Orange : avancer grâce aux actes manqués du passé…

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Orange – Anime ©2016 Ichigo Takano- Futabasha/orange project

C’était l’anime attendu cet été 2016 : Orange issu du manga du même nom d’Ichigo Takano. Et si l’anime a globalement tenu ses promesses, il n’a pas pour autant été exempt de petits défauts mais qu’on peut aisément lui pardonner. Je me propose de revenir sur cet anime qui a su se montrer émouvant et touchant disponible sur Crunchyroll.

Résumé :

Un matin, alors qu’elle se rend au lycée, Naho reçoit une drôle de lettre… une lettre du futur ! La jeune femme qu’elle est devenue dix ans plus tard, rongée par de nombreux remords, souhaite aider celle qu’elle était autrefois à ne pas faire les mêmes erreurs qu’elle. Aussi, elle a décrit, dans un long courrier, les évènements qui vont se dérouler dans la vie de Naho lors des prochains mois, lui indiquant même comment elle doit se comporter. Mais Naho, a bien du mal à y croire, à cette histoire… Et de toute façon, elle manque bien trop d’assurance en elle pour suivre certaines directives indiquées dans ce curieux courrier. Pour le moment, la seule chose dont elle est sûre, c’est que Kakeru, le nouvel élève de la classe, ne la laisse pas indifférent…

Source : Manga-News.

Avis :

Succès incontesté chez Akata, il paraissait presque évident que le manga Orange ait également une adaptation en anime. Et c’est cet été que l’on a pu découvrir la production du Studio TMS qui avait la lourde charge d’adapter les cinq volumes tout en sachant qu’un film live était également prévu. Un anime qui s’avère dans son ensemble réussi apportant une touche émotionnelle, une part de science-fiction et un certain suspense tout le long. Orange a tenu relativement bien ses promesses pourtant, tout n’est pas sans défaut même si j’ai pris un réel plaisir à suivre chaque semaine ces treize épisodes.

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Orange ©2016 Ichigo Takano- Futabasha/orange project

Je pense qu’il est inutile de revenir réellement sur l’intrigue mais dans un souci de découverte pour ceux qui ne connaîtraient pas du tout (c’est possible ça ?!), il convient toutefois d’en parler quelque peu : Naho est une jeune lycéenne plutôt banale quoiqu’un peu timide. Elle va faire une découverte étonnante : elle va recevoir une lettre expédiée par elle-même mais dix ans plus tard. Cette Naho du futur l’avertit que ses nombreux choix effectués à seize ans ont eu de lourdes répercussions dans l’avenir et notamment concernant le garçon dont elle était amoureuse : Kakeru. Très vite, elle apprend que dans le futur, Kakeru n’est plus là.

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Orange ©2016 Ichigo Takano- Futabasha/orange project

Globalement, j’ai grandement apprécié de suivre Orange. Il faut dire qu’étant une grande adepte des tranches-de-vie, il était presque évident que j’allais jeter un œil sur l’anime. Le manga étant lui-même si excellent qu’il y avait à la fois des attentes comme des appréhensions sur cet anime. Orange est un titre largement sentimental puisque les relations amoureuses ont quand même une large part mais loin de se cantonner pour autant à cet aspect, c’est surtout la richesse du titre qui prévaut et ce, dans la façon dont il aborde les complexités de l’âme humaine si je puis dire. En cela, l’anime essaie de manière assez juste de retranscrire ce point, ce qui concourt à en faire quelque chose d’assez poignant. Là où on pouvait avoir quelques craintes, c’était notamment dans la façon dont futur et passé allaient s’entrecroiser en quelque sorte. Sur ce point, j’ai été plutôt rassurée en ce qui me concerne : j’ai trouvé que la série présentait assez bien le quotidien de Naho et la manière dont elle allait essayer de changer les évènements tout le long. L’intrigue n’est pas aseptisée et les rebondissements restent présents tout le long. La sincérité des sentiments paraît bien mise en avant dans l’anime et ce, grâce à ces six personnages. Il y a un point qui m’a autant interpellée que dans le manga : c’est cette volonté de vouloir nous enseigner un précepte fort autour de la nécessité de vivre l’instant présent afin de vivre sans regret. Tout le long, on ressent cette envie chez Naho et plus largement, chez tous les personnages. Plus les éléments progressent, plus cela devient un leitmotiv auquel ils se raccrochent.

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Orange ©2016 Ichigo Takano- Futabasha/orange project

Bien sûr, l’intérêt de l’anime réside (comme dans le manga) dans la relation entre Naho et Kakeru. Pour ma part, j’ai trouvé qu’à nouveau, l’anime essayait de retranscrire assez fidèlement cette relation. Certes, il ne faut pas s’attendre à des retournements de situation extraordinaires mais c’est le travail sur les personnages qui restent intéressants. Quelques fois, j’ai pu regretter de ne pas voir la même intensité visuelle chez les personnages dans l’anime car je trouvais que le manga mettait cela mieux en exergue. Néanmoins, on est loin du cliché et quoi que puisse en dire certains (puisque sur les réseaux sociaux, il y avait des déçus^^), la sincérité des personnages me paraît bien véhiculée. En outre, l’anime parvient assez bien à montrer l’évolution du couple phare comme des autres personnages. En effet, le côté « stéréotypé » que l’on peut ressentir lors du premier épisode s’estompe au fur et à mesure préférant nous apostropher sur les questionnements des personnages qui peuvent facilement faire écho en nous. La difficulté de trouver réellement le bonheur est notamment l’une des questions majeures. Finalement, ces treize épisodes passent à une vitesse folle et même le dernier qui s’étend sur quasiment une heure défile sans qu’on s’en rende compte.

Il y a tout de même un point qui m’a quelque peu déroutée dans l’anime et que je ne ressentais pas autant dans le manga, c’est la façon dont on essaie de chercher à expliquer les aspects « scientifiques » liés aux bonds dans le temps. Je dois bien avouer que sur la fin de l’anime, cela se fait plus présent et j’ai trouvé que c’était dommage de chercher à être cartésien là où le fil directeur mise sur l’émotion. La dimension presque « mystique » du manga n’est en rien dérangeante à mon sens. Après, je peux concevoir que pour les plus rationnels, une explication peut demeurer nécessaire. Je chipote sans doute quelque peu, j’en conviens…

Si vous cherchez des surprises dans l’anime, vous n’en aurez pas (et si vous avez lu le manga, vous ne pourrez qu’être d’accord). En effet, de manière générale, l’anime ne dévie pas réellement du manga. S’il y a quelques libertés, pour autant, je ne les ai absolument pas trouvées perturbantes. En cela, on peut ressentir des sentiments variés à cet égard. Il y a des animes qui prennent de vraies libertés pour reconstruire le titre en quelque sorte tandis que d’autres ne le font pas. Je ne sais pas si on peut voir cela comme un manque d’audace du studio ou tout bêtement une volonté de retranscrire comme il se doit les intentions d’Ichigo Takano. Je crois que sur ce point, cela dépend essentiellement des attentes des téléspectateurs. Il m’est arrivé, à certains moments, de penser que l’anime aurait pu jouer sur tel point ou autre mais l’ambiance douce-amère, la vivacité des personnages ou encore leurs troubles sont, à mon sens, bien mis en évidence. De ce fait, on pourrait crainte une forme de redondance mais ce n’est pas ce que j’ai ressenti.

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Orange ©2016 Ichigo Takano- Futabasha/orange project

Là où j’avais de vraies craintes, c’est sans doute au niveau de l’intensité émotionnelle. J’avais peur que l’anime ne tombe dans un pathos trop larmoyant. Il est vrai qu’Orange dégage de telles émotions que souvent, on peut avoir les larmes aux yeux ou tout simplement pleurer. Mais de ce côté-là, je trouve que l’anime a réussi à trouver le juste équilibre. Les personnages et leurs douleurs nous apparaissent vraiment de manière criante mais sans trop en faire. Je sais qu’il y a plusieurs passages où j’ai été submergée par l’émotion et ça, je ne pensais pas que cela surviendrait mais parfois, on ne la contrôle pas…

Et pourtant, même si l’anime est plaisant à regarder, j’ai été assez peinée de voir des ratés ; notamment au niveau de l’aspect technique. Au départ, j’ai beaucoup apprécié le visuel, sans compter que les cadres sont magnifiques. Quand on sait que les lieux sont existants, cela donne une touche d’authenticité indéniable. J’ai été impressionnée par les premiers épisodes mais je ne sais pas si cela est lié à mon ressenti, j’ai trouvé que le visuel se dégradait de plus en plus au fur et à mesure. Les personnages deviennent de plus en plus dégrossis et on note de réels déséquilibres dans leurs formes. Finalement, d’un travail qui semblait abouti, on arrive à quelque chose de plus en plus approximatif. Même les couleurs qui étaient bien chatoyantes au départ sont gagnées par une espèce de fadeur qui dessert cruellement l’anime.

Toutefois, malgré ce travail quelque peu décevant, il faut reconnaître que tout le long, l’anime cherche à jouer sur cette dualité sombre/lumineuse. Sombre notamment avec le personnage de Kakeru en proie à un mal-être et une culpabilité si forte qu’il ne parvient pas à voir les lumières qui l’entourent. Et lumineuse par la présence des autres personnages, déterminés, chacun à leur manière de tout faire pour éviter l’inéluctable. De ce fait, cela se marie parfaitement avec cette ambiance douce-amère que j’évoquais ci-dessus. Il y a parfois un côté poétique qui se dégage de la mise en scène tout comme de la lecture de certaines lettres. Le tout est assez bien sublimé par la bande-son qui est plutôt réussie instaurant un climat intimiste souvent salutaire. Cela n’empêche pas l’anime d’avoir des moments propres à l’amusement.

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Orange ©2016 Ichigo Takano- Futabasha/orange project

En conclusion, cette adaptation réussit à respecter l’œuvre de la mangaka. Elle s’avère émouvante et dégage des valeurs humaines qu’on a tendance à trop facilement oublier aujourd’hui. Les interactions entre les personnages et l’attachement que l’on éprouve à leur égard sont des points qui permettent indéniablement de passer un excellent moment. Si la qualité de l’animation nuit quelque peu à l’anime, cela n’empêche aucunement d’apprécier la richesse de celui-ci.

Informations :

Titre VO : オレンジ
Titre original : Orange
Année : 2016
Studio : TMS
Genres : romance, drame, tranche-de-vie, fantastique, social
Réalisateur : HAMASAKI Hiroshi
Nombre d’épisodes : 13
Licencié par : Crunchyroll
Durée : 24 min environ

4 réflexions sur “Orange : avancer grâce aux actes manqués du passé…

  1. Pika Chouw dit :

    Coucou, oui je viens m’incruster dans les commentaires X)
    J’ai moi même vu cet anime et j’ai également beaucoup je l’ai vu récemment et dès que je l’ai finit, je me suis empressé d’écrire un article là-dessus !! En tout cas c’est un super article, je ferais en sorte de passer de temps en temps

    J'aime

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