Citrus T.1 : Quand attraction et tension se mêlent…

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Citrus – Tome 1 ©Taifu Comics

Le catalogue Yuri des éditions Taifu Comics s’est enrichi d’un nouveau titre qui devrait plaire aux adeptes du genre : Citrus de Saburouta. Et autant dire que le premier volume semble offrir des bases qui pourraient permettre à la série d’être un vrai succès pour l’éditeur. Plongez dans cette mise en bouche… Acidulée!

Résumé :

Yuzu est une jeune fashionista énergique et enthousiaste qui compte continuer à vivre pleinement sa vie de lycéenne. Seule ombre au tableau, elle n’est encore jamais tombée amoureuse.
À cause du remariage de ses parents, elle se voit obligée d’intégrer un lycée très strict pour jeunes filles.
Comment va-t-elle trouver un copain maintenant ?
Alors qu’elle entame son premier jour de cours, pleine de frustration, elle fait la connaissance de Mei qui n’est autre que la présidente du conseil des élèves.
Après s’être disputé avec cette dernière, elle la surprend en train d’embrasser un professeur. Une surprise qui ne sera pas la dernière de cette terrible journée… car en rentrant, elle apprend que Mei est… sa nouvelle sœur !

Source : Taifu Comics

Avis :

Le yuri peine à s’installer en France malgré les efforts de Taifu Comics pour mettre le genre en avant. On avait pu notamment découvrir Milk Morinaga avec trois titres ou Amano Shuninta avec le dernier tome d’All we need is love paru cette année. Mais c’est surtout l’arrivée de Citrus qui attire l’attention. Dernière nouveauté yuri de l’éditeur, le titre débarque en France en ayant déjà une certaine réputation. On se doute que Taifu Comics mise dessus pour redorer quelque peu sa collection et ils ont bien raison car j’ai plutôt apprécié ma lecture de Citrus.

Yuzu apparaît dans le titre comme une lycéenne « lambda » préoccupée par les choses de son âge : fashion, maquillage, garçons… Rien de très étrange dans tout cela sauf que la jeune fille cherche à faire croire qu’elle a de l’expérience avec les garçons alors qu’il n’en est absolument rien. En effet, elle n’a jamais connu l’amour… Et ce n’est sans doute pas avec les bouleversements qui vont arriver qu’elle risque de découvrir cela sauf que de nouvelles péripéties vont bientôt survenir. Dans un premier temps, Yuzu doit faire avec le remariage de sa mère si bien qu’elle doit changer aussi bien de nom que d’établissement. Un lycée pour filles qui refroidit grandement la jeune demoiselle. Cette intégration s’avère d’autant plus compliquée qu’elle est vite rabrouée par la belle et froide Mei, présidente du conseil des élèves. Une tension s’installe très vite entre les deux jeunes filles. Mais elle va encore plus déchanter quand elle va découvrir que cette même Mei est sa nouvelle… Sœur !

Autant le dire, il n’y a pas vraiment d’originalité dans la manière dont la trame est amenée : un simple remariage faisant de deux filles opposées des sœurs. Pour autant, Saburouta a l’art de rendre l’ensemble très charmant. Dans un premier temps, on appréciera l’espèce d’immersion dans le nouveau cadre de Yuzu. On voit qu’elle cherche à déstabiliser son héroïne et son petit quotidien tranquille. La mettre dans un établissement pour filles est déjà une façon de bouleverser ce à quoi elle avait l’habitude. Mais elle-même apparaît également comme une marginale d’entrée de jeu en raison de son côté « voyant » si bien qu’elle est assimilée à une « délinquante » d’une certaine façon. Je crois que plus loin que ces « deux mondes » qui s’entrechoquent, la mangaka cherche également à montrer que Yuzu va sans doute apprendre plus qu’elle ne l’aurait pensé au départ.

« Ton premier bouton ouvert, la longueur de ta jupe, ton maquillage et tes boucles d’oreilles… Ne sont pas réglementaires. » – Tome 1

C’est dans ce contexte difficile que l’on va voir quelques personnages se détacher. En premier lieu, la jolie et distante Mei. Petite-fille du strict proviseur, présidente du conseil des élèves, sérieuse (sans doute trop) et prompte aux remontrances, il faut bien avouer qu’elle est loin de passer inaperçue. D’ailleurs, je l’ai trouvée assez inexpressive de manière générale. Toutefois, on a l’impression que cette apparente sévérité cache d’autres choses. On a déjà cette cette impression en raison des quelques découvertes que va faire Yuzu au sujet de sa nouvelle sœur. Mais c’est peut-être également ce qui contribue à donner un côté un peu mystérieux et sulfureux au titre. En effet, adoptant le point de vue interne de Yuzu, on découvre les choses en même temps qu’elle si bien que nous aussi, on reste parfois perplexe face à cette demoiselle. Ce procédé facilite grandement le travail d’immersion et concourt à renforcer le caractère intrigant du titre. Mei est une mine d’interrogations : des larmes qui coulent pendant qu’elle dort sans qu’on sache pourquoi, un regard souvent triste et renfermé inexpliqué ou encore un rapport à l’amour qui paraît complexe, on a beaucoup de mal à la saisir si bien qu’on en est au même point que Yuzu. On pressent une grande souffrance chez la demoiselle et un passé qui pourrait rendre l’intrigue encore plus profonde. Il faudra voir si les interactions avec Yuzu seront le déclic pour lui permettre de s’ouvrir (même si je pense que oui, bien évidemment).

A côté de Mei, on découvre également le proviseur. Un homme très strict qui semble avoir une certaine influence sur cette dernière. J’ai eu l’impression qu’il cachait également des choses. Mais c’est sans doute un peu trop tôt pour réellement s’avancer. On a également Harumi, jolie jeune fille qui paraît moins timorée que les camarades de Yuzu, notamment parce qu’elle est arrivée en cours d’année. Elle se rapproche très rapidement de Yuzu et intervient quelque peu comme la « commère » qui met au courant des choses de l’établissement. Apprend-t-on ainsi que la majeure partie des demoiselles de l’établissement sont déjà promises au mariage. Ce qui est notamment le cas de la belle Mei, même si cela paraît lui être totalement indifférent. Mais il est aussi question des nombreuses relations entre les filles, qui cherchent une forme d’épanouissement entre elles avant de devoir se marier. Dès lors, on comprend que cet établissement semble avoir pas mal de secrets quelque part…

Certes, tout cela ne constitue que les prémices de l’histoire mais il faut bien reconnaître que la mangaka parvient à rendre son titre truculent. Cela vaut surtout pour la personnalité de Yuzu dont la spontanéité fait plaisir à voir dans cet univers qui paraît globalement assez coincé. J’avais eu quelques appréhensions au départ la concernant tant elle semblait l’archétype de la jeune fille trop « fashion » et « clinquante » mais finalement, c’est parce qu’elle brave les interdits volontairement ou non que l’on éprouve une forme d’attachement par son envie d’être « non conforme ». On sent une volonté d’être libre même si on découvre également des réactions un peu naïves quand elle est confrontée à des réactions surprenantes de Mei. C’est parce que Yuzu manifeste de plus en plus d’intérêt pour sa troublante « sœur » que l’aspect shôjo-aï se fait de plus en plus présent. On n’est pas encore dans le pur yuri à mon sens. Tout cela reste de l’ordre de quelques regards appuyés ou quelques gestes prêtant à confusion. Des moments que Yuzu a bien du mal à interpréter dans sa méconnaissance de l’amour. Toutefois, on sent bien que toutes ces émotions diverses commencent également à traduire un certain désir même la jeune fille ne met pas encore de vrais mots sur tout cela.

« Lorsque le nuit tombe… D’étranges sentiments brûlants m’assaillent. » (Yuzu) – Tome 1

Malgré tout, on pourra regretter un certain empressement dans cette mise en place de la relation. Ce que je veux dire, c’est que j’ai trouvé que Yuzu portait un intérêt trop rapidement à Mei. J’avoue que je m’attendais à quelque chose de plus élaboré. Par ailleurs, il y a la situation familiale qui est parfois très vite passée sous silence. Le fait que la mère de Yuzu se remarie mais que son mari ne soit jamais présent est passé sous le mode de l’humour. C’est un peu dommage tout de même.

Il n’en demeure pas moins que le style narratif de la mangaka demeure agréable. La narration est simple et fluide dans son ensemble. Les décors m’ont quand même semblé un peu légers mais ce n’est pas si dérangeant. Le trait se veut fin et net. Les quelques moments plus « dénudés » sont également bien mis en scène et donnent une légère part érotique au titre générant ainsi une petite tension sensuelle.

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Citrus – Tome 1 ©By Saburouta/Ichijinsha

En conclusion, Citrus démarre plutôt bien pour moi. J’ai apprécié ma lecture et je trouve que la mangaka arrive assez bien à dégager le charme de sa série en partant d’un postulant très banal. Les premières pages couleurs sont aussi un petit bonus très sympathique. J’attends à présent de voir si le tome 2 rentrera davantage dans l’intrigue mais je pense que c’est en bonne voie.

Informations :

Titre VO : シトラス  
Titre traduit : Citrus
Genres : romance, yuri, gay-lesbien, tranche-de-vie
Nombre de tomes VF/VO : 2/3 (en cours)
Auteur : SABUROUTA
Édition VF : Taifu Comics
Prix : 7,99€

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