Je pense à toi : Mélancolie de la jeunesse…

Je pense à toi

Je pense à toi – SOREKARA, KIMI WO KANGAERU © KOMATSU 2015 Originally published in Japan in 2015 by FRANCE SHOIN Inc., Tokyo.

C’est au début de l’année que l’on a pu découvrir une nouvelle mangaka dans le catalogue des éditions Taifu : Komatsu. Elle arrive avec le titre Je pense à toi, un recueil contenant quatre histoires. Et c’est avec beaucoup de brio qu’elle nous plonge dans son univers !

Résumé :

Takashi et Yasu habitent depuis l’enfance dans une petite ville ennuyeuse à la campagne et encore aujourd’hui, alors qu’ils sont au lycée, ils sont les meilleurs amis du monde. Mais ce que Yasu ressent pour Takashi est plus que de l’amitié. Avant qu’il n’ait pu lui avouer, la saison des examens arrive et Takashi lui confie qu’il va se présenter à l’examen d’entrée de l’université de Tokyo. Voici le premier recueil de Komatsu, qui dépeint avec un raffinement subtil les sentiments amoureux de l’adolescence. Une oeuvre qui a permis à cette talentueuse artiste d’être l’une des révélations des CHIL CHIL BL AWARDS 2016 en étant cité dans le TOP 3 des meilleures nouvelles auteures !

Source : Taifu Comics

Avis :

Komatsu arrive en France auréolée d’un certain succès au Japon. En effet, Je pense à toi (Sorekara kimi wo Kangaeru en VO) a été nommé à de nombreuses reprises dans des classements japonais : Kono BK ga Yabai, Osumume BL Comics et elle a même été citée dans les meilleures nouvelles auteures du Chil Chil BL Awards 2016. Autant dire que ce le titre donne envie de se plonger dedans. En outre, il a été prépublié dans le magazine Canna. Un très bon magazine en termes de yaoï pour moi. Le titre se décompose en quatre histoires courtes toutes plaisantes à lire.

Je pense à toi

Je pense à toi – SOREKARA, KIMI WO KANGAERU © KOMATSU 2015 Originally published in Japan in 2015 by FRANCE SHOIN Inc., Tokyo.

« Je pense à toi » qui donne son nom au recueil nous invite à découvrir deux adolescents dans une petite ville de campagne assez morte. Les jours passent sans qu’il y ait de surprises. Takashi et Yasu sont meilleurs amis et tous deux aiment à tuer le temps. Mais pour Yasu, cette amitié a pris une autre tournure et il éprouve des sentiments inavouables pour Takashi. L’approche de la fin du lycée va être difficile pour lui puisque Takashi souhaite poursuivre ses études à Tokyo alors que Yasu n’a d’autres perspectives que de reprendre le magasin familial.

Dans « Le dernier ordre », on découvre une histoire de séparation quelque peu étrange avec deux hommes qui semblaient entretenir une relation de dominant-dominé. Bien qu’il n’y ait jamais réellement eu quelque chose entre eux, Sano garde un souvenir impérissable de Suo.

« Young Oh ! Oh ! » nous raconte l’histoire de Sako, otaku traumatisé par les vraies filles si bien qu’il préfère les filles virtuelles. Sauf que les filles se sentent attirées vers lui tant il est mystérieux, à son grand désarroi. A la suite d’un malentendu, il se retrouve à sortir avec le voyou du lycée : Arai. Si au départ, cela l’arrange puisqu’il n’est plus sollicité par les filles, il finit par être gêné par ce voyou qui possède dans le fond un grand cœur…

La dernière histoire s’intitule « C’est avant l’aube qu’il fait le plus sombre ». C’est aussi l’histoire la plus longue. On y découvre deux amis d’enfance : Daisuke et Kaname. Les deux sont en proie à leurs tourments. Il faut dire que pour Kaname, il ne sait comment composer avec une mère constamment renfrognée, une sœur qui tourne mal et un père infidèle. Une situation que le garçon vit mal mais qui fait aussi souffrir son ami Daisuke. Ce dernier essaie de l’aider mais se sent totalement impuissant. Pourtant, quelque chose pourrait bien sortir de ce chaos.

A travers ces quatre histoires, Komatsu parvient à livrer des récits intimistes et plutôt bien développés. En outre, il y a une certaine profondeur dans toutes les histoires et finalement, on se rend compte qu’elles n’ont pas besoin de s’étirer pour se suffire à elles-mêmes. La mangaka arrive à bien doser l’ensemble même si la deuxième histoire aurait sans doute mérité un peu plus d’approfondissement parce que sur la fin, on est presque en attente et on reste un peu sur notre faim. J’ai supposé qu’il fallait aussi y voir le fait d’avancer d’une certaine façon. Ce que j’ai globalement apprécié dans ce one-shot, c’est l’ambiance. Je trouve qu’il y a une part mélancolique qui nous touche. En outre, on a souvent envie de pousser les personnages à exorciser leurs démons mais ils paraissent empêtrés fréquemment dans quelque chose qui les dépasse. Je pense que Komatsu essaie aussi de montrer une jeunesse en perdition. Certes, à travers l’image de garçons qui se cherchent mais on peut facilement transposer son propos aux adolescents de manière générale.

Je pense à toi

Je pense à toi – SOREKARA, KIMI WO KANGAERU © KOMATSU 2015 Originally published in Japan in 2015 by FRANCE SHOIN Inc., Tokyo.

De ce fait, on retrouve une dimension assez contemporaine avec des thèmes très réalistes et qui permettent une certaine identification. « Je pense à toi » aborde l’après lycée, le moment où on devient un adulte mais où on ne l’est pas encore totalement. Le fait de quitter le lycée et de construire sa future vie d’adulte est une étape importante mais aussi effrayante. Dans « Young Oh ! Oh ! », j’ai envie de dire qu’il est plutôt question d’acceptation : acceptation de l’autre, de ses envies, passions, de ce que l’on est afin d’oublier le regard des autres. Et dans « C’est avant l’aube qu’il fait le plus sombre », le rapport à la famille est important : pilier qui finalement s’érode et déstabilise Kaname. Malgré tout, « Le dernier ordre » paraît quand même mettre en évidence le passé restant présent. Dans tous les cas, Komatsu a un ton assez juste pour évoquer les histoires et elle sait donner un caractère aux ambiances. Comme dit plus haut, on retrouve beaucoup ce côté nostalgique de manière générale : nostalgie d’un passé, d’une famille unie ou d’une amitié qui va prendre ses distances. Il n’y a quelque la troisième histoire qui se démarque un peu car elle touche parfois au comique tout en abordant une forme d’homophobie d’une certaine façon.

Au final, la narration se veut assez limpide et on ressent parfaitement les émotions et et plus loin, l’envie d’évoluer de chaque personnage. L’ensemble est aussi magnifié par des dessins très soignés et un découpage très pertinent. Komatsu joue pas mal sur des effets de lumière intéressants. Les traits de ses personnages sont agréables à regarder. L’édition de Taifu est de bonne qualité comme souvent. Je dois dire que je trouve la couverture très jolie et elle s’accorde vraiment bien avec les histoires du recueil. La première page couleur est aussi très réussie.

En conclusion, Je pense à toi offre des histoires courtes mais totalement maîtrisées globalement. On appréciera la justesse de la mangaka et l’atmosphère qu’elle véhicule à chacun des récits. Un titre à lire !!

Avis réalisé grâce au service presse des éditions Taifu Comics que l’on remercie.

Informations :

Titre VO : それから、君を考える
Titre traduit : Sorekara, Kimi o Kangaeru
Genres : yaoï, gay-lesbien, romance, tranche-de-vie, adolescence
Nombre de tomes VF/VO : 1/1 (Terminé)
Auteur : KOMATSU
Édition VF : Taifu Comics
Prix : 8,99€

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