Let’s be a family : Deux papas pour « leur » enfant!

Let's be a family

Let’s be a family – KAZOKU NI NAROUYO © TOMO KURAHASHI 2017 Originally published in Japan in 2017 by TAKESHOBO Co.LTD., Tokyo.

La mangaka Tomo Kurahashi débarque aux éditions Taifu Comics avec son titre Let’s be a family après s’être illustrée aux éditions Boy’s Love. Ce one-shot paru en 2016 au Japon, aborde un sujet qui continue toujours de faire débat dans notre monde actuel…

Résumé :

En couple depuis huit ans, Kazuma et Chiaki se voient un jour confier le bébé de Tomoe, leur amie d’enfance, incapable d’assumer sa maternité. Dès lors, une nouvelle vie commence pour nos deux nouveaux papas de substitution qui n’ont aucune notion d’éducation. Et ils découvriront vite que s’occuper d’un enfant en bas âge n’est pas chose facile, surtout avec une vie professionnelle bien remplie ! À quel point l’existence d’Ayu transformera-t-elle leur relation et leurs coeurs ? Voici une histoire émouvante, pleine d’amour et qui dépeint toutes sortes de liens.

Source : Taifu Comics

Avis :

Les titres qui traitent de l’homoparentalité chez Taifu ne manquent pas : Ikumen After, Daddy, please fall in love ou encore Amour sincère pour ne citer qu’eux. Aussi, il n’est pas étonnant de retrouver Let’s be a family dans le catalogue de l’éditeur. La seule différence, c’est qu’ici, les deux héros sont en couple et doivent s’occuper d’une petite fille alors que les autres récits étaient davantage tournés sur des familles recomposées.

L’histoire nous entraîne dans le quotidien de Chiaki et Kazuma. Ils sont en couple depuis huit ans même s’ils ne vivent toujours pas ensemble. Leur noyau amical est aussi lié à Tomoe, leur amie d’enfance. Reporter, cette dernière se retrouve souvent à l’étranger revenant de temps en temps au Japon. Toutefois, ils ont gardé un lien très fort et elle ne manque pas de les prévenir très rapidement de son retour tout en omettant un détail que les deux jeunes hommes vont découvrir : elle est enceinte ! Et comme pour rester fidèle à son côté étourdi, elle n’a aucune idée de qui est le père. Si la jeune femme reste quelque temps au Japon pour le bien de sa fille Ayumi, le devoir l’appelle et elle pense tout de suite à confier son bébé à ses deux amis. C’est donc quelque peu bouleversé que les deux hommes découvrent une toute nouvelle vie.

Let's be a family

Let’s be a family – KAZOKU NI NAROUYO © TOMO KURAHASHI 2017 Originally published in Japan in 2017 by TAKESHOBO Co.LTD., Tokyo.

Certes, la mangaka ne choisit pas réellement de traiter les problèmes ou questions que l’homoparentalité pourrait aborder. Et d’ailleurs, chose plutôt surprenante, c’est que le regard des autres n’est pas réellement évoqué : on voit que les parents de Chiaki ou Kazuma n’ont pas de problèmes avec la relation qu’entretiennent les deux par exemple. Tout juste a-t-on à un moment des enfants qui tiennent des propos durs à Ayumi. Mais là encore, ce sont des réactions d’enfants avec des mots d’enfants qui peuvent sembler durs tout en sachant qu’il n’y a pas forcément de méchanceté en eux. En somme, la mangaka choisit de voir les choses plutôt positivement que sous un jour négatif, ce qui change quelque peu. Généralement, on peut voir que ce n’est pas assumé, que le regard des autres est parfois méprisant et donc tout simplement que cela reste tabou. Ici, Ayu a une réaction surprenante et positive. Les personnes de l’école acceptent sans problème Chiaki et Kazuma. Le fait que les deux élèvent Ayu n’est pas foncièrement remis en cause sauf par l’une des mères un moment mais elle finit par l’accepter assez facilement.

De toute façon, je suis sûre qu’elle sera plus heureuse si c’est vous qui l’élevez! » (Tomoe)

En somme, Let’s be a family s’inscrit dans une pensée réellement positive où tout le monde semble parfaitement accepter l’homosexualité comme l’homoparentalité. C’est surprenant mais plutôt agréable à voir. Le ton est plus léger de manière générale et peut-être que d’une certaine manière, cela contribue à ne pas rendre grave quelque chose qui ne l’est pas dans le fond mais qui finit par l’être en raison de nos mœurs. Bien sûr, il y a malgré tout un postulat un peu naïf de la part de la mangaka : on n’est pas dans un monde où tout le monde est tolérant. Notre réalité est bien plus cruelle et on sait qu’il y a encore beaucoup d’efforts à consentir. Néanmoins, cette vision est plus sympathique à voir qu’une vision négative.

Let's be a family

Let’s be a family – KAZOKU NI NAROUYO © TOMO KURAHASHI 2017 Originally published in Japan in 2017 by TAKESHOBO Co.LTD., Tokyo.

Let’s be a family concentre davantage l’intrigue sur ce qu’est une famille. Bien sûr, Chiaki et Kazuma n’ont aucun lien de sang avec la petite Ayumi mais qu’importe. On découvre essentiellement leur quotidien de parents tout ce qu’il y a de plus normaux. Les deux personnages évoluent au contact d’une fillette qui possède un fort caractère (comme sa maman) mais qui se révèle véritablement attachante. On voit les divers efforts que font Chiaki et Kazuma pour s’adapter et donner un véritable équilibre à Ayumi : les deux avaient déjà envisagé la possibilité de s’installer ensemble sans jamais franchir le pas. C’est désormais chose faite. Ils apprennent à faire des bentô, concilient leurs emplois du temps avec celui d’Ayumi, parlent même mariage. Des changements qui ne seraient jamais intervenus sans l’arrivée de la petite mais surtout qui les rendent plus matures.

« Elle sait instinctivement sur qui elle peut compter. » (Mère de Kazuma)

L’ensemble est ponctué par quelques scènes explicites entre les deux mais celles-ci ne prennent jamais le pas sur le sujet principal.

Quant à Tomoe, elle reste toujours présente mais là encore, elle n’est pas prépondérante. On apprend toutefois pourquoi elle a une relation si forte avec Chiaki et Kazuma. On comprend aussi tout l’intérêt du titre Let’s be a family quand on découvre les pans de son passé : comment elle s’est construite auprès de ces deux garçons, le rapport qu’elle entretient avec le mot « famille », ses failles aussi (le fait de cacher l’identité du père d’Ayu par exemple). Bref, ce petit background  est relativement intéressant.

« Même si on n’a pas le même sang, on est une vraie famille. » (Chiaki)

Néanmoins, j’ai trouvé que les personnages secondaires manquaient quand même d’impact. Ils auraient pu avoir un rôle plus abouti mais j’ai eu plus la sensation qu’on en faisait simplement mention.

Le dessin de Tomo Kurahashi est agréable : le trait est fin, le découpage est clair, les chara-designs changent un peu de ce que l’on a l’habitude de voir. L’édition de Taifu Comics est toujours aussi bien travaillée : papier épais, bonne impression et une traduction assez soignée.

Au final, Let’s be a family est une lecture avec un point de vue intéressant même si l’ensemble manque parfois d’aboutissement. On aurait aimé en lire plus pour découvrir davantage l’ensemble des personnages. Néanmoins, on appréciera la spontanéité qui se dégage tout au long de la lecture et qui invite de manière implicite à la tolérance.

Avis réalisé grâce au service presse des éditions Taifu Comics que l’on remercie!

Informations :

Titre VO : 家族になろうよ
Titre traduit : Kazoku ni Narouyo
Genres : yaoï, gay-lesbien, homoparentalité, tranche-de-vie, comédie, famille, adoption
Nombre de tomes VF/VO : 1/1 (Terminé)
Auteur : KURAHASHI Tomo
Édition VF : Taifu Comics
Prix : 8,55€

Extrait en ligne : Let’s be a family

 

 

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