Good Morning, Little Briar-Rose T.1 : Envoûtement de la mélancolie…

Good Morning, Little Briar-Rose

Good Morning, Little Briar-Rose T.1 – © Megumi Morino / Kodansha Ltd.

Good Morning, Little Briar-Rose est le nouveau shôjo des éditions Akata ayant intégré la collection principale de l’éditeur. S’il appartient au genre shôjo, c’est un titre qui pourrait largement séduire un large public. Pour ma part, j’ai trouvé ce premier volume vraiment engageant.

Résumé :

Parce qu’il souhaite prouver à son père qu’il pourra arrêter ses études à la sortie du lycée, le jeune Tetsu a commencé à travailler comme employé de maison pour la prestigieuse famille Karasawa. à la demeure surnommée « la maison au sommet de la colline », le lycéen se doit de respecter une seule règle : ne pas surtout pas s’approcher de la petite annexe du jardin, dans laquelle réside cloîtrée la jeune fille malade de la famille Karasawa. Pourtant, un jour, son regard croisera celui de la mystérieuse Shizu. Aussitôt attiré par son sourire empli de tristesse, Tetsu se permet alors de braver l’interdit… Il ne s’imagine pas encore les nombreux secrets qui entourent la jeune fille. Qui est-elle vraiment ?

Source : Akata

Avis :

Good Morning, Little Briar-Rose est un titre qui m’attirait énormément lorsqu’il a été annoncé par l’éditeur. Le synopsis m’intriguait déjà pas mal mais je dois dire qu’à ma lecture, j’ai été vraiment séduite. La mangaka parvient à donner à son titre une atmosphère comme je n’en ai peu vu ailleurs.

Ainsi, suivons-nous le jeune Tetsu Misato, lycéen, qui souhaite renoncer à la fac, ce qui crée des tensions avec son père. Mais il peut compter sur le soutien de Suzu, sa plus jeune sœur quelque peu naïve là où sa cadette, Ryô s’avère plus caustique à ce sujet. A force d’obstination, il est parvenu à se faire embaucher par son père pour travailler au sein de la famille Karasawa. Mais très vite, on l’informe qu’il ne doit pas approcher de l’annexe se trouvant dans le jardin car la fille des Karasawa, Shizu, serait malade et elle a interdiction de sortir de l’annexe.  Néanmoins, aucun employé n’a jamais vu la jeune fille. Mais voilà que Tetsu va apercevoir Shizu puis plus loin la découvrir totalement debout devant lui alors qu’il s’était assoupi. Tetsu va alors découvrir la drôle de vie de Shizu bravant l’interdit mais sans se douter qu’elle renferme de bien nombreux secrets.

Good Morning, Little Briar-Rose

Good Morning, Little Briar-Rose T.1 – © Megumi Morino / Kodansha Ltd.

C’est la première série que nous pouvons découvrir de Megumi Morino. Mais si ses titres sont aussi bien construits, j’espère qu’on aura le plaisir d’en découvrir d’autres. En outre, Good Morning, Little Briar-Rose peut se targuer d’avoir reçu de nombreuses remarques positives de la part de mangaka comme Yuki Suetsugu (Chihayafuru) ou Yoshitoki Oima (A Silent Voice, To Your Eternity). Forcément, il ne m’en fallait pas plus pour lire le titre.

« Ce serait que tu reviennes me voir… Que tu reviennes voir « Shizu Karasawa. » (Shizu) – Tome 1

L’ambiance de Good Morning, Little Briar-Rose est assez particulière. Elle est étrange mais en même temps captivante. Je trouve que la mangaka impose son propre style à ce niveau comme si elle mêlait plusieurs styles qui finalement font son style. En effet, certains passages se veulent quasiment oppressants par moment notamment quand on découvre la « maladie » de Shizu. Mais d’autres aspects s’ancrent dans des problèmes de société bien réalistes : le désir de Tetsu d’entrer dans la vie active à la fin du lycée, ses relations un peu complexes dans celui-ci ou encore l’absence d’une mère dont on découvre la vraie raison et qui nous permettent de comprendre pourquoi le jeune homme est aussi déterminé. De manière générale, j’ai eu la sensation que le titre jouait sur une ambiance réaliste mais en même temps quelque peu lourde comme si une chape de plomb pesait constamment aussi bien sur l’intrigue que sur les personnages. Et c’est peut-être grâce à cette aura de mystère que j’ai été réellement happée. Dès l’instant où Tetsu rencontre Shizu, on se doute que des choses vont se produire. Et cet effet d’attente est parfaitement ménagé par la mangaka.

Good Morning, Little Briar-Rose

Good Morning, Little Briar-Rose T.1 – © Megumi Morino / Kodansha Ltd.

Le premier effet d’attente vient sans aucun doute de Shizu. On n’arrive pas à savoir quoi penser de cette jeune fille qui vit recluse depuis si longtemps. Puis les interrogations fusent : pourquoi ne peut-elle sortir ? Quelle est la réelle nature de sa maladie ? Une interrogation d’autant plus grande que Shizu paraît en très bonne santé. La mangaka parvient à distiller de manière subreptice de petits indices qui déconcertent au début. Mais le fait de choisir le point de vue de Tetsu est une bonne manière d’entretenir tout ce pan. D’ailleurs, on notera que ce n’est pas si courant d’avoir uniquement le point de vue d’un garçon dans un shôjo (généralement, on aura les points de vue masculins mais par intermittence).

« Quelle fille étrange… Je n’arrive pas du tout à la cerner. » (Tetsu) – Tome 1

Et c’est donc en observant ce qu’il observe que l’on constate les divers troubles : pourquoi se sent-il gêné quand Shizu sourit ? Un sourire qui lui rappelle, en outre, quelqu’un. Pourquoi la jeune fille possède-t-elle des goûts voire des loisirs si contradictoires avec ce qu’elle dégage ? Et surtout pourquoi a-t-il l’impression qu’il n’est pas toujours face à Shizu ? Tous ces évènements sont aussi à mettre en lien avec les nombreuses rumeurs qui circulent sur Shizu comme le fait que l’annexe serait hanté ou bien encore le récit d’une jeune fille qui se serait noyée dans la piscine de l’école. En somme, même nous lecteurs, on a vraiment du mal à y voir clair. On ne sait pas durant une bonne partie du manga où la mangaka veut nous entraîner. Et on doit alors se baser (comme pour le personnage) sur toutes les remarques que l’on a pu observer. Au final, la grande question de ce volume reste quand même : Qui est Shizu ? C’est grâce à la minutie de la mangaka que certains points se mettent doucement en place. Cela est aussi l’occasion pour le lecteur de se créer ses propres hypothèses : Shizu serait-elle un spectre ? Peu plausible puisqu’une personne autre que Tetsu la voit. Serait-elle alors une adulte dans le corps d’un adolescent ? Pourquoi adopte-t-elle ce comportement parfois maternel quand elle parle à Tetsu ? Ou bien serait-elle, en réalité, une enfant dans le corps d’une adolescente ? La mangaka nous laisse à nos suppositions et s’arrange pour envoyer valser quelques hypothèses pour arriver à la fin qui marque un cliffhanger réussi.

« Je n’arrive pas à y croire mais en même temps, ça se tient… » (Tetsu) – Tome 1

Tout cela concourt à donner une narration vraiment linéaire. Chaque fois que l’on se lance sur une piste, de nouveaux éléments sont apportés si bien qu’on a l’impression de tout reprendre depuis le début. Mais là où j’ai trouvé la mangaka ingénieuse, c’est que malgré tout, les éléments ont quand même une certaine cohérence. Puis on avance, plus on trouve une forme de logique à ce qui peut sembler illogique. C’est assez difficile à expliquer mais il est vrai que malgré les hypothèses que je pouvais me faire, j’avais quand même l’impression que tout n’était pas si éloigné de la vérité. Comme si chaque élément illogique ne l’était pas fondamentalement. Et quelque part, même si le récit avance à son rythme, on repart avec le sentiment d’en savoir beaucoup plus qu’on ne le pense sur Shizu. Finalement, cette narration qui donne des allures de complexité ne l’est pas réellement car elle fait partie intégrante d’une volonté de la mangaka.

En dépit de tout, si j’ai apprécié ma lecture, j’ai toutefois regretté un point. Le personnage de Tetsu me paraît quand même un peu en retrait par rapport à Shizu. Il est vrai que cette dernière capte l’attention de par le mystère qu’elle suscite mais hormis le fait que Tetsu veuille s’émanciper ou qu’il ait la phobie des choses horrifiques, le personnage demeure moins étoffé à mon sens. On découvre un peu sa motivation, sa famille  mais cela me paraît très en surface pour le moment. J’espère donc que la suite du titre apportera davantage au personnage car on peut penser que sa rencontre avec Shizu est aussi le début d’un apprentissage (à moins que je ne me trompe totalement…).

Good Morning, Little Briar-Rose

Good Morning, Little Briar-Rose T.1 – © Megumi Morino / Kodansha Ltd.

Et la romance ? Eh bien, ne vous attendez pas à tant de choses pour l’instant. Toutefois, comme on a le point de vue de Tetsu, on arrive quand même à percevoir comment ses sentiments se développent pour cette jeune fille si singulière. A cet égard, j’ai quand même trouvé qu’il tombait assez rapidement amoureux de Shizu. Néanmoins, comme on ne sait pas ce que ressent la « vraie » Shizu, difficile de savoir si elle nourrit la même chose pour lui. Dans tous les cas, je crois que je suis un peu en attente devant cette romance. J’en attends un peu plus et je me dis qu’il ne s’agit que du premier volume. En six tomes, j’ose espérer que la mangaka travaillera davantage ce point et j’ai toute confiance en elle.

« Il est peut-être trop tard, mais acceptes-tu d’écouter la vérité? » (Shizu) – Tome 1

L’ensemble est accompagné d’un dessin très réussi. Il y a une certaine douceur qui émane des traits des personnages. L’utilisation des trames et le découpage sont bien réalisés et cadrent parfaitement avec la narration. J’ajoute que j’ai plutôt apprécié la facilité qu’a la mangaka pour passer d’une atmosphère mélancolique à une atmosphère plus humoristique. Cela se ressent particulièrement avec le personnage de Shizu. A l’inverse de Tetsu, elle est bien travaillée et beaucoup de choses se dégagent de son apparence. Tantôt, on pourra voir une jeune fille fragile qui se cherche, tantôt, on aura l’image d’une jeune fille assez enfantine, un brin mutine. Une dualité qui est parfaitement mise en valeur par la mangaka avec des expressions faciales qui nuancent avec beaucoup de brio ce personnage.

Du côté de l’édition, Akata livre comme toujours un travail soigné : papier souple, une bonne impression mais aussi une bonne traduction. Le format reste habituel à ce que l’on connaît de l’éditeur.

Pour conclure, ce premier tome de Good Morning, Little Briar-Rose est tout ce qu’il y a de plus intrigant et portée par une narration paraissant alambiquée mais qui participe aux divers mystères de l’histoire. Ménageant les surprises, la mangaka montre qu’elle sait parfaitement où diriger son récit. Indubitablement, un titre à suivre de près !

Informations :

Titre VO : おはよう、いばら姫
Titre traduit : Ohayou, Ibarahime
Genres : shôjo, romance, fantastique, mélancolie, tranche-de-vie
Nombre de tomes VF/VO : 3/6 (En cours/Terminé)
Auteur : MORINO Megumi
Édition VF : Akata
Prix : 6,95€

Extrait en ligne : Good Morning, Little Briar-Rose T.1

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