Love, be loved, Leave, be left T.1 : L’amour n’aura jamais été si complexe…

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Love, Be Loved Leave, Be Left OMOI, OMOWARE, FURI, FURARE © 2015 by Io Sakisaka/SHUEISHA Inc.

L’été dernier, les éditions Kana nous ont proposé de découvrir le nouveau titre de Io Sakisaka : Love, be loved, Leave, be left. On ne présente plus la mangaka dont on avait pu découvrir auparavant Strobe Edge et Blue Spring Ride. Deux titres qui montraient déjà qu’elle excellait dans l’art de véhiculer les sentiments. Ce nouveau titre ne fait pas exception mais s’avère truculent dans sa façon d’aborder l’amour. Laissez-vous séduire par les histoires de Yuna et Akari.

Résumé :

Yuna et Akari se rencontrent sur un quai de gare. Sans s’être jamais croisées auparavant, elles s’aperçoivent que, en plus d’habiter dans le même immeuble, elles fréquentent le même lycée ! C’est le début d’une amitié entre deux filles que tout oppose ; si Yuna est une fille rêveuse et romantique, Akari se veut plus réaliste quant aux relations amoureuses.

Et les choses évoluent quand Yuna tombe sous le charme de Rio, le demi-frère d’Akari, et que cette dernière s’éprend de l’ami d’enfance de Yuna, Kazuomi. Leur vision respective de l’amour va être mise à rude épreuve…

Source : Éditions Kana

Avis :

Io Sakisaka est de retour!!! (Si vous ne le savez, c’est une de mes mangakas préférés). Et quel plaisir de retrouver la mangaka avec une nouvelle série après les très touchants Strobe Edge et Blue Spring Ride (ce n’est pas une raison pour occulter également ses autres titres qui sont aussi très sympathiques). Elle nous revient ici avec une histoire où on reconnaît aisément sa patte. Et pourtant, loin d’être révolutionnaire, l’histoire parvient très rapidement à nous intéresser. Il faut dire que c’est un peu le talent de la mangaka : captiver avec des histoires, somme toute, simples. Et Love, Be Loved, Leave, Be left n’y fait pas exception laissant présager plusieurs romances intéressantes à suivre.

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Omoi, Omoware, Furi, Furare © 2015 by Io Sakisaka/SHUEISHA Inc.

Il faut dire que Io Sakisaka sait souvent nous régaler avec ses héroïnes énergiques et qui se veulent un brin plus réalistes que dans les shôjo purement romantiques. Le côté volontaire de ces dernières offre fréquemment de jolis moments et finalement, malgré tous les doutes qui peuvent les envahir, on les voit avancer et mûrir. Le point le plus intéressant dans ce nouveau titre est le fait qu’on ne s’intéresse pas à une héroïne mais à deux. Cela nous permet alors de voir deux façons d’appréhender l’amour.

« Personne n’a envie d’être blessé. On préfère pouvoir garder le sourire. » (Yuna) – Tome 1

Dans un premier temps, on suit davantage les choses d’après le point de vue de Yuna. Cette dernière apparaît très vite comme une jeune fille timide, peu sûre d’elle et qui idéalise grandement l’amour. Mais c’est surtout une jeune fille qui a peur de se sentir délaissée après le déménagement de sa meilleure amie Sacchan. Une angoisse qui fait que la jeune fille est encore moins confiante. Preuve en est, elle marche toujours la tête baissée jusqu’à… une rencontre qui va subjuguer la jeune fille même si cela se déroulera dans des circonstances inattendues voire comiques. Mais c’est aussi grâce à cela que les choses vont s’enchaîner d’une certaine façon et que Yuna va faire la connaissance d’Akari. Cette dernière va se retrouver dans une situation compliquée et Yuna lui sera d’un grand secours. J’ai plutôt apprécié le fait qu’à plusieurs reprises, on rappelle que cela arrive très rarement dans la vie réelle puisqu’en général, on fait peu confiance aux inconnus. Mais on comprend parfaitement que cela sert le cadre de l’histoire et pour à amorcer la future amitié entre Yuna et Akari. Je ne préfère pas entrer dans les détails pour vous laisser le soin de découvrir leur rencontre insolite.

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Tome 1 – Omoi, Omoware, Furi, Furare © 2015 by Io Sakisaka/SHUEISHA Inc.

Dans tous les cas, ce que l’on remarque très rapidement concernant les jeunes filles, c’est qu’elles sont radicalement opposées. Certes, d’un point de vue physique mais c’est normal mais surtout d’un point de vue mental. Néanmoins, malgré cette forte opposition, elles arrivent parfaitement à s’entendre d’autant qu’elles font découvrir qu’elles vivent dans le même immeuble, ce qui va encore plus rapprocher les demoiselles. Cette rencontre marquera quand même le début d’une petite révolution si je peux m’exprimer ainsi. On arrive très facilement à percevoir qu’Akari a réellement envie de « booster » Yuna, de l’aider à prendre confiance en elle voire à la protéger d’une certaine façon, surtout d’une personne en particulier. Elle a du mal à concevoir qu’on puisse attendre passivement que les choses se bougent. Mais le personnage d’Akari reste quand même un peu troublant : si la jeune fille ne cache rien du fait qu’elle entretienne une relation à distance, on s’étonnera quelque peu de sa manière assez stoïque d’aborder les choses. On peut sans doute mettre cela sur son caractère très terre-à-terre mais autant les émotions de Yuna se lisent sur son visage, autant Akari va sembler plus imperturbable. Il est à parier que cette amitié pourrait amener Akari à être moins impassible même si pour l’instant, elle trouve Yuna beaucoup trop « fleur bleue ». Cette dernière aura, de son côté, l’impression qu’Akari prend les choses de façon trop « sereine » (même si je ne sais pas si le terme convient tout à fait). Quelque part, c’est aussi cette opposition qui ajoute de l’intérêt au titre car j’ai eu un vague pressentiment que le titre allait jouer sur la façon dont les « barrières » allaient tomber sans que les personnages ne s’y attendent. En outre, même si peu de choses ont été réellement développées, on arrive à envisager le cheminement possible de la mangaka. On se doute que dans ces deux visions, aucune des deux n’a réellement de réponses sur l’amour mais c’est aussi un moyen pour la mangaka de reprendre des thèmes chers à ce qu’on a déjà pu lire dans ses précédents titres. On voit que c’est surtout la façon dont deux adolescentes sont en train de se construire qui est mise en exergue avec la confiance chez Yuna et l’expressivité chez Akari qui, au fond, cache assez bien une certaine tristesse.

« Je trouve qu’Akari est très légère en amour. J’ai l’impression que ce n’est pas bien. » (Yuna) – Tome 1.

« Je ne suis pas sûre… D’avoir le droit de faire subir ma souffrance ou ma tristesse à mes amis. » (Akari) – Tome 1.

Cette évolution va aussi se faire avec l’entrée en scène des deux garçons du titre. Rio et Inui. Là encore, on peut dire qu’on a une opposition de style entre les deux. Rio se contente du fait qu’une fille soit jolie pour apprécier une confession. C’est un personnage un peu ambigu. On n’arrive pas encore très bien à le sentir tout comme sa sœur ne semble pas lui faire confiance, le sermonnant fréquemment surtout quand elle estime qu’il se comporte mal avec Yuna. Mais derrière, on a aussi la sensation que c’est un personnage qui expérimente, qui ne réalise pas tant les choses, qui essaie de faire au mieux mais comme s’il tâtonnait. C’est très difficile à expliquer mais même si on se demande pourquoi Akari est aussi dure avec lui, je n’ai pas forcément eu la sensation qu’il était si affreux même si ses attentes concernant une jeune fille sont assez réductrices voire superficielles. Est-ce pour mieux cacher autre chose ? La fin du volume ne laisse aucune place au doute. Par ailleurs, un autre élément troublant le concernant est sans aucun doute la façon dont il cherche à s’excuser auprès de Yuna. Io Sakisaka semble prendre un certain plaisir à nous faire comprendre que le personnage pourrait être plus complexe que ce qu’il laisse paraître. Quant à Inui, il apparaît pour l’instant comme le bon pote attentionné. Comme Akari, il aimerait que Yuna ait davantage confiance en elle, mais chose qui surprend la première, c’est que les deux n’aient jamais envisagé une relation amoureuse. Un élément qui déstabilise fortement Akari d’ailleurs. En effet, pour elle, les deux jeunes gens sont incapables de se rendre compte de leurs sentiments. Et elle va se donner comme mission cachée de faire en sorte qu’Inui soit avec Yuna. Sauf que les choses risquent de ne pas se dérouler comme elle souhaiterait surtout si son cœur fait des siennes. Eh oui, on arrive à noter de légers troubles chez cette dernière en présence d’Inui. Pourtant, ce dernier semble bien loin de ces considérations. Pour lui, l’amour est un grand mystère qu’il n’essaie pas forcément de résoudre. Il donne davantage l’impression qu’il prend les choses comme elles viennent sans forcer. Avec Rio, on ne peut s’empêcher de penser que les deux ont un regard assez détaché sur l’amour mais que les divers bouleversements qui devraient arriver pourraient bien les perturber par la suite.

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Tome 1 – Omoi, Omoware, Furi, Furare © 2015 by Io Sakisaka/SHUEISHA Inc.

Vous l’aurez compris, Io Sakisaka amorce déjà de nombreux enjeux dont on esquisse les problèmes à venir. Entre Yuna qui paraît avoir une attirance pour Rio, ce dernier qui paraît peut-être trop « libéré » pour le moment (mais pour mieux cacher son vrai trouble), Akari qui joue les entremetteuses mais qui pourrait se faire prendre à son propre piège et enfin Inui qui cerne difficilement les questions de l’amour, on sent que tout un imbroglio sentimental se met lentement en place. Mais surtout, sans nous déconcerter. Comme toujours, la fluidité narrative de la mangaka fait des merveilles nous permettant très facilement d’adhérer à ce qui est proposé. En outre, le fait que l’on soit dans une certaine indétermination amoureuse crée une certaine attente. On ne sait pas quelle direction vont prendre les personnages, comment vont se mettre en marche les relations et surtout les déclics que cela pourrait occasionner chez les personnages car à n’en pas douter, certains personnages pourraient avoir des prises de conscience. On appréciera toujours le tact de la mangaka pour dépeindre des personnages assez justes et auxquels on s’attache facilement. D’autant que certains phénomènes d’identification peuvent facilement survenir.

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Omoi, Omoware, Furi, Furare © 2015 by Io Sakisaka/SHUEISHA Inc.

La qualité graphique de Io Sakisaka n’est plus à démontrer. Bien sûr, on pourra penser que les personnages se ressemblent un peu mais les lignes des visages sont toujours élégantes. La finesse est un bon point même si on notera que le fond doit encore s’étoffer. Il reste qu’on ne peut que se régaler devant ce travail. Une vraie fraîcheur de manière générale !

Je suis déjà très séduite par ce nouveau titre prouvant encore et toujours que la mangaka dépeint les sentiments avec une très grande subtilité. La traduction est très soignée et pour un premier volume, on se laisse facilement charmer. Un titre qu’il faut suivre sans aucun doute !

Informations :

Titre VO : 思い、思われ、ふり、ふられ
Titre VF : Omoi, Omoware, Furi, Furare
Genres : shôjo, romance, tranche-de-vie
Nombre de tomesVF/VO : 3/4 (En cours)
Auteur : SAKISAKA Io
Édition VF : Editions Kana
Prix : 6,85€

 

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