Fûka T.1 : De l’explosivité à revendre!

Fûka - Tome 1

Fûka – Tome 1 FUKA © KOUJI SEO / Kodansha Ltd.

En mars, nous avons pu découvrir le dernier titre de Kouji Seo : Fûka. Un titre paru aux éditions Pika et qui compte déjà quinze volumes au Japon. Alors que sa précédente série n’est pas encore achevée en France, A town where you live, l’éditeur a peut-être voulu surfer sur l’adaptation en anime. Ce premier volume réussit-il à séduire toutefois ?

Résumé :

Suite au départ de ses parents pour les États-Unis, Yû commence une nouvelle vie à Tokyo avec ses trois sœurs. Le garçon taciturne vit collé à son smartphone jusqu’à sa rencontre avec Fûka, une jeune fille dingue de musique, qui se balade les écouteurs vissés sur ses oreilles. Tout semble les séparer, mais Yû cache une sacrée carte dans son jeu… Après un premier contact explosif, Fûka va bouleverser son quotidien, pour le meilleur… et pour le pire  !

Source : Pika

Avis :

Je dois bien le reconnaître : j’ai commencé Fûka en ayant quelques appréhensions. J’avais plutôt apprécié Suzuka (qui a d’ailleurs un lien direct avec Fûka sans pour autant qu’il soit nécessaire de l’avoir lu). J’avais trouvé ce titre assez sympathique bien que possédant des clichés. Puis, je m’étais engagée dans A Town where you live qui, pour moi, s’avère être une réelle déception. Plus les tomes avançaient et plus je trouvais l’histoire de plus en plus enlisée. J’ai d’ailleurs fini par arrêter de le lire. De ce fait, j’étais déjà sur les starting-blocks quand j’ai eu le volume dans mes mains : Kouji Seo était attendu au tournant par moi (rire). Pour ma part, il est à présent bien ancré dans la tradition des Shônen romantiques à l’instar de Kei Sasuga avec GE – Good Ending chez Kana (une série que vous devez absolument lire !). Le problème que je note néanmoins chez ce mangaka, c’est qu’il a tendance à user de poncifs qui ne viennent qu’alourdir son récit là où il pourrait plus simple. Pour autant, je dois dire que j’ai apprécié ma lecture de Fûka.

« C’est alors que j’ai levé les yeux et que j’ai vu cette fille voler comme le vent… Le corps tout entier éclairé par la lumière de l’été. » (Yû) – Tome 1

D’entrée de jeu, le début se veut très… Musclé. En effet, on découvre Yû Haruna, jeune garçon qui s’apprête à mener sa vie de lycéen à Tokyo. Alors qu’il se promène, il va faire une rencontre détonante (dans tous les sens du terme) avec une jeune fille qui saute au-dessus d’une barrière avant de lui rentrer dedans. Et elle n’hésite pas à lui coller une monumentale beigne pensant qu’il se rince l’œil avec son téléphone. Mais plus loin que cette rencontre insolite, est loin de se douter que cette demoiselle va complètement bouleverser sa vie.

Fûka - Tome 1

Fûka – T.1 FUKA © KOUJI SEO / Kodansha Ltd.

Difficile quand on voit cette rencontre de ne pas avoir le sourire aux lèvres si on connaît Kouji Seo. Cette introduction rappelle assez rapidement Suzuka pour les connaisseurs. On peut penser que ce clin d’œil est clairement assumé par le mangaka dans la mesure où on l’apprend très vite : Fûka est la fille de Yamato et Suzuka. Quelque part, tout fait lien sans qu’il soit pour autant utile de tout connaître : on retrouvait déjà Yamato et Suzuka lors de brèves apparitions dans A Town where you live. Tout paraît se rejoindre d’une certaine façon ainsi. Et à la fin du volume, il ne manque pas de nous dire ce que sont devenus le couple phare de Suzuka, mais pas seulement puisque d’autres personnages sont également évoqués. Mine de rien, c’est plutôt plaisant à lire. Il reste que même sans connaître Suzuka, on arrive parfaitement à comprendre qui est qui.

Fûka demeure, pour ce premier volume, une bonne grosse introduction efficace. On découvre essentiellement les personnages et les fils de l’intrigue se mettent assez aisément en place. On regrette néanmoins cette tendance du mangaka à présenter le contexte familial de avec ses très impudiques sœurs. Cela est alors le lieu de pages de fan-service qui n’apportent rien à mon sens mais sont là pour titiller quelque peu. Les procédés s’avèrent également un peu gros : on ne se serait pas douter que soit dans le même lycée que… Fûka. Les situations hasardeuses n’en sont pas réellement et je me suis même demandé si finalement le mangaka n’assumait pas tout cela : Oui, il la croise par enchantement sur le toit du lycée ; oui, il a une amie d’enfance devenue une star de la chanson et dont est fan Fûka ; et oui encore, le concert où ils se rendent est… Celui de l’amie d’enfance (vous voyez…). Ces coïncidences sont tellement grosses que finalement, on en vient quelque part à les apprécier (art du paradoxe, je sais…). Je pourrais difficilement l’expliquer mais Kouji Seo possède une certaine manière de poser les choses avec maladresse tout en leur donnant malgré tout une forme de cohérence. Je pense que cela est lié aux personnages notamment qui insufflent beaucoup de dynamisme au titre.

Et très vite, le personnage qui se démarque est celui qui donne son nom au manga : Fûka. Il faut dire qu’elle impressionne de manière générale. Et quelque part, cela aurait pu la desservir. Mais ce qui est plutôt bien, c’est qu’on la découvre en même temps que si bien qu’au fur et à mesure, on découvre une personnalité de plus en plus contrastée. Fûka apparaît comme étant un peu marginale quelque part : elle n’a pas de téléphone et refuse d’en avoir un. Elle écoute sa musique dans un vieux baladeur CD (chose qui a été remplacée par nos téléphones maintenant) et elle s’affirme sans complexe faisant preuve d’une franche sociabilité. Ce qui lui vaut souvent des regards étonnés. Néanmoins, on peut s’interroger sur cette héroïne qui se rend souvent sur le toit de son lycée avec ses écouteurs sur les oreilles et qui semble avoir un manque. Ce manque pourrait-il être comblé par  ? Rien n’est dit mais tout est à supposer pour le moment.

« Mais lorsque je suis avec elle, j’ai parfois l’impression que même si elle donne l’air de s’amuser, c’est comme s’il manquait quelque chose à sa vie. » (Makoto) – Tome 1.

Fûka

Fûka et son éternel casque. FUKA © KOUJI SEO / Kodansha Ltd.

Ensuite, on découvre  : adolescent totalement assujetti à twitter. Mais est le type de l’adolescent qui essaie de se rendre intéressant. Cela passe par de nombreuses photos postées, des contacts dont avec son amie d’enfance et une forme d’expansion qu’il ne reflète absolument pas dans la réalité. En effet, on découvre davantage un adolescent taciturne et subissant les lubies de ses sœurs.  Le jeune homme vit donc dans une « joyeuse » colocation avec ses deux grandes sœurs et sa petite sœur collégienne suite à la mutation de son père aux États-Unis. J’ai trouvé le rôle des sœurs franchement lourd pour l’instant. A part imposer des choses à , on ne peut pas dire qu’elles soient très utiles… Peut-être que cela s’arrangera par la suite. Dans toute cette galerie de personnages, on fait également la connaissance de Nachi qui rêve d’intégrer Fûka au club d’athlétisme. Il faut dire que la réputation de ses parents est très présente. Et enfin Makoto, un bel éphèbe assumant clairement ses préférences et qui va sans doute devenir très vite un bon camarade de . Je pense que le plus dur pour le mangaka sera de bien exploiter ses personnages. Là encore, ce sont mes craintes qui parlent mais on sait qu’il peut facilement tomber dans l’excès. La présentation des personnages s’avère intéressante pour l’instant et les interactions fonctionnent très bien.

Bien évidemment, on ne peut pas passer à côté de ce qui semblera être le thème majeur de la série : la musique. Pour le moment, les éléments ne sont que des prémices.  Il faudra attendre de voir la suite pour voir si le mangaka arrivera à tirer son épingle du jeu.

« Du coup, quand je me sens triste, j’écoute de la musique. Ça me libère de toutes mes pensées négatives. » (Fûka) – Tome 1

Le dessin est assez caractéristique du mangaka si vous connaissez son travail. Des traits assez expressifs avec des décors bien mis en scène dans l’ensemble. La narration est plutôt limpide dans son ensemble. L’édition est assez correcte avec une traduction convaincante.

Pour terminer, ce premier volume de Fûka s’avère efficace. L’introduction arrive à nous embarquer grâce à son récit dynamique mais également son héroïne. Si cette dernière affirme une force de caractère, on s’étonnera des quelques moments « spleen » laissant à penser qu’elle n’a pas tout révélé.

 Informations :

Titre VO : 風夏 
Titre traduit : Fuuka
Genres : comédie, romance, musique, tranche-de-vie
Nombre de tomes VF/VO : 3/15 (en cours)
Auteur : SEO Kouji
Édition VF : Pika
Prix : 6,95€

Extrait en ligne : Fûka – T.1

 

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