Ani no Senaka : Il y a des gens dont on ne peut pas tomber amoureux…

Ani no Senaka

Ani no Senaka – Ani no Senaka © 2014 Waka Sagami This edition originally published in Japan in 2014 by TOKUMA SHOTEN PUBLISHING CO., LTD.,Tokyo.

Paru en mai, Ani no Senaka est un titre signé Waka Sagami qui s’est déjà illustrée en France avec les titres Dramatic Maestro ou Un baiser au goût de mensonge. Ici, elle revient avec un récit d’amour qui ne peut être concrétisé… Plongez dans la romance interdite entre Yuki et Keiichirô.

Résumé :

Il y a des gens dont on ne peut tomber amoureux… Yuki vit avec Keiichirô, le mari de sa grande sœur décédée. Il en est secrètement amoureux depuis de longues années, mais garde en lui ces sentiments pour lesquels il est incapable de se pardonner. Cependant, un soir Keiichirô lui demande de ne pas le quitter. L’équilibre précaire qu’il tentait tant bien que mal de maintenir après la mort de sa sœur se brise alors.

Source : Taifu Comics.

Avis :

Ani no Senaka nous plonge dans la romance compliquée entre Yuki et Keiichirô. Si le premier est en train de terminer ses études et s’apprête à se lancer sur le marché de l’emploi, Keiichirô s’avère être le beau-frère de ce dernier et travaille dans une entreprise. Les deux ont continué de vivre ensemble après le décès de sa sœur trois années auparavant, seulement six mois après le mariage avec Keiichirô. Une situation bien délicate pour les deux d’autant que pour Yuki, elle est rendue encore plus complexe par le fait qu’il est tombé secrètement amoureux de son beau-frère. Mais cette relation est condamnée pour le jeune homme qui ne peut imaginer vivre un amour avec le mari de sa sœur défunte ? Il préfère donc tenter de s’éloigner sans se demander ce que Keiichirô pense de tout cela.

Ani no Senaka

Ani no Senaka – Ani no Senaka © 2014 Waka Sagami This edition originally published in Japan in 2014 by TOKUMA SHOTEN PUBLISHING CO., LTD.,Tokyo.

J’avais pu lire Dramatic Maestro qui ne m’avait pas réellement convaincue. Pour autant, Waka Sagami n’est pas une auteure que je boudais plus que cela. J’avais envie de découvrir ce titre qui paraissait assez intimiste et qui relate une histoire d’amour compliquée entre deux hommes qui ne sont pas totalement remis de la même douleur. Et d’ailleurs, ce point est globalement bien traité : on ne peut que comprendre la difficulté pour les deux de se lancer dans une romance. D’une part, Keiichirô ne sait rien des sentiments de Yuki mais même sans cet aspect, le jeune homme n’est pas totalement passé à autre chose car il conserve toujours son alliance. Pour autant, on arrive facilement à deviner qu’il ressent des choses pour Yuki, mais il ne paraît pas apte à en prendre conscience voire à l’assumer. D’ailleurs, on a souvent la sensation qu’il détourne la conversation ou qu’il préfère son rôle de beau-frère comme un moyen sans doute de se préserver et de se construire une barrière. Quant à Yuki, il lui paraît inconcevable d’avoir ce genre de sentiments pour Keiichirô car cela reviendrait à trahir la mémoire de sa sœur. De telle sorte que Yuki vit avec ce poids jour après jour ce qui ne fait qu’exacerber un peu plus sa douleur. L’éloignement semble être la seule solution pour lui mais il se rend bien compte que cela ne change en rien ce qu’il éprouve. Au fond, on assiste surtout à une histoire de résistance en attendant que l’un et l’autre laissent enfin tomber ces œillères.

« J’aime probablement mon beau-frère depuis que je l’ai rencontré. » (Yuki)

De manière générale, les personnages sont plutôt bien mis en scène même si on trouve quelques stéréotypes un peu regrettables. Keiichirô est le type du personnage qui se donne des airs guillerets, se laisse quelque dorloter par son beau-frère ou qui ne veut assumer les choses mais que lorsqu’il est saoul (un prétexte un peu facile je trouve…). Pour autant, sa douleur est bien marquée notamment avec cette incapacité à avancer et cette alliance qui lui rappelle sans doute qu’il ne doit pas oublier sa femme défunte. Pourtant, il n’est pas tant question de l’oublier mais plus à se tourner vers l’avenir, ce dont il ne semble pas entièrement capable. Quant à Yuki, on voit davantage les tourments chez lui. Le jeune homme se torture aussi pas mal comme s’il subissait une culpabilité qu’il s’est imposé seul en réalité. On peut largement comprendre ce ressenti même si je me suis fréquemment dit que si les deux hommes avaient parlé, ils auraient pu évacuer bien des choses. Et c’est essentiellement parce qu’ils se basent sur des ressentis, des impressions et tout un code moral également qu’ils ne parviennent pas réellement à se comprendre.

Ani no Senaka

Ani no Senaka – Ani no Senaka © 2014 Waka Sagami This edition originally published in Japan in 2014 by TOKUMA SHOTEN PUBLISHING CO., LTD.,Tokyo.

Dans tous les cas, la mangaka cherche à bien faire ressortir la douleur vécue par les deux hommes et liée à un souvenir commun : Haruhi, la sœur de Yuki. Pourtant, à travers de nombreux flashback, on constate que cette dernière a sans doute laissé la porte ouverte pour les deux. Et c’est avec beaucoup de bienveillance qu’elle semble avoir poussé son jeune frère sans qu’il ne s’en rende compte. Cela nous permet de comprendre qu’elle avait dû deviner les choses bien avant qu’il ne les accepte. En claire, bien que morte, Haruhi semble réellement être le lien qui encourage les deux jeunes hommes à prendre conscience de leurs sentiments respectifs.

« Je déborde de sentiments pour lui. » (Yuki)

En dépit de tout, on sent que le titre manque d’aboutissement et que le one-shot aurait gagné à être peut-être plus développé car il faut bien reconnaître que l’ensemble progresse assez rapidement avec des résolutions trop simples (le départ de Yuki qui finalement ne se fait pas entre autres…). J’ai aussi été un peu déçue par le rôle des personnages secondaires car je les trouvais plutôt pertinents notamment Shindo, ami de Yuki et fin observateur qui tente de dénouer certaines choses à sa façon. On a aussi les collègues de Keiichirô qui remarquent bien des choses mais qui restent assez lisses malgré tout.

« Ne pars pas à Osaka. » (Keiichirô)

Bien que le titre soit intéressant, on peut donc rester sur une sensation de manque comme une construction pas totalement achevée même si l’ensemble demeure assez linéaire.

Du côté des dessins, Waka Sagami nous propose des dessins assez classiques globalement mais les traits demeurent soignés avec une finesse appréciable. En outre, les moments « silencieux » sont plutôt plaisants permettant de mieux mettre l’accent sur ses sentiments étouffés. L’édition de Taifu Comics est de bonne facture avec une couverture poétique et une première page en couleurs de très bon effet.

Pour terminer, je dirais qu’Ani no Senaka est une œuvre plaisante à la lecture sans être totalement aboutie pour moi. Toutefois, les sentiments et remises en question des personnages restent suffisamment bien dépeints.

Merci aux éditions Taifu Comics pour le service presse.

Informations :

Titre VO : 義兄の背中
Titre traduit : Ani no Senaka
Genres : yaoï, gay-lesbien, romance, drame, tranche-de-vie
Nombre de tomes VF/VO : 1 (Terminé)
Auteur : SAGAMI Waka
Édition VF : Taifu Comics
Prix : 8,99€

Extrait en ligne : Ani no Senaka

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s