Neon Sign Amber : Accepte-moi comme je suis…

Neon Sign Amber

Neon Sign Amber – Neon sign Amber © OGERETSU TANAKA 2016 Originally published in Japan in 2016 by SHINSHOKAN CO., LTD., Tokyo.

Ogeretsu Tanaka commence à être une des mangakas phares du catalogue Taifu. Déjà quatre titres parus chez l’éditeur dont le cinquième ce mois-ci avec Yarichin Bitch Club. Ici, elle nous offre une histoire qui me paraît être assez aboutie dans Neon Sign Amber. L’acceptation y est le mot-clé.

Résumé :

Souvent incompris à cause de son visage inexpressif, Ogata n’en reste pas moins un beau jeune homme qui travaille comme hôte de salle dans une boîte de nuit. C’est dans cette dernière qu’il fait la connaissance de Saya, un Gyaru-o connu pour enchaîner les conquêtes féminines. Malgré des caractères diamétralement opposés, les deux hommes vont pourtant tisser des liens et se rapprocher peu à peu. L’issue de leur relation dépendra cependant d’une chose essentielle : leur capacité à faire face à leurs sentiments.

Source : Taifu Comics.

Avis :

Il faut bien avouer que la couverture de Neon Sign Amber est assez attirante. Et en même temps, elle reflète l’ambiance où les deux personnages principaux se rencontrent. En effet, c’est dans une boîte de nuit que l’on fait la connaissance de Yûsuke Ogata, un barman qui travaille comme hôte de salle en attendant que le bar où il officie rouvre. Si Ogata a un physique assez avenant et plaît aux femmes, ses relations amoureuses restent chaotiques. En cause : son visage inexpressif. Un visage où il est difficile de voir une quelconque émotion ce qui a d’ailleurs conduit à la rupture avec sa petite-amie. Mais voilà que les choses prennent une autre tournure quand il fait la connaissance de Masaki Saya. Ce jeune homme qui est un o-gyaru (peau bronzée et cheveux blonds) semble draguer toutes les filles qu’il croise en boîte. Par un concours de circonstances, les deux hommes vont faire connaissance et Ogata va alors découvrir ce que cache l’extravagance de Saya.

Neon Sign Amber

Neon Sign Amber – Neon sign Amber © OGERETSU TANAKA 2016 Originally published in Japan in 2016 by SHINSHOKAN CO., LTD., Tokyo.

L’histoire s’avère très touchante et j’ai trouvé que les notions abordées étaient assez symboliques notamment dans une société où le regard sur l’homosexualité reste encore problématique. La seule chose que j’ai un peu regrettée, c’est le côté légèrement précipité de la fin sur lequel je reviendrai plus bas.

« Je crois que mon visage ne reflète pas ce que je pense. » (Ogata)

Neon Sign Amber joue sur un contraste assez plaisant à lire même si ce n’est pas une nouveauté car c’est un procédé qui a déjà été utilisé plusieurs fois : Saya apparaît comme un homme un peu frivole notamment en raison de son comportement avec les femmes tandis qu’Ogata paraît totalement fermé à ce qui l’environne. Mais toute l’histoire va s’ingénier à montrer que ces apparences sont trompeuses car plus on progresse et plus on découvre que les deux souffrent à leur manière. Si Saya drague toutes les filles qu’il rencontre, c’est pour ne plus être vu comme un être « répugnant ». En réalité, le jeune homme a toujours aimé les hommes mais une expérience du passé l’a rendu fragile et comme pour « se fondre dans la masse », pour ne pas avoir à subir le regard désapprobateur de la société. Il est assez intéressant de voir à quel point le jeune homme ne supporte pas son image, se visualisant comme un être abject. La mangaka parvient très bien à travers des phrases ou images marquantes à nous faire comprendre toute la douleur que Saya a pu ressentir. Aussi, on se retrouve encore dans cette idée que la normalité, c’est la conformité là où on sait que la notion de normalité n’a pas vraiment lieu d’être. J’ai trouvé Saya très touchant et on ressent une vraie empathie pour lui quand on voit que même le rapport qu’il entretient avec son corps est problématique. Du côté d’Ogata, le fait que son visage soit constamment signe d’incompréhension le fait souffrir dans le fond.

Neon Sign Amber

Neon Sign Amber – Neon sign Amber © OGERETSU TANAKA 2016 Originally published in Japan in 2016 by SHINSHOKAN CO., LTD., Tokyo.

L’autre point que j’ai plutôt aimé, c’est le fait que la romance ne se fasse pas comme cela. Alors oui, on pourra peut-être s’étonner un peu qu’Ogata ressente autant d’émois en présence de Saya mais c’est sans doute ce qui explique pourquoi cela ne fonctionnait pas avec ses ex-copines. Mais il reste que les deux personnages ne font pas tout de suite face à leurs sentiments. Si Ogata a l’impression que les choses sont simples avec Saya, il va être confronté à un choc auquel il ne s’attendait pas du tout, ce qui va freiner quelque peu la relation. Cette partie m’a paru très pertinente parce que cela montre qu’on n’est pas dans une relation où le personnage n’a aucune difficulté avec son homosexualité ni les rapports intimes. Ogata ne peut pas s’empêcher de faire le parallèle avec le corps féminin pour constater que oui, tout est bien différent. J’ai préféré ce parti-pris aux yaoï où on peut parfois avoir l’impression que les relations homosexuelles coulent de source. Pour Ogata, après avoir toujours aimé les femmes, la réalité du corps masculin ne se fait pas instinctivement. Et c’est ce qui va le conduire à blesser sans le vouloir Saya et réveiller ses douleurs enfouies. En effet, Saya cherchait à se convaincre qu’il aimait les femmes pour ne plus avoir à souffrir. Plus il se rapproche d’Ogata et plus il se perçoit moins comme un homme répugnant.

« C’est moi qui suis répugnant dans l’histoire. » (Saya)

Mais la réaction d’Ogata aura un impact sur ce traumatisme qu’il porte. Heureusement, la finalité reste quand même positive. On pourra juste regretter l’intervention d’un Nishiyama (celui qui est responsable du traumatisme de Saya) qui paraît un peu comme un cheveu sur la soupe. En outre, cette intervention est d’autant plus inutile que le personnage est un fantoche dans l’absolu (on ne montre jamais son visage même quand il revoir à nouveau Saya…). C’est à ce moment que j’ai trouvé que le titre flottait un peu et allait dans la précipitation pour amener la concrétisation de la relation entre Saya et Ogata. J’aurais quand même apprécié que l’on reste dans cet élan subtil. Néanmoins, le couple n’en reste pas moins touchant.

Neon Sign Amber

Neon Sign Amber – Neon sign Amber © OGERETSU TANAKA 2016 Originally published in Japan in 2016 by SHINSHOKAN CO., LTD., Tokyo.

Ogeretsu Tanaka parfait le tout avec un graphisme vraiment agréable et qui joue sur un contraste intéressant lié notamment au bronzage de Saya. Cela offre des éclairages jouant sur une forme de sensualité (du moins, j’ai trouvé). L’ambiance de la boîte de nuit est aussi bien mise en scène à travers l’ombre et la lumière. Le chara-design des personnages est plutôt plaisant globalement : l’inexpressivité d’Ogata est marquée même si pour moi, je trouvais qu’on voyait ses émotions de temps en temps. L’édition proposée par Taifu Comics est très bonne qualité comme souvent avec une jolie page couleur et une jolie couverture qui témoigne très bien de l’atmosphère fréquemment nocturne de l’histoire.

Pour conclure, Neon Sign Amber est un récit assez bien mené et traité. L’évolution des personnages est positive et les thèmes traités judicieusement. Un yaoï que je vous recommande.

Merci aux éditions Taifu Comics pour le service presse ^_^.

Informations :

Titre VO : ネオンサイン・アンバー
Titre traduit : Neon Sign Amber
Genres : yaoï, gay-lesbien, romance, drame, tranche-de-vie, traumatisme
Nombre de tomes VF/VO : 1 (Terminé)
Auteur : OGERETSU Tanaka
Édition VF : Taifu Comics
Prix : 8,99€

 

 

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