Deadlock T.1 : La lutte pour la vérité!

deadlock-1-taifu

Deadlock – Tome 1

En quête d’un yaoï sombre et intrigant? Que dites-vous de vous plonger dans Deadlock, un titre paru cette année chez Taifu Comics et qui vous plongera dans le monde carcéral… Dans tous les cas, le titre signe un début efficace et c’est ce que je vous propose de découvrir!

Résumé :

Yûto, un ancien agent de la brigade des stups (BS), affirme ne pas avoir tué son collègue et avoir été emprisonné à tort.
Pour être libéré, il devra identifier un terroriste qui opère depuis la prison.
Cependant, Dick, son compagnon de cellule, lui déclare le jour de son arrivée dans la prison d’État de Schelger qu’il fait partie des cibles à abattre.

Source : Taifu Comics.

Avis :

Deadlock, nouveau yaoï arrivé chez Taifu en février (oui, je sais, j’ai un retard monstre dans mes lectures…) et un titre qui m’intriguait grandement. Il faut dire que l’ambiance très sombre qui avait été vendue par l’éditeur me rappelait forcément In These Words. Un point qui ne pouvait que me donner envie de me pencher sur ce titre. Néanmoins, j’avoue que j’avais une légère réserve quand j’ai vu que Saki Aida était au scénario. J’avais pu lire Only Love et Back to Love et je dois bien dire que j’avais eu du mal à être totalement emballée. Toutefois, c’est avec beaucoup de plaisir que je me suis lancée dans cette lecture qui s’avère passionnante.

Première chose qui dénote, c’est déjà le cadre. Vous en avez marre des romances lycéennes entre ados ou encore des romances entre « salary men » etc… Deadlock saura sans doute vous ravir dans la mesure où cela se déroule dans une prison américaine de surcroît. Quand on sait ce qu’il peut en être des prisons américaines, on réalise très vite que ce sera loin d’être une partie de plaisir dans ce titre. Et c’est plutôt une bonne chose pour moi évitant déjà au titre de sortir des idées préconçues concernant les yaoï. C’est dans ce contexte que l’on fait la connaissance du très beau Yûto, ex flic appartenant à la brigade des stupéfiants et qui se retrouve incarné pour le meurtre de son collègue. Bien qu’il clame son innocence, tout est contre lui. Persuadé d’avoir été piégé, il se retrouve derrière les barreaux mais une chance lui est offerte : celle de découvrir un terroriste qui agirait dans l’ombre au sein de la prison. Une mission qui s’avère délicate mais peut-être que Yûto pourra compter sur des personnes de confiance notamment son compagnon de cellule : le très mutique Dick.

Deadlock-Taifu-Critique-Review-Screen-1

Deadlock – T.1 © Saki Aida 2012 © Yuh Takashina 2012 This edition originally published in Japan in 2012 by TOKUMA SHOTEN

Honnêtement, j’étais loin de me douter que Deadlock était à l’origine un roman écrit par Saki Aida. De ce fait, difficile d’établir une comparaison et quelque part, cela est plutôt une bonne chose car j’ai pu découvrir l’œuvre pour ce qu’elle était. Le manga offre une jolie écriture d’un point de vue narratif et un visuel très attrayant.

Alors, pour autant, il y a quand même une première partie qui pourra sembler un peu fastidieuse mais qui s’avère nécessaire pour déconnecter Yûto à ce qu’il connaissait. Ainsi, on s’offre une vraie plongée dans un quartier de haute sécurité. Le jeune homme devra s’accoutumer notamment aux dures règles de la vie carcérale. Mais le plus difficile sera sans aucun doute le fait de se faire une place dans ce milieu où les rapports de force sont légion. On découvre alors très rapidement les nombreux gangs souvent régis eux-même par les ethnies. Un cliché ? Non, je ne pense pas. Je crois que cet aspect est plutôt judicieux et réaliste. Même sans connaître parfaitement les milieux carcéraux, on sait parfaitement que le côté communautariste peut prédominer. De ce fait, tout cela aboutit un univers très noir où le racisme, les conflits, stress et nombreuses frustrations en tout genre sont très présents. Plus loin, une autre réalité est soulevée et apparaît comme étant logique : avec autant de dérives, les viols et meurtres sont aussi très présents. Et à moins d’être dans un clan ou de devenir la « femme » d’un boss, difficile de réellement survivre. Les deux mangakas parviennent réellement à retranscrire cette atmosphère pesante que Yûto ressent dès son entrée. Si la narration est parfaitement agencée, elle est renforcée par les dessins très réalistes de Yuh Takashina. En outre, c’est ainsi que l’on peut s’acclimater (si l’on peut dire) aux divers clans (blancs, latinos et blacks globalement) et notamment à leurs leaders : B.B chez les blacks, leader intermédiaire remplaçant Choker malade ; Rivera chez les latinos et Henry chez les blancs. A côté, d’autres groupes se forment également. On pense notamment aux « sisters » devenant les fameuses « femmes » évoquées plus haut. Enfin, tout un réseau est également soulevé comme les nombreux commerces entre les détenus ou encore les gardiens qui laissent passer bien des choses en les monnayant. En somme, on s’attache à nous décrire une espèce de microcosme où tout est parfaitement réglé dans un univers qui ne l’est absolument pas en réalité. Si vous connaissez la série télévisée Oz (une série très dure quand même), on a parfois l’impression de voir des petites similitudes dans la présentation de la prison mais cela reste parfaitement accessible pour autant.

japantouch deadlock extrait 2

Deadlock – T.1 © Saki Aida 2012 © Yuh Takashina 2012 This edition originally published in Japan in 2012 by TOKUMA SHOTEN

Pour l’instant, ce premier volume s’attache surtout à la quête de réponses de Yûto. Et d’ailleurs, on se passionne pour cette enquête. Sa recherche de Corbus est assez intéressante bien qu’elle pourra sembler peu étoffée tant la liste des suspects se réduit assez rapidement. Néanmoins, ce personnage paraît être la clé de bien des choses. Si vous vous attendiez à des choses assez chaudes, vous serez sans doute déçu(e)s. Hormis le fait que certains détenus soient les « femmes » d’autres détenus, qu’il y ait des allusions salaces, il n’y a pas réellement de choses si sulfureuses. La scénariste préfère prendre le temps de bien poser tous les éléments et c’est plutôt un bon choix. Cela est d’autant mieux que ce premier volume se finit sur un certain suspense.

Cela n’empêche pas que l’on reste assez intrigué par la relation entre Yûto et son compagnon de cellule : le taciturne Dick. Les deux sont d’abord dans une relation d’opposition au départ. On peut même dire qu’ils s’apprivoisent d’une certaine façon. Yûto ne comprend pas toujours son partenaire et ce dernier ne s’étend pas non plus sur sa vie. Néanmoins, petit à petit, une relation de confiance commence à s’établir apportant même des moments très drôles quelque peu inattendus. On ne sait pas pour autant pourquoi Dick est en prison. Qu’a-t-il fait ? Pourquoi est-il intouchable dans cette prison ? Il n’y a pas tant d’éléments qui filtrent pour le moment, la mangaka préférant laisser le lecteur s’interroger. Quant à une relation plus charnelle, on en est très loin et je suis d’autant plus curieuse de voir comment la romance va s’amorcer entre les deux hommes.

« J’ai eu l’impression qu’il m’avait un peu ouvert son coeur, mais je ne le comprends pas pour autant. Comme s’il s’approchait et s’éloignait en même temps. » (Yûto) – Tome 1.

Les autres personnages sont tantôt attachants, tantôt un peu clichés. Néanmoins, ce n’est pas si exacerbé et c’est assez appréciable. Certains apporteront quelques touches comiques qui s’avèrent plutôt salutaires dans cet univers où la moiteur est très présente. J’attends également de voir comment ces personnalités vont s’étoffer car il est certain qu’on ne sait pas tout des personnages secondaires.

Le trait de Yuh Takashina est assez agréable pour les yeux. D’ailleurs, on pourrait presque lui reprocher de ne pas être assez tranchante par rapport à ce qui se passe dans le titre. Néanmoins, si vous aimez les beaux éphèbes, vous serez globalement servi(e)s. Les personnages sont vraiment magnifiques avec des traits souvent esthétiques. On appréciera encore davantage les fonds bien fournis mais sans être dans la surcharge. L’édition de Taifu reste de bonne qualité.

Deadlock s’est avéré être une bonne surprise pour moi. Je dois avouer que j’avais un peu peur au départ mais le titre est assez efficace et on s’immerge sans difficulté dans l’univers. En somme, un premier volume convaincant qui devra confirmer tout le bien que j’en pense dans le second volume.

Informations :

Titre VO : Deadlock
Titre traduit : Deadlock
Genres : suspense, thriller, gay-lesbien, romance
Nombre de tomes VF/VO : 2/2 (en cours)
Auteurs : AIDA Saki (scénario) | TAKASHINA Yuh (dessins)
Édition VF : Taifu Comics
Prix : 8,99€

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s