A Silent Voice T.2 : Commencer à entendre la voix?

A Silent Voice - Tome 2

A Silent Voice – Tome 2 KOE NO KATACHI © Yoshitoki Oima / Kodansha Ltd.

Après un premier tome brillant qui ne manquait pas de nous marquer, ce deuxième volume permet d’approfondir les notions de pardon. La reconstruction de Shoya comme celle de Shoko se fait de manière toujours aussi habile. Et on se doute que le chemin ne sera pas sans difficultés…

Résumé :

Pour Shoya, devenu le nouveau souffre-douleur de sa classe, rien ne change après le départ de Shoko. Pire, le jeune garçon se rend compte qu’elle faisait preuve de gentillesse à son égard et se sent d’autant plus coupable ! Mis à l’écart pendant toute sa scolarité, il ne parvient plus à se lier aux autres. Il se coupe du monde et finit par perdre toute envie de vivre.

Mais l’adolescent n’a jamais oublié la jeune sourde. Il prend donc la résolution de la retrouver pour lui présenter ses excuses avant de mettre fin à ses jours…

Source : Ki-Oon.

Avis :

« Shoya Ishida… Je ne peux pas le supporter. » (Shoko) – Tome 2

Shoya a beaucoup appris… Ces années où il vivait comme un exclu en primaire lui ont permis de prendre du recul et de comprendre ses erreurs. A l’initiative des tourments de Shoko, le jeune garçon a payé au prix fort ce qu’il a fait subir à cette dernière. Totalement méprisé par ces camarades, il en est venu à couper tous liens avec ceux qui l’entouraient et qu’ils considéraient comme ses amis. Une coupure si nette qu’il ne souhaite même plus vivre… L’enfant qu’il était a pris la mesure de ses actes se rendant compte de tout ce que Shoko avait pu vivre. Maintenant, on retrouve Shoya, lycéen de 16 ans qui ne souhaite qu’une chose : se faire pardonner par Shoko. Une rédemption qui lui permettrait de mieux en finir avec la vie. Sauf que retrouver Shoko aura plus d’effets qu’il ne le pense. Alors qu’il était persuadé que la vie ne pourrait rien lui offrir, des petites portes semblent s’ouvrir peu à peu pour lui. Est-ce lié à sa quête de rédemption ?

A Silent Voice

A Silent Voice – T.2 KOE NO KATACHI © Yoshitoki Oima / Kodansha Ltd.

La mangaka choisit astucieusement de faire passer cinq années… Cinq années où le personnage de Shoya a clairement mûri. Ayant appris la langue des signes dans l’espoir de mieux communiquer avec Shoko et mieux se faire pardonner, l’adolescent semble totalement transfiguré. Et on le retrouve plein de meurtrissures et bourré de remords.

« Je me déteste. » (Shoya) – Tome 2

C’est à présent un garçon solitaire que l’on a devant nos yeux avec pour seul objectif : demander pardon à Shoko sans rien attendre en retour. Pourtant, sa rencontre avec Shoko va s’avérer assez déroutante pour lui. Si le propos de l’adolescent sur le suicide s’avère plutôt grave, on regrettera toutefois que la mangaka choisisse de passer cela assez rapidement sous silence. En effet, les thèmes sont déjà lourds dans A Silent Voice et on peut avoir l’impression qu’aborder le suicide sert à alourdir davantage  le titre là où au fond, il s’agit peut-être plus de témoigner du mal-être très profond et inhérent de Shoya. Finalement, cette thématique du suicide est par la suite aborder pour mieux renforcer la relation entre Shoya et sa mère. Cette idée s’avérera plutôt astucieuse et j’ai plutôt apprécié la façon dont la mère tente de faire comprendre à son fils combien tout cela serait vain.

A Silent Voice

A Silent Voice – T.2 KOE NO KATACHI © Yoshitoki Oima / Kodansha Ltd.

Ce volume se concentre essentiellement néanmoins sur les retrouvailles entre Shoko et Shoya. On ne manque pas de voir toute la charge émotionnelle qui s’en dégage. Bien qu’il y ait de nombreuses maladresses de la part de Shoya, on constate aussi combien sa volonté d’être pardonné est forte. Ne serait-ce que l’apprentissage de la langue des signes qui traduit le fort étonnement de Shoko quand elle le découvre. En outre, si on savait que la jeune fille était d’une grande douceur et affabilité, on voit également que la mangaka ne s’attarde pas trop sur la colère de cette dernière. C’est étrange dans la mesure où les premières pages s’ouvrent sur le fait qu’elle ne supporte pas Shoya mais très vite son côté positif reprend le dessus. On finit par voir que Shoko a réussi à se reconstruire peut-être beaucoup plus vite que son ancien camarade. Plus mûre, elle aussi, on la sent mieux intégrée à sa vie de lycéenne. Son handicap étant loin d’être une barrière au grand soulagement de Shoya. Pourtant, la suite tendra à prouver que rien n’est réellement simple pour la jeune fille et que tout lui demande un effort et une abnégation hors du commun.

De ce fait, l’auteure préfère se recentrer sur Shoya et sa difficulté à avancer. En réalité, j’ai eu l’impression que le pardon de Shoko n’était pas ce qui l’aiderait entièrement. La mangaka donne plutôt l’impression qu’il doit d’abord se pardonner à lui-même pour mieux accepter le pardon de Shoko. Et cela va passer par la nouvelle relation, bien qu’encore fragile, qu’il va construire lentement avec cette dernière. La bonté de Shoko reste immuable et on retrouve en elle toujours ce grand altruisme. Le fait que le jeune homme maîtrise la langue des signes est aussi quelque chose qui réduit le fossé entre les deux jeunes gens. Finalement, n’est-ce pas une façon d’entendre sa « voix silencieuse » ? Je fais un parallèle avec le titre car quand on considère les choses, Shoya n’a jamais vraiment pris la peine plus jeune d’ »écouter » Shoko. Le fait qu’il manifeste le désir de la comprendre en apprenant le langage des signes semble alors créer un vrai lien. De telle sorte que tout cela permet à Shoya d’éprouver encore de l’espoir. Et c’est ce même espoir (bien qu’il ait encore un peu de mal à l’affirmer) qui va le pousser plus loin à essayer de recréer du lien social : sa nouvelle relation avec Tomohiro peut en être un exemple. La mangaka cherche donc à montrer que les tous les éléments concourent pour que Shoya soit plus épanoui mais c’est sans compter sur le jeune homme qui ne cesse de ressentir ce poids, cette culpabilité qui le tenaille. Aussi voit-on Shoya se demander s’il a le droit d’être content, de sourire, d’éprouver de la chaleur, d’avoir des amis, en bref d’être heureux. Un questionnement qui pourra sembler légitime au vu de ce qu’il a pu faire comme si ses actions passées expliquaient son mal-être actuel.

« Tant que je serai là, je ferai tout pour elle! Tout! (Shoya) – Tome 2

Un symptôme qui est renforcé par la mère de Shoko qui n’arrive aucunement à pardonner au jeune homme mais également une sœur, Yuzuru, qui accepte difficile son passé. D’ailleurs, ce personnage s’avère assez intéressant tant on voit l’abnégation dont il a fait preuve pour protéger Shoko. Yuzuru est une jeune fille qui a dû encaisser beaucoup alors qu’elle était vraisemblablement encore trop jeune pour tout assumer. Et en cela, elle est devenue forte : forte pour protéger Shoko mais peut-être aussi pour se protéger elle-même. Le rapport entre les deux sœurs est un axe qui est bien mis en exergue dans ce volume. La confiance devra donc également passer par cette jeune sœur au caractère affirmé pour que Shoya avance.

« Si tu es juste venu te racheter une conscience, rentre chez toi! » (Yuzuru) – Tome 2

Il n’en demeure pas moins que la trame narrative garde toujours ce même impact propre à nous interpeller. Les thèmes du pardon, de la reconstruction et du handicap sont toujours bien exploiter même si parfois, on regrettera quelques scènes qui pourront sembler incongrues (celle du cahier dans la rivière notamment ou encore la scène avec la mère de Shoya qui parfois aurait pu être mieux maîtrisée). L’expressivité est toujours aussi bien maîtrisée et la mangaka joue assez bien sur les regards et émotions de ses personnages. Le langage des signes apparaît très clair de façon assez surprenante et intelligente.

En conclusion, ce second volume vient confirmer les qualités du titre A Silent Voice. Malgré quelques maladresses, Yoshitoki Oima parvient à bien mettre en évidence les différents points de son récit.

Informations :

Titre VO : 聲の形
Titre original : Koe no Katachi
Genres : Romance, drame, tranche-de-vie, social
Nombre de tomes VF/VO  : 7 (Terminé)
Auteur : OIMA Yoshitoki
Édition VF : Ki-Oon
Prix : 6,60€

2 réflexions sur “A Silent Voice T.2 : Commencer à entendre la voix?

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