La Courtisane d’Edo T.1 : Succomber ou ne pas succomber?

La courtisane d'Edo

La courtisane d’Edo T.1 – SEIRO OPERA © 2015 Kanoko SAKURAKOUJI / SHOGAKUKAN

C’est en mars que les éditions Pika ont annoncé la sous-collection « Shôjo Addict » afin de renouveler le catalogue shôjo mais aussi avec objectif de « donner plus de visibilité au shôjo et donner la parole aux lecteurs qui en sont les meilleurs ambassadeurs. » Et c’est donc La courtisane d’Edo qui inaugure la sous-collection « Red Light ». Une œuvre signée par une mangaka que l’on connaît bien en France puisqu’il s’agit de Kanoko Sakurakouji, auteure de Black Bird et Last Notes.

Résumé :

Dans le quartier des plaisirs de Yoshiwara, à l’époque d’Edo, Akane est une jeune orpheline issue de la noblesse militaire. Suite au mystérieux assassinat de ses parents, elle décide de se jeter dans la gueule du loup en se présentant dans une maison close de grand luxe : l’Akebonorô. Sa rencontre avec Sôsuke, jeune prêteur sur gage et grand séducteur à l’intelligence acérée, va littéralement bousculer son destin.

Dans cet environnement où la luxure est reine, cette apprentie courtisane s’apprête-t-elle à goûter au paradis ou à l’enfer ?

Source : Pika

Avis :

« Le printemps fleurit dans le quartier des plaisirs de Yoshiwara… » – Tome 1.

J’ai passé un assez bon moment de lecture en lisant ce titre même si j’attends de voir comment il va s’approfondir. Ici, nous faisons connaissance avec la jeune Akane. A 15 ans, elle est issue de la noblesse militaire. Pourtant, elle vient d’être vendue à une maison close luxueuse. A travers les quartiers des plaisirs de Yoshiwara, Akane va faire l’expérience de la luxure mais son quotidien va être chamboulé par l’arrogant Sôsuke.

La mangaka a le mérite de ne pas perdre de temps dès les premières pages et on s’immerge plutôt bien dans cette atmosphère qui se veut propre à la luxure. On se laisse assez facilement charmer par ce qui est proposé et le milieu des courtisanes s’avère plutôt intéressant bien que pour l’instant, on n’en dévoile pas tout. Le travail sur les kimonos des jeunes femmes est d’ailleurs bien réalisé (aspect fleuri ou riche de détails).

« Même un os, s’il est bien poli, peut devenir de l’ivoire… » (Akane) – Tome 1.

Bien sûr, on se doute que le titre va essentiellement tourner autour de l’évolution d’Akane. Tout d’abord, on peut se demander comment une orpheline issue tout de même d’une lignée noble a pu en arriver là. Un point qui mérite d’être éclairci. Il est un peu dommage que la mangaka use du cliché de l’orpheline mais Akane est un personnage qui s’avère intéressant et j’étais plutôt soulagée qu’elle ne soit pas une pâle copie de Misao avec ce côté trop fréquemment larmoyant. On découvre davantage une jeune fille qui s’affirme et le fait qu’elle soit une apprentie courtisane ne manque pas de la rendre plus intéressante et j’espère qu’elle ne tombera pas dans les clichés.

La Courtisane d'Edo

La Courtisane d’Edo T.1 – SEIRO OPERA © 2015 Kanoko SAKURAKOUJI / SHOGAKUKAN

Le cadre interpelle. Le monde des courtisanes apparaît comme un milieu clos où il faut faire son bonhomme de chemin. Et on a envie de savoir comment Akane va se transformer en sachant qu’elle a souhaité être courtisane. Un souhait notamment marqué par le fait qu’elle ait même repoussé son fiancé. Mais en même temps, j’avoue ne pas avoir saisi pourquoi elle était poussée à cela. Hormis le fait d’être orpheline, on peut légitiment se demander pourquoi elle n’a pas choisi une autre voie. On a bien quelques éléments du passé qui ressurgissent laissant penser que les motivations du personnage trouveront leurs sources là. Mais c’est encore un peu léger et la mangaka semble privilégier les informations au compte-gouttes. Néanmoins, savoir pourquoi Akane n’arrive pas à sourire ou son passé familial sont quelques points intrigants.

Il reste que pour l’instant, même si le milieu de la courtisane est bien évoqué. On y voit notamment les rivalités qui peuvent être présentes dans le milieu mais je ne peux pas dire que la mangaka prenne de vrais risques. Cela manque parfois de profondeur et la mangaka n’évite pas quelques facilités dont le potentiel triangle amoureux avec Sôsuke et Riitchi. Par ailleurs, c’est dommage qu’elle n’ait pas totalement gardé l’esprit propre à l’époque puisque les hommes ont une apparence plus contemporaine qu’ancienne. Je pense notamment aux cheveux de Sôsuke dont il est souvent fait mention. Je me suis d’ailleurs demandé si c’était volontaire ou si c’était une erreur quelque peu anachronique de sa part.

« Eh bien… Elle m’en donne, du fil à retordre! » (Asakeno Oïran) – Tome 1.

Pour revenir à l’intrigue amoureuse, je dois bien dire que j’ai été un peu déçue car je ne me sens pas surprise. J’ai déjà l’impression de voir l’orientation avec le mystérieux fils d’une riche famille : Sôsuke et Riitchi qui est un ancien serviteur de la famille d’Akane. Par ailleurs, même si l’héroïne se prétend agacée ou indifférente à Sôsuke, on voit très facilement qu’il n’en est rien. Toutes ses actions ou paroles amènent des réflexions chez elle. Akane veut simplement se donner une contenance mais elle est très vite déstabilisée par le jeune homme. Pour autant, j’apprécie les joutes verbales entre les deux car Akane essaie (je dis bien « essaie ») de ne pas se laisser faire. Cependant, avec son flegme et son charme arrogant, difficile de ne pas penser qu’elle pourrait se laisser tenter. Il reste que j’ai quand même une interrogation sur le jeune homme puisqu’on ne sait pas pourquoi il a un tel intérêt à vouloir acheter Akane. Des choses à cacher ? C’est une possibilité.

La Courtisane d'Edo

La Courtisane d’Edo – SEIRO OPERA © 2015 Kanoko SAKURAKOUJI / SHOGAKUKAN

On appréciera les bonus qui permettent de mieux s’immerger dans l’univers des courtisanes avec des indications instructives pour des néophytes notamment. La distinction entre Oïrans et Geishas est plutôt judicieuse par exemple.

« En fait, ce n’est pas l’Akane de l’Akebonorô qui vous plaît, mais l’Akane de cette famille noble avec qui vous faisiez autrefois commerce… » (Riitchi) – Tome 1.

Le graphisme est plutôt agréable globalement. Vous n’aurez pas de surprises si vous avez lu les précédents travaux de la mangaka. On notera une application sur les décors et costumes. Les traits des personnages sont relativement typiques de l’univers shôjo même si j’ai toujours trouvé que les yeux des héroïnes de Kanoko Sakurakouji étaient un peu grands.

En conclusion, la sous-collection « Red Light » de Pika s’offre un début intéressant avec ce titre même si j’attends clairement qu’il soit plus étoffé. Néanmoins, quelques questions poussent à vouloir en découvrir plus et on peut espérer que la suite réponde davantage aux attentes.

Avis réalisé grâce au service presse des éditions Pika que l’on remercie.

Informations :

Titre VO : 青楼オペラ 
Titre VF : Seirô Opera
Genres : shôjo, romance, comédie, historique, drame, intrigues, suspense
Nombre de tomes VF/VO  : 1/8 (en cours)
Auteur : SAKURAKOUJI Kanoko
Édition VF : Pika
Prix : 6,95€

Extrait en ligne : La Courtisane d’Edo T.1

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