Tue-moi plutôt sous un cerisier : « Je voulais juste que tu apprennes à me connaître… »

Tue-moi plutôt sous un cerisier

Tue-moi plutôt sous un cerisier – KOROSARERUNARA, ISSO SAKURA NO KI NO SHITADE © 2011 Hina SAKURADA / SHOGAKUKAN

Tue-moi plutôt sous un cerisier fait partie de la nouvelle collection des éditions Akata : « Oneshot shôjo ». C’est la première fois que l’on peut découvrir Hina Sakurada en France. Pourtant, en regardant ce qu’elle avait pu faire, je me suis rendu compte qu’elle était plutôt prolifique au Japon. Si le titre s’avérait attrayant de par son synopsis et sa couverture, je dois avouer que je ne suis pas totalement tombée sous le charme.

Résumé :

« Fuis ! » Voilà l’étrange SMS reçu au réveil par Yukino, jeune lycéenne, de la part de Saho, sa meilleure amie. Sans en comprendre le sens, elle se rend au lycée, comme tous les jours. Mais elle constate alors avec horreur que Saho s’est suicidée, pendant la nuit… laissant pour seul testament un tweet nébuleux : « Yukino est cruelle ». Dès lors, l’engrenage est lancé, et Yukino est accusée d’être responsable de la mort de sa propre amie. Tandis qu’une enquête s’ouvre pour éclaircir les circonstances du décès de Saho, Yukino doit faire face à un nouveau quotidien d’exclusion. Elle pourra heureusement compter sur le soutien de Tatewaki, le petit ami de Saho.

Source : Akata.

Avis :

« Tout a commencé avec ce message que m’a envoyé Saho, ma meilleure amie. » (Yukino).

Première chose que j’ai pu noter en regardant les œuvres en VO de Hina Sakurada, c’est que beaucoup étaient tournées vers des romances torturées et que le drame en ressortait presque toujours. Aussi, n’ai-je pas été surprise de voir la teneur de ce titre. Et honnêtement, le synopsis et titre  me laissaient à penser qu’on serait dans une histoire douloureuse et peut-être un peu poétique. Mais si elle était douloureuse, j’ai été un peu trompée pour le deuxième aspect.

Tue-moi plutôt sous un cerisier

Tue-moi plutôt sous un cerisier – KOROSARERUNARA, ISSO SAKURA NO KI NO SHITADE © 2011 Hina SAKURADA / SHOGAKUKAN ©Akata

Il est vrai qu’il s’agit d’un one-shot mais néanmoins, j’ai trouvé que les éléments s’enchaînaient un peu rapidement. Le début présente bien le contexte : on découvre l’insouciante Yukino Yamashita. Comme tous les jours, elle se rend au lycée même si elle reste un peu troublée par un message envoyé par sa meilleure amie Saho : « Fuis ». Puis elle rencontre en chemin le petit ami de cette dernière : Tatewaki. Toutefois, c’est en arrivant à son lycée qu’elle va découvrir toute l’horreur : Saho se serait suicidée du haut d’un toit. Un geste incompréhensible pour Yukino. Mais elle n’a même pas le temps de s’adonner à son chagrin puisqu’un message semble l’incriminer sur Twitter : « Yukino est cruelle. » Tous ses camarades la voient alors comme la responsable, et surtout Yukko Sasagawa qui était très proche de Saho. Les choses s’enveniment pour Yukino mais elle va trouver un allié inattendu en la personne de Tatewaki

Tue-moi plutôt sous un cerisier

Tue-moi plutôt sous un cerisier – KOROSARERUNARA, ISSO SAKURA NO KI NO SHITADE © 2011 Hina SAKURADA / SHOGAKUKAN

Ce titre, j’ai eu un peu de mal à entrer dedans. En fait, sur la papier, il a tous les éléments pour être intéressants et pertinents. Puis j’aime bien les titres de ce type. Lee début est assez intrigant d’ailleurs parce qu’il lance plusieurs questions : Saho est-elle vraiment morte en se suicidant ? Qu’a-t-il pu arriver pour qu’elle en arrive là ? Et surtout, pourquoi Tatewaki semble vouloir protéger Yukino ? Sans compter ce message énigmatique : « Fuis »… Fuir quoi ? Ou qui ? Bien évidemment, avec autant de questions, on a envie de savoir le pourquoi du comment.

« Je lui ai avoué qu’en réalité, je suis amoureux de toi. » (Tatewaki)

En outre, les thèmes abordés sont quand même assez forts et restent problématiques dans une société où on préfère encore cacher les choses. Ainsi, le suicide et ce qui en découle comme la culpabilité pour Yukino, l’exclusion et les nombreuses brimades qu’elle va subir par la suite mais aussi d’autres points plutôt judicieux comme les sentiments homosexuels de l’exclusive Yukko, l’abandon des parents au sein d’un foyer et le plus fort à mon sens : le fait que la frontière entre la haine et l’amour est très mince (Lire le point de vue de Tatewaki l’exprime très bien d’ailleurs). Vous pouvez le constater, Hina Sakurada aborde de nombreux thèmes porteurs mais… Elle ne se donne pas la peine de les exploiter comme il faut. Et c’est bien là où le bât blesse. Il y avait tellement de potentiel pour un résultat si peu satisfaisant au final. Et en cela, j’ai été un peu déçue car j’avais envie d’être intriguée jusqu’au bout et j’ai eu l’impression que le soufflé retombait un peu.

Tue-moi plutôt sous un cerisier

Tue-moi plutôt sous un cerisier – KOROSARERUNARA, ISSO SAKURA NO KI NO SHITADE © 2011 Hina SAKURADA / SHOGAKUKAN

Première chose qui m’a perturbée : c’est la lecture. En fait, elle n’est pas assez linéaire. Et fréquemment, j’ai eu la sensation que la mangaka ne faisait que survoler ses thèmes sans jamais prendre le temps de les approfondir. Il est vrai qu’il y a toute une part interprétative qui incombe aux lecteurs mais quand même, je pense que là, des explications un peu plus étoffées auraient été une bonne chose. Ensuite, certains éléments se devinent assez aisément. Je ne sais pas mais à partir du moment où j’ai vu Tatewaki se rapprocher de Yukino, je me suis dit qu’il y avait anguille sous roche d’autant plus que le jeune homme me paraissait quelque peu préoccupé quand il tombe sur Yukino en chemin pour l’école. Ensuite, il y a le message « Fuis » sur lequel on ne revient pas et on peut avoir la sensation qu’on nous laisse en plan sur ce point. Toutefois, au vu de ce qui se passe, sur la fin, on peut comprendre la raison de ce « Fuis ».  Quant au message de Saho sur Twitter, il reste aussi un peu en suspens. Pourquoi si peu d’approfondissement avec des thèmes aussi intéressants ? J’ai juste eu l’impression que les thèmes étaient un peu « balancés » mais jamais fondamentalement traités. Et d’ailleurs, j’ai trouvé qu’il était dommage que l’on ne parle pas plus du cercle familial de Tatewaki car il est certain qu’on aurait appris une multitude de choses en l’exploitant davantage.

« C’est pas beau de minauder comme ça pour acheter l’amitié d’autrui surtout quand on est une criminelle. » (Yukko).

Un autre point qui aurait pu apporter la dimension « poétique » que j’attendais en me basant sur le titre, c’est sans aucun doute la légende qui entoure le jour du festival des cerisiers. On nous explique alors que la personne qui fait le vœu sous le plus vieux cerisier verra celui-ci réalisé par l’esprit du cerisier. Une idée intéressante et qui, mise en parallèle avec le titre, donne une petite touche de fantastique comme un autre regard sur l’intrigue (du moins, quand on a fini de lire l’histoire). Mais, à nouveau, j’ai trouvé que cet aspect était sous-exploité.

« Ca aurait été mieux que ce soit moi qui meure. » (Yukino).

En clair, je suis ressortie assez déçue. Pourtant, il y avait vraiment tout pour me captiver avec des passages marquants et notant que Hina Sakurada sait se montrer subtile et mature. Ensuite, j’ai apprécié que l’on change le point de vue pour comprendre Tatewaki et découvrir son visage caché en réalité tout comme le chapitre consacré à Yukko a le mérite d’apporter un éclairage intéressant sur les frustrations de cette jeune fille fragile dans le fond. En fait, on constate que peu importe le personnage dans le fond, ils sont tous profondément humains, faibles également et en cela, on comprend qu’ils vivent avec une réelle douleur.

Tue-moi plutôt sous un cerisier

Tue-moi plutôt sous un cerisier – KOROSARERUNARA, ISSO SAKURA NO KI NO SHITADE © 2011 Hina SAKURADA / SHOGAKUKAN

Visuellement, Hina Sakurada possède un graphisme assez particulier et on adhère ou pas. Pour ma part, j’ai eu un peu de mal avec les traits des personnages sans les trouver pour autant totalement déplaisants. Puis, la mangaka arrive quand même à bien faire passer les tourments de ses personnages.

Les chapitres supplémentaires donnent l’impression qu’il s’agit de publicités. La mangaka présente deux autres séries qui n’ont aucun lien avec le titre premier. J’avoue ne pas avoir du tout accroché d’autant qu’il y a un vrai décalage avec le récit majeur. Mais je pense que cela donne aussi une autre vision de ce que fait la mangaka. A vous de voir si vous appréciez ou pas.

L’édition proposée par Akata est toujours aussi bien réalisée. La jaquette est agréable et de bonne qualité. Si la traduction est claire, on notera tout de même quelques coquilles. Puis la couverture a quand même quelque chose de captivant. Un beau travail dans l’ensemble.

Pour conclure, Tue-moi plutôt sous un cerisier est un titre qui regorge de potentialités mais qui n’a pas su les concrétiser. Et finalement, je suis restée sur ma faim…

Informations :

Titre VO : 殺されるなら、いっそ桜の木の下で
Titre original : Korosareru nara, Isso Sakura no Ki no Shita de
Genres : shôjo, romance, drame, thriller, quotidien
Nombre de tomes VF/VO  : 1 (Terminé)
Auteur : SAKURADA Hina
Édition VF : Akata
Prix : 6,99€

Extrait en ligne : Tue-moi plutôt sous un cerisier

 

 

2 réflexions sur “Tue-moi plutôt sous un cerisier : « Je voulais juste que tu apprennes à me connaître… »

  1. lire en bulles dit :

    Je te remercie pour ton avis. Autant le titre m’interloquait, autant le fait que ce soit par Akata (soit sa passe soit sa casse) me mettait un frein… puis j’avais lu ici et là les mêmes reproches que tu en fais… c’st dommage, parce que les thèmes sont vraiment des thèmes « importants » et souvent mis « sous silence ». C’est le seul titre de l’auteur en VF, c’est bien ça ?

    Aimé par 1 personne

    • heyden17 dit :

      Pour l’instant, c’est le seul titre de l’auteure en France. Mais après, cela dépend du ressenti. J’ai une personne sur FB qui a adoré le titre. Mais c’est vrai que moi, j’ai eu du mal parce que je voulais que les choses soient plus clarifiées d’autant que comme je le dis, il y a des thèmes vraiment porteurs et pas très courants dans les shôjo. Akata est un éditeur que j’apprécie beaucoup pour ma part car c’est très diversifié mais j’avoue que là, je suis vraiment rester sur ma faim…

      J'aime

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