne me déplaît pas pour autant. L’humour est bien manié et les dessins SD sont toujours hilarants. J’ai toutefois noté qu’elle en jouait beaucoup moins. Les dessins restent tels que ceux que l’on peut voir dans sa précédente série. L’édition proposée par l’éditeur est de bonne facture.

My teacher, my love

My teacher, my love T.1 – © by KÔDA Momoko / Shûeisha

Le petit bonus intitulé « Hirunaka Shikkaku » est un petit moment de lecture vraiment plaisant permettant de revoir les personnages de No Longer Heroine et Daytime Shooting Star, notamment les garçons. Rien de bien transcendant mais juste un épisode marquant les 50 ans du magazine Margaret.

Pour conclure, j’ai trouvé ce premier volume agréable. Le ton est plus sérieux tout en gardant une bonne dose d’humour. L’héroïne me plaît et j’aime la façon dont elle cherche à évoluer. Pour ma part, c’est avec grand plaisir que je lirai la suite.

Informations :

Titre VO : センセイ君主
Titre VF : Sensei Kunshu
Genres : shôjo, romance, comédie, tranche-de-vie, school life
Nombre de tomes VF/VO  : 3/13 (en cours/terminé)
Auteur : KÔDA Momoko
Édition VF : Delcourt|Tonkam
Prix : 6,99€

Extrait en ligne : My teacher, my love T.1

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