Blue Morning T.1 : « Je t’aime, moi non plus… »

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Blue Morning – Tome 1 © by HIDAKA Shôko / Tokuma Shoten

Dans le monde du boy’s love, s’il y a bien une mangaka à connaître, c’est Shôko Hidaka. Déjà bien connue en France, c’est aux éditions Boy’s Love d’IDP dans la collection « Hana » qu’on a pu découvrir un de ses nouveaux titres : Blue Morning. Un titre mature et complexe où la mangaka semble aimer torturer ses personnages. Un titre qui vaut d’autant plus le coup d’oeil qu’il vient d’être dans le haut du classement du Kono BL ga Yabai 2017.

Résumé :

Une belle demeure, des domestiques, les lourdes responsabilités qui incombent à un jeune héritier du domaine familial et son froid et cruel précepteur… L’ambiance de Yuutsu no asa vous transportera dans un autre temps ! Devenez les témoins de l’histoire intemporelle du «Je t’aime moi non plus» ! Depuis la mort de son père, Akihito Kuze a dû endosser le rôle de Vicomte et reprendre les rênes de la famille. Et celui qui prend en main l’éducation de ce dernier n’est autre que le beau et intelligent intendant familial, Satoshi Katsuragi. Mais Katsuragi, qui est pourtant remarqué pour ses qualités en société agit de manière très froide avec Akihito. «Est-ce qu’il me déteste ?!» Akihito qui est attiré par Katsuragi veut connaître la raison de ce rejet ! Plongez dans cette épopée romanesque racontant l’amour d’un jeune vicomte et de son intendant !!

Source : Boy’s Love IDP.

Avis :

Après Hana wa saku kaShôko Hidaka excelle (il faut que je vous parle de ce titre également !!); je dirais que ce yaoï est aussi un bon titre, même s’il s’avère un peu plus dur voire plus ambitieux. Et c’est sans doute pour cette raison que je l’ai tout autant apprécié.

On ne présente plus réellement Shôko Hidaka. Si vous ne la connaissez toujours pas, je ne peux que vous inciter à vous pencher sur ses titres. Avec Blue Morning, on peut penser que c’est le titre le plus en marge de l’auteure. La raison ? Une histoire ancrée à une époque particulière et où héritage, manipulations et conflits familiaux paraissent former le ciment de ce titre.

Ainsi, plonge-t-on dans une époque paraissant se situer sous l’ère Meiji. Une période d’ouverture du Japon puisqu’on y découvre que le pays cherche davantage à se tourner vers l’Occident, que le capitalisme devient de plus en plus grandissant ou encore que l’architecture du pays tend à se modifier.

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Blue Morning – © by HIDAKA Shôko / Tokuma Shoten

C’est ainsi que l’on va découvrir les personnages que la mangaka prend le temps d’installer à travers des bases montrant dans un premier temps Akihito à l’âge de 10 ans devant s’acclimater à sa nouvelle vie sous la vigilance de son majordome : Katsuragi. Ainsi, on découvre l’univers dans lequel va évoluer le petit garçon : un monde fait de faste mais aussi de contraintes auxquelles le jeune garçon devra vite s’habituer, ce qu’il fait assez maladroitement. Mais à côté de cela, la mangaka montre déjà le positionnement de l’enfant par rapport à la droiture de Katsuragi.

« Je me présente, je suis l’intendant familial. Et à partir d’aujourd’hui, c’est moi qui prendrai en charge votre éducation. » (Katsuragi) – Tome 1.

Le jeune homme qui possède des airs sévères inspire au début une réelle crainte au garçon. Mais en l’observant davantage, il commence à se prendre de fascination pour Katsuragi et tout doucement, il va commencer à être troublé.

« Lui, le rang social ou le titre… Il s’en fiche complètement. C’est cela qui est admirable chez lui et qui force le respect. » (Akihito) – Tome 1

Je vous rassure, il n’est aucunement question de shôta ici. La mangaka préfère laisser un petit laps de temps s’écouler, si bien que l’on retrouve Akihito lycéen. Cela m’a du coup rappelé Super Lovers pour l’âge des personnages. Il est vrai que j’avais un peu peur, je dois bien l’avouer, mais la mangaka va un peu bouleverser le rapport uke/seme.

En effet, pour parler de la relation de Katsuragi et Akihito, elle ne va pas dans la simplicité. C’est une relation complexe, sombre, faite de beaucoup de secrets autour des origines de Katsuragi. Une relation où on l’impression que Katsuragi déteste parfois le jeune homme, mais sans que l’on sache pourquoi. Une haine sourde qui met à mal le jeune vicomte qui est tombé totalement sous le charme de Katsuragi au fur et à mesure. Et dans leur relation, on assiste à quelque chose d’assez troublant : C’est Akihito qui prend réellement les devants, même s’il se comporte de manière assez craintive, voire un peu exaspérante par moment dans sa conception de l’amour. Et c’est Katsuragi qui subit, alors qu’il donne de lui une apparence très froide. Leur relation est très ambigüe, un mélange entre amour et répulsion qui pourrait rappeler parfois Le jeu du chat et de la souris en moins violent.

Enfin… Il y a tout de même une scène qui m’a laissée assez perplexe…Et c’est d’autant plus troublant quand on voit que c’est le timoré Akihito qui en est à l’origine. Mais du coup, cela bouleverse l’ordre établi et quelque part, c’est aussi une bonne chose de jouer avec les codes yaoï souvent trop ancrés dans une tradition.

« Je pensais que nous avions bâti une relation de confiance vous et moi. Vous voulez vraiment tout gâcher? » (Katsuragi) – Tome 1.

On a l’impression qu’Akihito est dans une espèce de dépendance qui le conditionne. C’est parfois dérangeant, mais assez intéressant également. Quant à Katsuragi, c’est très particulier car on a en permanence la sensation qu’il manipule dans l’ombre et ce, quitte à devoir payer de sa personne. Quel est son réel but ? On n’arrive pas à le déterminer dans ce premier volume. Cela fait de lui un personnage sombre, énigmatique mais quelque part fascinant car on est dans une attente tenant en haleine le concernant.

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Blue Morning Tome 1 – © by HIDAKA Shôko / Tokuma Shoten

En outre, on ne s’intéresse pas qu’à cette relation puisqu’il y a tout un travail fait quand même sur l’aspect historique ou sur les rangs sociaux assez marqués. Il semble qu’il y ait une intrigue en parallèle liée à Katsuragi qui est bien soupçonneux, ne révélant rien sur ses origines et semblant avoir une revanche à prendre. Mais je ne suis pas totalement sûre pour le coup. Une dimension un peu plus « politique » si je puis dire qui n’est pas pour déplaire et qui donne une certaine profondeur à ce yaoï.

Quant aux dessins, je dois dire que j’accroche assez aux dessins de la mangaka : un trait fin et élégant et des émotions qui trahissent assez bien les troubles des personnages. On appréciera l’édition de Boy’s Love avec les pages couleurs qui font leur effet au début. On regrettera toutefois quelques tournures de phrases paraissant assez hasardeuses par moment et rendant du coup la syntaxe bien maladroite.

Un yaoï qui me semble valoir la peine qu’on y jette un œil. Je l’ai trouvé relativement bien mené, même s’il y a quelques faiblesses. Le résultat est donc assez séduisant et on ne peut que s’impatienter de lire la suite.

Informations :

Titre VO : 憂鬱な朝
Titre traduit : Yûutsu na Asa
Genres : yaoï, romance, drame, historique, tranche-de-vie, gay-lesbien
Nombre de tomes VF/VO : 5/7 (En cours)
Auteur : HIDAKA Shôko
Édition VF : Boy’s Love IDP
Prix : 7,95€

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