Nagi no Asukara : schisme entre deux mondes…

Nagi no Asakura

Nagi no Asakura – © by P.A. Works /

Nagi no Asukara est une série datant de 2013 et qui a été diffusée sur la plateforme Crunchyroll. Une série qui m’a beaucoup plu même si j’ai regretté une fin un peu précipitée. Toutefois, Nagi no Asukara est un anime qu’il vous faut voir ne serait-ce que pour sa beauté visuelle.

Résumé :

L’école sous-marine de Namiji a fermé ses portes, et Hikari, Chisaki, Kaname et Manaka se voient contraints de se rendre à Mihama, une école à la surface. Chisaki s’enfuit après avoir subi les moqueries de ses camarades de classe. Son placenta s’assèche et elle perd connaissance. C’est alors que Tsugumu, un garçon qu’elle avait rencontré la veille, vient à sa rescousse après l’avoir trouvée inconsciente…

Source : Crunchyroll.fr

Un anime original

Voici un animé qui m’a plu. Il s’en dégage un petit charme indescriptible et j’ai trouvé que c’était plutôt original. Nagi no Asukara se distingue par son ton résolument « aquatique » et une intrigue qui gagne en profondeur au fur et à mesure laissant la part belle aux états d’âme des personnages. Un anime où les émotions s’avèrent souvent très justes.

Nagi no Asukara

Nagi no Asukara – © by P.A. Works /

L’originalité de cet anime vient de la confrontation entre deux univers : celui de la terre et celui sous-marin. Deux populations vivent ainsi, mais on comprend par la suite que l’une et l’autre ne s’apprécient pas réellement, coincées dans leurs préjugés. Seulement, l’école sous-marine ayant fermé, des élèves vont devoir aller dans une école terrestre. Cela va engendrer quelques difficultés pour nos quatre personnages « sous-marins ». Ce schisme voulu et accepté par tous est toutefois tendu par un lien étroit entre les deux mondes et ce, en dépit de leurs traditions et différences.

Confrontation de deux mondes

Dans un premier temps, on s’acclimate avec cet univers très riche qui nous est présenté : celui sous-marin. On découvre ainsi comment la population vit (notamment le fait qu’ils vivent à la manière de poissons, constamment sous l’eau). L’eau n’est pas toujours marquée mais il faut comprendre que nos personnages respirent ainsi, même s’ils peuvent aller sur le monde terrestre. Néanmoins, on apprend que leurs capacités sont amoindries sur terre, ils « s’écaillent » comme du poisson s’ils restent trop longtemps hors de l’eau. Un passage démontrant qu’ils ne peuvent définitivement pas être comme les autres. Mais cet univers est aussi renforcé par un graphisme fabuleux avec des couleurs magnifiques. On insiste sur cette mer sans pour autant l’exagérer et la façon dont ce microcosme est construit a quelque chose de presque captivant. On voit par exemple les personnages nager mais sans qu’on ait l’impression qu’ils soient parfois dans l’eau.

Nagi no Asukara

Nagi no Asukara – Manaka & Tsumugu – © by P.A. Works /

Mais quelque part, Nagi no Asukara durant une bonne première partie va aussi s’ingénier à mettre en avant une espèce de pamphlet autour de cette discrimination. Malgré les trésors que renferment les deux mondes, on sent très rapidement de l’hostilité entre les habitants de la mer et ceux de la surface. Celle-ci est aussi nourrie par les appréhensions des deux populations : les gens de la surface s’avèrent quelque peu jaloux de ce que possèdent les gens de la mer mais ces mêmes gens de la mer évitent de trop s’approcher des gens de la terre car ils ont peur de perdre leur pouvoir. En effet, les unions entre les deux populations sont très mal vues et quand cela a lieu, cela signifie généralement de renoncer à son pouvoir en tant qu’habitant de la mer. En y réfléchissant et même si c’est sur une distinction plutôt triviale dans le fond, on se rend compte que l’on peut facilement transposer ce rapport dans un contexte plus contemporain. Quelque part, l’arrivée de Hikari, Chisaki, Kaname et Manaka dans le monde de la terre va marquer une espèce de révolution. Ils cherchent tant bien que mal à s’acclimater même si les premiers contacts ne s’avéreront pas aisés puisqu’ils subiront incompréhensions voire moqueries dans leur nouvel environnement. Heureusement, ils vont se lier d’amitié avec Tsumugu, un personnage qui ne semble manifester aucun ressentiment envers les gens de la mer.

Nagi no Asukara

Nagi no Asukara – Manaka, Kaname, Chisaki & Hikari (de dos) – © by P.A. Works /

Un univers folklore

Progressivement, Nagi no Asukara va prendre deux directions (du moins pour moi). Dans un premier temps, on va s’orienter sur une intrigue plus profonde et touchant aux inspirations folkloriques. Puis dans un deuxième temps, aux relations assez inextricables entre les personnages. On découvre alors tout un pan autour du dieu de la mer Ojoshi-Sama qui va construire un peu plus l’intrigue et interpeller nos personnages. Ainsi, on apprend cette histoire d’humaine ayant été enlevée par le dieu de la mer alors qu’elle aimait un homme de la surface et qui a plus ou moins perturbé l’ordre établi. Si cette histoire est intéressante, elle pourra sembler parfois fouillis comme si tout n’avait pas été décanté et on pourra avoir l’impression de ne pas totalement comprendre comment fonctionne ce monde même si on devine que l’ensemble est très instable. La cérémonie qui se déroulera dès lors prendra un tour inattendu où les héros croyant en cette légende vont chercher à apaiser la colère avec une réplique d’Ojoshi-sama. Cette partie s’avère quelque peu complexe bien que riche. Là où l’anime aurait pu amener les éléments, c’est dans la composition de la première partie qui traîne un peu en longueur jusqu’au milieu où on arrive à quelque chose de plutôt dramatique notamment concernant le personnage de Manaka. Néanmoins, le fait de laisser un laps de temps s’écouler est l’occasion de voir comment les personnages évoluent, se remettent en question où ouvrent les yeux sur des choses qu’il n’avait vues auparavant. L’aboutissement dans tous les cas conduit à une morale qui va bouleverser les personnages mais peut-être aussi les spectateurs.

Des thèmes universels…

Nagi no Asukara se propose de développer plusieurs thèmes réellement pertinents. Ainsi, le thème de la famille recomposée est abordé mais on peut également soulever celui de la rancune ou des différences qui font office de barrières entre les deux mondes. Mais il est également question de l’amour et de ses turpitudes…

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Nagi no Asukara – © by P.A. Works /

Une intrigue amoureuse enchevêtrée…

C’est d’ailleurs l’autre point de l’anime : des situations amoureuses quelque peu inextricables car en y réfléchissant, je pense que tous les personnages s’aiment même si cela est rendu complexe par les sentiments que Hikari éprouve pour Manaka mais on ne sait pas les sentiments de cette dernière à son égard qui pourrait en avoir pour Tsumugu à moins que Chisaki intervienne dans cette histoire…  Vous l’aurez compris, ce cercle est un peu difficile à comprendre tant les sentiments s’enchevêtrent et se bousculent. Je ne peux pas dire que j’ai tant accroché à tout ce déballage d’autant que je trouvais que cela piétinait un peu même si la fin apporte une forme de résolution à tout cela. Néanmoins, la romance est dépeinte dans sa pureté et les sentiments sont bien retranscrits avec une pudeur propre à des personnages pas totalement matures. Il est assez aisé de comprendre que Hikari éprouve des sentiments envers Manaka. Même s’il est brusque avec elle, il a toujours un regard bienveillant à son égard et cherche constamment à la protéger. La jeune fille ne semble pas toujours s’en rendre compte. Il faut dire que Manaka a un côté un peu tête en l’air. Elle est du genre à être « trop gentille » sans doute. Mais cet amour qui n’est pas né pourrait être mis à mal par Tsugumu, car il faut bien avouer que la rencontre entre Manaka et Tsugumu donne l’impression que quelque chose est né. Vous comprendrez bien qu’un imbroglio sentimental pourrait bien devenir l’enjeu de cette série à côté des émerveillements que l’on découvre au fur et à mesure. Une rivalité naît entre Hikari et Tsugumu, même si c’est davantage Hikari qui se crée une rivalité seul en réalité.

Nagi no Asukara

Nagi no Asukara – © by P.A. Works /

Des personnages manquant un peu d’ampleur

Les personnages sont globalement attachants même si on ne peut pas dire que les personnalités « détonnent ». Je n’ai pas eu de réelle surprise pour ma part :

  • Hikari est le type du personnage impulsif, pas toujours réfléchi (au début) et qui ne veut pas s’avouer les choses. Le personnage mûrira au fur et à mesure et l’épreuve qu’il a vécue avec Manaka le rend également plus mature même s’il a toujours du mal à faire face à ses sentiments.
  • Manaka apparaît comme le personnage mignon, naïf et ayant un peu de mal à s’imposer. Elle fait assez « petite fille maladroite » tentant de faire en sorte que tout le monde s’entende. Toutefois, c’est un personnage perspicace et qui a à cœur de bien faire.
  • Kaname intervient un peu comme le médiateur. Il observe tout et est la parole bienveillante. C’est dommage que ce personnage ne soit pas plus approfondi. On peut même dire qu’il est en retrait par opposition aux autres n’ayant pas tant de profondeur.
  • Chisaki est un personnage dont l’évolution m’a intéressée. Elle parait calme en apparence mais on découvre qu’elle peut être plus volcanique. En outre, elle est un peu comme Hikari. Elle a du mal à avouer ses sentiments mais essentiellement parce qu’elle ne veut pas blesser les autres.
  • Tsumugu est le personnage qui m’interpellait le plus notamment parce qu’il est un habitant de la surface. Et au départ, je trouvais qu’il avait un réel intérêt. Malheureusement, celui-ci n’est pas exploité. Progressivement, le personnage devient davantage un spectateur plutôt qu’un acteur. Dans la deuxième partie de l’anime, j’ai toutefois apprécié le ton posé qui se dégageait du personnage. Il est vrai qu’il est toujours apparu comme étant taciturne mais c’est un fin observateur.
Nagi no Asukara

Nagi no Asukara – Chisaki & Kaname – © by P.A. Works /

Un graphisme et une OST réussis!

Terminons sur un point très positif dans l’anime, c’est indéniablement son graphisme. Les paysages aquatiques de Shioshishio sont d’une pure beauté. Bien que le monde de la mer soit une cité totalement utopique (pas de bruits déplaisants, de pollution, etc…), on se laisse charmer par la douceur qui s’en dégage. Puis les us et coutumes sont intéressants. Découvrir la façon dont les personnages évoluent dans cet univers également. Les fonds marins sont éblouissants avec des couleurs chatoyantes, les bancs de poissons qui traversent la cité, les habitations, etc… Une esthétique de qualité !! Quant à l’OST, je dois avouer que l’on se laisse facilement charmer. Les openings et endings sont très réussis et les thèmes collent parfaitement à cette ambiance douce-amère.

En guise de conclusion, Nagi no Asukara est un anime d’une réelle beauté visuellement parlant. L’intrigue est plutôt solide même si les diverses romances, bien que mignonnes, plombent parfois l’ensemble. Néanmoins, la portée morale de l’anime vaut la peine que l’on se penche dessus.

Informations :

Titre VO : 凪のあすから
Titre traduit : Nagi no Asukara
Année : 2013
Studios : Geneon | P.A Works
Genres : Shônen, drame, romance, comédie, fantastique, tranche-de-vie
Réalisateur : SHINOHARA Toshiya
Nombre d’épisodes : 26
Éditeur VF : Crunchyroll
Durée : 24 mins env.

 

 

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