La maison du Soleil T.1 : Une place pour apaiser son âme…

maison-du-soleil-1-pika

La maison du Soleil T.1 – Taiyou No Ie © TAAMO / Kodansha Ltd.

S’il y a bien un titre dont je souhaitais la licence depuis trèèèèès longtemps, c’est La maison du Soleil. En effet, j’ai découvert ce titre en… 2011! Vous voyez comme je la désirais cette licence. Mais surtout, j’avais vu en ce titre un petit baume pour le cœur si je peux l’appeler ainsi. Et ce sont les éditions Pika qui ont décidé, avec bonheur, de se lancer dans ce titre qui, je n’en doute absolument pas, saura vous charmer. En effet, le côté « acidulé » de la couverture est bien loin de la maturité qui se dégage de ce titre.

Résumé :

Une place rien que pour moi !

Petite, Mao passait ses journées dans la famille Nakamura. La vie y était joyeuse et insouciante et comblait le vide laissé par l’absence de sa mère, partie avec un autre homme, et celle de son père, travailleur acharné. Plusieurs années ont passé… Le père de Mao s’est remarié et construit une nouvelle vie de famille à laquelle la jeune fille se sent étrangère. Hiro, l’aîné des Nakamura, vit seul dans la maison familiale depuis le décès de ses parents. Face à la détresse de la jeune fille, il lui propose d’emménager chez lui…

Une romance poétique où l’optimisme apaise les blessures de l’âme…

Source : Pika.

Avis :

TAAMO, on ne la connaît pas en France mais je pense qu’avec ce titre, on va vouloir la découvrir un peu plus. Pour ma part, c’est grâce à ce titre que j’ai eu envie d’en découvrir un peu plus la concernant. Dès le départ, Taiyou no Ie (titre original) augurait quelque chose de bon, ne serait-ce que par le titre qui donnait envie de se jeter dans cette maison du soleil (puisque littéralement, c’est la signification) en question mais aussi parce que le manga a été prépublié dans le magazine Dessert qui, très souvent, offre des shôjo de qualité.

Ainsi, découvre-t-on très rapidement Mao et Hiro, deux jeunes marqués par la vie et ses désillusions en quelque sorte. Ils se connaissent depuis l’enfance. Mao a dû faire face à une grande déception plus jeune : le divorce de ses parents et le départ de sa mère avec un autre homme. La petite fille est donc restée avec son père mais ce dernier, travaillant beaucoup, n’était jamais présent. De ce fait, la jeune fille a pris l’habitude d’aller très fréquemment chez ses voisins : les Nakamura. Une maison où elle avait notamment l’occasion de découvrir la chaleur d’une maison unie autour des trois enfants du couple Nakamura : Hiro (l’aîné), Daiki (le petit frère) et enfin Hina (la petite dernière). Il faut dire que ce contexte la changeait de la froideur de sa mère. Mais cette chaleur humaine va disparaître lorsqu’un accident emporte les parents Nakamura, ce qui a amené à l’explosion de la famille puisque Daiki et Hina sont allés vivre ailleurs considérés comme trop jeunes pour vivre avec Hiro qui a choisi de rester dans la maison familiale. Les années passent et on découvre de nouveau les personnages : Mao est à présent une lycéenne de 17 ans tandis que Hiro est un jeune actif de 23 ans. Ils continuent de se voir de temps en temps. Et on peut dire que tous deux ont une relation assez fraternelle en considérant les choses. Mais le quotidien de Mao va encore être chamboulé par l’annonce du remariage de son père. Une situation qui va se révéler difficile à gérer pour la jeune fille qui a toujours eu le sentiment de ne pas avoir sa place dans cette nouvelle famille. C’est ainsi qu’elle va se retrouver recueillie par Hiro qui lui propose de venir habiter chez lui.

9782811630294_pg

La Maison du Soleil T.1 Taiyo No Ie © TAAMO / Kodansha Ltd.

Le scénario met surtout en scène deux aspects de ce que j’ai pu lire : Tout d’abord, le fait que le personnage de Mao ne se sente pas à sa place. La jeune fille a du mal à s’intégrer et même si elle n’en montre souvent rien, elle en souffre. Elle a un petit côté « tsundere » qui l’empêche de vraiment montrer ses sentiments. Petite, on voit que la famille d’Hiro constitue pour elle une enfance heureuse, voire un havre de paix. Elle le voit comme un cocon protecteur qui lui permettra d’avoir une vie future stable, ce que ses parents ne semblent pas pouvoir lui offrir. Elle se sent d’ailleurs comme une enfant non désirée. Elle prend donc tout sur elle et trouve une échappatoire à travers son roman qui connait un certain succès d’ailleurs et qui s’intitule également Taiyou no Ie. Ensuite, la relation entre Hiro et Mao. Le jeune homme est un peu plus âgé qu’elle (il était au collège il me semble, quand elle était au primaire), mais on sent assez vite que la relation entre les deux va offrir une situation assez compliquée. Mao semble avoir un béguin pour Hiro, même si je la vois encore mal se l’avouer. Mais, elle est touchée par les marques d’attention du jeune homme qui, même plus jeune, trouvait souvent les mots pour la réconforter. Et même si Mao a souvent du mal à dire « merci », ce sont des émotions qui la touchent. On voit qu’elle se contient comme si elle avait peur de dire les choses. En cela, son roman pour mobiles apparaît comme un exutoire où elle peut se livrer et dire ses réelles pensées.

« Ma maison a disparu. Je n’ai plus aucun endroit où rentrer. Personne ne m’attend. Personne n’a besoin de moi. » (Mao) – Tome 1

La Maison du Soleil a un titre un peu trompeur (du moins, dans les premiers tomes). En effet, le titre aborde des aspects assez difficiles. Mao et Hiro sont des « enfants » ayant subi des choses compliquées et ont souvent eu la sensation d’être ballottés par les divers problèmes rencontrés : divorce, remariage, disparition voulue ou non des parents, démission du père de Mao (dans le sens où il est très souvent absent). Mais c’est dans ce contexte difficile que l’on découvre réellement les personnages et surtout que l’on s’attache à eux.

01

La Maison du Soleil T.1 Taiyo No Ie © TAAMO / Kodansha Ltd.

Le personnage de Hiro s’avère vraiment bienveillant et protecteur. On le voit s’inquiéter réellement de la situation de Mao. Et quand il lui propose de vivre avec lui, on sent que c’est spontané et sans arrière-pensée. C’est un cadre dynamique qui essaie d’avoir souvent le sourire comme mieux cacher sa propre détresse. On apprend également qu’il est un fervent lecteur de « La Maison du Soleil » car cela lui rappelle bien des souvenirs. On voit que le personnage a des vues sur sa collègue, Melle Sugimoto, qu’il pense être l’auteur du roman. Or, il est loin de se douter de la vérité. On comprend ainsi que le roman aura sans doute une certaine importance dans le récit permettant vraisemblablement des révélations sur la durée. C’est un personnage qui a appris (par la force des choses) à grandir seul. Si bien que parfois, on peut s’amuser de son souci pour les tâches domestiques. Mais dans le fond, on finit surtout par voir un jeune homme cachant une grande tristesse et marqué par l’éloignement avec son frère et sa sœur. Le côté stoïque qu’il affichait lors de l’enterrement de ses parents n’est qu’une preuve de plus qu’il cache presque constamment ses sentiments. A cet égard, je pense que les deux personnages se complètent d’une certaine manière. Seuls tous deux d’un point de vue social, ce sera sans doute l’évolution de leur relation qui sera le point d’orgue du manga.

« Pouvoir s’inquiéter pour quelqu’un… Ça a quelque chose d’agréable. » (Hiro) – Tome 1

Là où la mangaka s’avère plutôt astucieuse, c’est dans le fait de ne pas focaliser uniquement sur le point de vue de Mao. Si  on ressent ses émois et tracas, Hiro n’est pas en reste et bien souvent, on découvre également ses états d’âme. Une manière de bien ancrer le « background » des personnages dont on sent que le développement intérieur devrait gagner en maturité au fur et à mesure.

La dimension tranche-de-vie du titre se ressent tout le long. Et parfois, on sent des pointes nostalgiques ou mélancoliques survenir. On voit que l’installation de Mao chez Hiro occasionne des regrets liés au décès des parents de ce dernier. Mais surtout, même si la mangaka ne l’évoque pas encore réellement dans ce tome, on se demande comment le jeune adolescent qu’il était, à l’époque, a pu se construire dans cette maison seule.

Cependant, la « vie » l’emporte rapidement sur le reste et on arrive à cerner pourquoi le manga porte ce titre. Très rapidement, la cohabitation va devenir le lieu où Mao va découvrir ce qui lui manquait : un cadre, des règles, de nouvelles conditions de vie qui plaisent beaucoup plus à la jeune fille que ce qu’elle laisse paraître. Elle est contente que l’on se soucie d’elle mais elle est loin de se douter que cela  permet également à Hiro de retrouver une position. Ces petits bonheurs simples sont vraiment touchants et renforcent l’attachement que l’on a pour les personnages.

Du point de vue graphique, le dessin est plutôt plaisant et doux, même si je n’ai pas trop adhéré aux yeux des personnages qui manquent d’élégance. Il y a beaucoup de clarté de manière générale comme pour être en adéquation avec le titre. Du côté de l’édition de Pika, c’est un honnête travail. La traduction est très satisfaisante notamment pour coller aux caractères des personnages.

La Maison du Soleil est l’excellente nouveauté proposée en ce début d’année. Les thèmes délicats et la sincérité des personnages donnent un ensemble vraiment attractif. Jetez-vous sur ce titre !

Informations :

Titre VO : たいようのいえ
Titre traduit : Taiyou no Ie
Genres : shôjo, romance, drame, tranche-de-vie
Nombre de tomes VF/VO : 1/13 (en cours/terminé)
Auteur : TAAMO
Édition VF : Pika
Prix : 6,95€

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s