5 bonnes raisons de licencier à nouveau Banana Fish!

Banana Fish

Banana Fish T.1 – BANANA FISH © 1987 Akimi YOSHIDA/Shogakukan Inc.

Avec l’adaptation en anime du titre Banana Fish, on a pu voir sur les réseaux sociaux un mécontentement grandissant : aucun éditeur n’a proposé une réédition du titre et pourtant, les qualités ne manquent pas dans ce titre hors du commun (pour ma part, je n’ai jamais réussi à l’avoir en entier car les tomes sont difficiles à trouver). Alors, j’espère que cet article sera l’occasion pour qu’un éditeur se penche sur cet incroyable titre.

Banana Fish

Banana Fish (anime) – © by MAPPA /

1) Une intrigue qui tient en haleine…

Banana Fish est une série avec une intrigue très solide et surtout qui tient en haleine. Les rebondissements sont nombreux et c’est justement ce qui concourt à capter l’attention du lecteur. Ainsi, le début évoque le Vietnam en 1973. Une sale période notamment pour un petit groupe de soldats américains. C’est ainsi que l’on découvre l’un des soldats semblant être devenu totalement aliéné et qui sans hésiter, sans raison va tirer à bout portant sur ses frères d’arme. Arrêté par un de ses compagnons, il parvient tout juste à dire avant de mourir : « Banana Fish ». Avouez que cela a de quoi intriguer… C’est d’autant plus intrigant que près d’une douzaine d’années plus tard, à New-York, une succession de suicides fait grand bruit notamment au sein de la police qui se retrouve dépassée par ce phénomène. En parallèle, nous faisons la connaissance du jeune Ash, dix-sept ans et à la tête d’un petit gang. Il est lui-même sous la coupe d’un mafieux corse : Dino Golzine qu’il exècre.

Banana Fish

Banana Fish (anime) – © by MAPPA /

C’est autour de ces trois pôles que l’intrigue de Banana Fish tourne : menaces, informations distillées au compte-goutte, nombreux mystères… On se laisse vite entraîner par cette ambiance sombre d’autant qu’on comprend très vite qu’Ash aura un rôle à jouer mais pas que… Puisque son frère semble également impliqué.

Qu’est-ce que « Banana Fish » ? Pourquoi l’évocation de ces deux mots suscite l’angoisse ? Et pourquoi tant de morts ?

Akimi Yoshida n’a pas son pareil pour susciter l’intérêt… Et c’est pour cela qu’il faut que ce titre soit à nouveau licencier !

2) Un cadre qui intrigue et une tension permanente…

Autant dire que la composante majeure de Banana Fish, à mon sens, c’est réellement tout le mystère qui entoure le titre. La mangaka ne dit les choses mais qu’avec parcimonie comme si cela faisait partie intégrante de la narration. En outre, ce postulat permet de découvrir certains points avec un œil nouveau. Ce qui m’a le plus plu, c’est le fait qu’on aime être perdu d’une certaine façon : on découvre les gangs new-yorkais et leurs règles, les différentes affaires de la police et l’interrogation autour de deux mots chargés de sens mais qui pour nous, ne résonnent pas encore vraiment. Je crois que l’Amérique a une réelle place pour la mangaka. On sent une forme de fascination pour ce continent. Fascination qui devient aussi contagieuse pour le lecteur…

Banana Fish

Banana Fish (anime) – © by MAPPA /

Sans compter cette impression qu’on oscille constamment dans quelque chose de glauque. En outre, il y a une dualité intéressante dans Banana Fish avec notamment ce rapport à la justice : qui la rend réellement ? Qui peut punir ? Le fait de maintenir ce suspense permet à la série d’être constamment sur le qui-vive : on sait qu’il va y avoir quelque chose mais on ne sait pas vraiment quoi… Il faut avouer que le tour de force d’Akimi Yoshida est de parler de cette substance mais pour autant, je ne peux pas dire qu’elle s’appesantit non plus comme si c’était aussi à nous de nous faire nos propres conclusions. En cela, Banana Fish est une série qui ne manque pas de nous faire réfléchir…

3) Indétermination du genre pour un plus large public ?!

Pour moi, je pense que le fait de licencier à nouveau Banana Fish pourrait être une formidable opportunité d’élargir le genre. De toute façon, j’ai toujours trouvé ce principe de genres un peu bête dans le monde du manga. Quand on voit la variété proposée, on se dit que parfois, cela n’a pas tant lieu d’être. Alors oui, le titre est considéré comme un shôjo. Mais quand on lit le manga, on est bien loin des exemples que l’on connaît en termes de shôjo (histoires romantiques lycéennes, aspect fleur bleue, découverte de nouveaux sentiments…). Eh bien, autant dire que Banana Fish s’en éloigne mais les lois des magazines de prépublication sont ce qu’elles sont… Pour moi, il a plusieurs possibilités : aspect seinen de par la maturité du titre et les thématiques sérieuses et complexes, aspect shônen pour le héros qui reste dans une forme de quête initiatique d’une certaine manière, et bien sûr, on ne peut échapper à l’aspect yaoï. Étiquette fréquemment collée à ce titre en raison de l’amitié entre Ash et Eiji. Mais quelque part, tout cela a peut-être contribué à ne pas aider le titre car cette indétermination a fait qu’en France, il n’a pas tant marché alors qu’il a toutes les ficelles, en définitif, d’un bon roman policier… Comme c’est dommage ! Mais c’est d’autant plus une raison pour donner une nouvelle chance à ce titre d’autant que les critiques sont élogieuses concernant l’adaptation en anime qui a véritablement donné un nouveau souffle au titre (quand je terminerai de regarder, je reviendrai sur l’anime…). J’ai envie de dire que cette amitié est plutôt le pilier du titre dans un sens où Ash et Eiji s’apportent beaucoup mutuellement : l’aspect fraternel, l’aspect amical et oui peut-être un aspect affectif plus qu’amoureux.

4) Une galerie de personnages très riche !

Banana Fish

Banana Fish (anime) – © by MAPPA /

Il ne s’agit pas de parler de tous les personnages car je pense que cela serait plus approprié dans une critique mais plutôt d’évoquer le fait que tous les personnages dans Banana Fish se révèlent importants. Alors bien sûr, pour moi, cela reste Ash en premier tant sa personnalité s’avère complexe et profonde mais les autres personnages ont vraiment du poids. En outre, on perçoit assez facilement les « clans » mais cela ne gêne pas du tout dans la mesure où cela est en accord avec le titre. Je trouve qu’il y a une espèce de pyramide astucieusement orchestrée dans les personnages. Soit ils gagnent en grandeur, soit ils gagnent en grotesque (on peut penser à Dino notamment pour lequel on peut difficilement ressentir de l’empathie). Ici, on a des méchants qui le sont réellement, qui sont tortueux, qui font souffrir psychologiquement, physiquement. Les personnages sont sincères dans leur construction qu’ils soient bons ou mauvais.

5) Une adaptation en anime réussie !

Argument de poids qui devrait convaincre les éditeurs, c’est le fait que l’adaptation anime sortie cette année a contribué à donner plus d’envergure au titre. Autant le dire, cette adaptation déchire et quand on regarde, on se dit : « Mais pourquoi aucun éditeur français ne souhaite rééditer ce titre ? » Mais oui, pourquoi ?! C’est un véritable cri que je lance parce que Banana Fish, c’est une vraie perle et quand on sait toute l’étendue du talent d’Akimi Yoshida (pensez au très bon Kamakura Diary chez Kana), on se dit que c’est une vraie perte. Il est vrai que les éditeurs peuvent être frileux mais être audacieux, cela peut aussi payer. Pendant ce temps, les fans se languissent d’une réédition et cherchent de manière vaine des tomes introuvables…

Banana Fish

Banana Fish T.19 – BANANA FISH © 1987 Akimi YOSHIDA/Shogakukan Inc.

Voici donc la fin de cet article qui vous proposait cinq bonnes raisons de licencier à nouveau Banana Fish. J’espère qu’un éditeur se penchera à nouveau dessus pour comprendre qu’il ne faut pas laisser passer cette chance. Il est bien évident que j’ai dû synthétiser mes propos pour ne pas tout évoquer aussi largement qu’une critique. Avec une communication mieux travaillée, ce titre pourrait largement trouver ce public. N’hésitez pas à liker ou commenter cet article !

Informations :

Titre VO : バナナフィッシュ
Titre traduit : Banana Fish
Genres : shôjo (?), shônen (?), seinen (?) yaoï (?), action drame, mystère, thriller, policier, psychologique, suspense, mature
Nombre de tomes VO|VF  : 19 (Terminé)
Auteur : YOSHIDA Akimi
Édition VO : Kôdansha  | Édition VF : Panini Manga (Stoppée)
Magazine de prépublication : Betsucomi

 

 

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