Game – Entre nos corps T.1 : jeu(x) de domination et de plaisirs…

Game - Entre nos corps

Game – Entre nos corps T.1 – GAME~Suits no Sukima~ © Mai Nishikata 2016 / HAKUSENSHA, Inc.

Toujours désireux d’élargir leurs horizons, les éditions Akata ont proposé en mars un titre d’une nouvelle mangaka : Game – Entre nos corps de Mai Nishikata. Cette dernière s’était plutôt illustrée dans le genre du shôjo au Japon. Or, c’est avec un titre plutôt mature qu’on la découvre en France.

Résumé :

Sayo Fujî, 27 ans, est cadre dans un cabinet comptable. Aussi brillante qu’efficace, elle subit le regard désapprobateur de la plupart des hommes qui l’entourent, qui la jalousent ou acceptent mal qu’une femme se consacre autant à sa carrière professionnelle. Sous ses dehors implacables, Fujî en souffre, comme elle souffre de la solitude qui régit son existence dans l’intimité. Mais l’arrivée d’un nouvel employé au sein de l’entreprise où elle travaille pourrait bien changer la donne. En effet, Ryôichi Kiriyama est à peine engagé qu’il propose à la jeune femme de coucher avec lui. D’abord choquée, Fujî finit par accepter de dépasser les limites d’une simple relation professionnelle, sans pour autant éprouver de sentiments à son égard. Commence alors un étrange jeu entre les deux collègues, entre domination et plaisirs…

Source : Akata

Avis :

« Je savais pas que je baisais avec un mec. » (ex de Sayo) – Tome 1

Même si c’est le premier titre de la mangaka en France, j’avais pu la découvrir grâce au titre Cyboy (non licencié en France). J’étais davantage curieuse de voir en quoi le titre pouvait être si sulfureux comme le disait l’éditeur. Mais ici, on est dans le genre du josei puisque le titre est publié dans le magazine Love Jossie des éditions Hakusensha. Toujours en cours avec quatre volumes, le titre nous entraîne dans les relations de Sayo où domination et tension seront au rendez-vous. Toutefois, tout cela ne semble pas sans conséquences.

Game - Entre nos corps

Game – Entre nos corps – GAME~Suits no Sukima~ © Mai Nishikata 2016 / HAKUSENSHA, Inc.

Sayo Fûji est une jeune femme de 27 ans entièrement dévouée à son travail. Une dévotion si importante que cela nuit à ses relations amoureuses. Et fréquemment, ses copains finissent par la laisser plus par lassitude qu’autre chose. Mais pour la jeune femme, on a l’impression que cela est presque rentré dans son train-train quotidien : les déceptions ne semblent plus l’atteindre alors qu’elle paraît pourtant attachée à ses compagnons. Néanmoins, le travail prime toujours avant le reste. Cela lui vaut également pas mal de moqueries de la part de ses collègues (masculins majoritairement). Mais voilà qu’un nouvel arrivant arrive dans son entreprise : Ryôichi Kiriyama. Plutôt avenant, le jeune homme est considéré comme brillant. Affichant constamment un petit sourire fier, il paraît très vite attiré par Sayo. Sauf qu’il va se heurter à de nombreux échecs lors de ses tentatives d’approches. Aussi, va-t-il proposer à cette dernière un « jeu » où rien ne serait amoureux mais purement sexuel. Le but : mettre l’autre sous son joug d’une certaine façon. Si Sayo est réticente au départ considérant cela comme étant stupide, elle se laisse convaincre car pour elle, il ne fait aucun doute qu’elle n’éprouvera jamais des sentiments amoureux pour cet homme…

« Une relation plus libre a des avantages, croyez-moi. » (Kriyama) – Tome 1

Game – Entre nos corps se veut être à la fois un titre sulfureux mais traitant avec beaucoup de sérieux le rapport entre deux collègues qui, dans le fond, n’ont jamais découvert l’amour. Et c’est donc à travers un « jeu » de relation sexuelle qu’ils vont (sans doute dans un premier temps) explorer davantage la domination : chacun cherchant à avoir le dessus sur l’autre. Mais ce rapport laisse filtrer d’autres questionnements. Par exemple, on peut très rapidement se demander pourquoi ni l’un ni l’autre ne veut céder. De ce fait, on peut avoir l’impression que le synopsis est assez basique au départ mais finalement, plus on progresse, plus on trouve des éléments qui donnent davantage de matière au titre.

Game - Entre nos corps

Game – Entre nos corps – GAME~Suits no Sukima~ © Mai Nishikata 2016 / HAKUSENSHA, Inc.

Les choses avancent à un rythme plutôt soutenu. On ne perd pas vraiment de temps pour présenter le « jeu » torride entre Kiriyama et Sayo. Mais en ce qui concerne l’avancée plus personnelle, la mangaka choisit là de prendre davantage son temps. Ainsi, on a l’impression d’avoir deux temps dans le titre : si les relations charnelles entre les deux personnages sont plutôt intenses, il n’en reste pas moins que la relation plus personnelle des deux personnages reste au point mort car Sayo n’a aucune intention de se livrer à Kiriyama.

« Cet homme aurait des sentiments pour moi? J’ai du mal à y croire! Et l’inverse me semble tout aussi improbable même dans l’avenir. » (Sayo) – Tome 1

Et c’est sans doute le point le plus intéressant car on aurait pu penser que la relation sexuelle déboucherait sur une relation amoureuse mais il n’en est pas du tout question pour le moment. La mangaka préfère axer davantage sur son héroïne qui se voue à son travail, sans pour autant en éprouver une immense satisfaction et qui révèle bien malgré elle une personnalité plus complexe. Et on finit par découvrir une jeune femme assez mélancolique en réalité et qui ne sait pas ce qu’est réellement l’amour. Quelque part, on peut penser que la mangaka utilise aussi son héroïne pour critiquer quelques aspects de la société japonaise. Il faut dire que Sayo ne rentre pas véritablement dans le moule : elle est célibataire, elle ne vit pas l’amour comme cela devrait être vécu sans doute, elle est constamment jugée par les gens qui l’environnent et elle est trop impliquée dans sa vie professionnelle ce qui la dessert dans ses relations sociales. Cet aspect m’a un peu rappelé le titre Mariage, mode d’emploi où il y avait une petite pointe cynique à l’égard de cette société qui veut forcément imposer des codes et j’ai apprécié de voir cette héroïne qui n’est pas à l’image de ce que l’on peut connaître habituellement.

Game - Entre nos corps

Game – Entre nos corps – GAME~Suits no Sukima~ © Mai Nishikata 2016 / HAKUSENSHA, Inc.

Mais Sayo et Kiriyama ne sont pas simplement à disposition pour avoir des relations. On découvre que la liaison entre les deux est également plus complexe qu’il n’y paraît. Le jeu de domination s’avère plutôt intéressant parce qu’il est savamment orchestré par la mangaka. Il faut dire que les deux protagonistes s’avèrent assez impénétrables d’une certaine manière. On ne sait jamais ce que pense Kiriyama par exemple. On ne sait pas pourquoi il a instauré cela d’autant qu’il regorge d’idées à soumettre à Sayo qui, elle de son côté, ne refuse pas ces nouvelles pratiques. Cela le rend d’autant plus énigmatique et j’avoue que j’aimerais vraiment décrypter ses pensées. Mais Sayo n’est pas en reste. Si on en sait un peu plus sur elle car l’intrigue donne quelques points et on a essentiellement son point de vue, je reste quand même sur l’impression qu’elle est constamment sur la réserve. Comme si un frein l’empêchait d’être pleinement qui elle est. Aussi, la relation des deux, bien que passionnée, ne tombe jamais dans l’excès comme si le respect présidait avant tout entre eux. Cela permet de créer une certaine osmose entre eux. Osmose qui se voit à travers cette espèce de tension sexuelle paradoxalement mais aussi dans leur volonté d’avoir le dessus sur l’autre. Aussi, comme l’avait expliqué l’éditeur, Game – Entre nos corps ne fait aucunement dans la pudeur : il y a beaucoup de scènes explicites. Mais on n’est pas dans quelque chose propre à du fan-service par exemple. On ne montre pas juste pour montrer. La mangaka reste relativement soft dans la mise en scène des ébats sans pour autant négliger la bonne compréhension de ceux-ci. C’est donc avec beaucoup d’intelligence que la mangaka permet à Sayo notamment de s’interroger sur ses envies en décryptant ses réactions et gestes.

En ce qui concerne le dessin, je ne l’ai pas trouvé vraiment novateur. Les personnages collent à leur statut avec une Sayo à l’apparence « beauté froide » et un Kiriyama « séducteur ». Les traits sont toutefois fins même si j’aurais aimé voir plus d’expressivité. L’édition d’Akata est de très bonne facture comme à l’accoutumée. J’aime bien le toucher de la couverture. La traduction se veut satisfaisante.

En conclusion, Game – Entre nos corps n’est pas qu’un simple titre où les relations torrides sont sur le devant de la scène. Il y a une vraie profondeur qui passe par des questionnements légitimes. Ce premier tome est plutôt intéressant même si j’avoue en attendre un peu plus pour la suite.

Informations :

Titre VO : GAME~スーツの隙間~
Titre VF : Game – Suit no Sukima
Genres : josei, romance, tranche-de-vie, érotique
Nombre de tomesVF/VO : 2/4 (En cours)
Auteur : NISHIKATA Mai
Édition VF : Akata
Prix : 6,99€

Extrait en ligne : Game – Entre nos corps T.1

 

4 réflexions sur “Game – Entre nos corps T.1 : jeu(x) de domination et de plaisirs…

  1. lire en bulles dit :

    J’en attend beaucoup plus, mais avoir feuilleté le tome 2 la mangaka continue sur le même schéma. C’est à dire toujours autant de moments sexuels. D’accord ça fait parti du titre mais je pense qu’on peut retranscrire la psychologie des personnages sans toujours passer par le sexe. C’est répétitif, je trouve. Apres jai pas du tout accroché au personnage du gars, mais je pense que c’est fait pour ça. Je ne sais pas quand je lirais le 2, par contre.

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    • heyden17 dit :

      C’est ce que j’ai indiqué dans ma conclusion : moi aussi, j’en attends plus. Il y a des points intéressants mais je pense que la mangaka reste encore trop en surface. La série est toujours en cours alors je me dis que cela peut faire espérer une progression plus cohérente (avec moins de sexe et une analyse plus fine). Je n’apprécie pas tant Kiriyama non plus. C’est un type que l’on voit souvent dans les mangas et comme toi, je pense que c’est fait exprès mais de ce fait, il y a une distance présente tout de suite avec lui.

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      • lire en bulles dit :

        Oui avec un tel personnage on a du mal à rentrer dans le manga et se sentir concerné. Il est de base le bœuf relou étant toujours dans le rentre dedans insupportable et irrespectueux.
        De ce que j’ai entendu elle finit pas ressentir des trucs, alors qu’on ne sait toujours pas ce qu’il pense. C’est pas simple de comprendre ce qu’il veut au fond et pourquoi cette femme et pas une autre dans le sens où la mangaka n’écrit que si POV de la jeune femme. Et ouais le reste est toujours effleurer en surface (travail, statut de la femme,etc) et se concentre uniquement sur leur petit jeu qui semble aller vers une relation amoureuse où c’est lui qui lui fait de l’effet à elle… on le ressent un peu dans le T1. En tout cas j’ai pas spécialement envie de lire la suite Apres pourquoi pas si je l’ai entre les mains mais l’histoire ne me touche pas. C’est froid et trop manipulateur dans le sens où ça joue sur le harcèlement sexuel au départ pour finalement entrée dans un jeu de domination un peu perverse. J’aurais du mal à apprécier si ils deviennent un couple plus tard. (Et Jai été victime de harcèlement sexuel à deux reprise dans mon ancien boulot alors voila)

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  2. heyden17 dit :

    Personnellement, je ne serais pas surprise par cette suite logique qui veut qu’elle développe des sentiments. C’est quand même assez fréquent… Ce qui m’a surprise malgré tout, c’est qu’au départ, elle ne souhaite pas être un jouet sexuel et elle le dit clairement. Mais Kiriyama a déjà l’ascendant sur elle puisqu’elle se laisse convaincre. Quelque part, dès ce point, je me dis qu’elle développe quelque chose. Puis, on le voit dans les rapports, elle essaie de prendre le dessus mais n’y parvient pas concrètement. C’est vrai que c’est froid mais c’est aussi lié aux personnages : impénétrables de manière générale. Encore, on a les pensées de Sayo mais Kiriyama, rien. J’aurais bien aimé qu’on axe un peu plus sur ce rapport obsessionnel qu’elle a pour son travail et qui quelque part, la conduit peut-être à accepter ce « jeu » qui est plus une relation dominant/dominé pour le moment.

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