Orange T.1 : Quand le passé devient trop présent…

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Orange – Tome 1

Orange : le titre incontournable à avoir absolument dans sa mangathèque. Orange, c’est un mélange de tant de choses qu’il serait très difficile d’en faire le tour. Je voue une vraie adoration pour ce titre dont j’ai longtemps espéré la licence et ce sont les éditions Akata qui ont pu réaliser ce rêve. Si vous ne connaissez pas encore ce titre, je vous invite à découvrir la critique du tome 1 (les autres arriveront par la suite) sur Kyoukai’s World.

Résumé :

L’été de ses 16ans, Takamiya Naho reçoit une étrange mais précise lettre d’elle-même, de dix ans dans le futur. Si au début, elle pense que cette lettre est une farce, il lui faut reconnaître que les évènements décrits dans cette lettre le jour où elle la reçoit se confirment, notamment lorsqu’elle fait la connaissance d’un nouvel élève transféré qui va s’asseoir à côté d’elle : Naruse Kakeru. Dans cette lettre, la Naho de 27 ans dit à la Naho de 16 ans que ses plus grands regrets concernent Kakeru qui n’est plus parmi eux dans le futur. Elle lui demande alors de prendre soin de lui attentivement.

Source : Heyden

Avis :

Mine de rien, on peut dire que l’année 2014 a été l’année Ichigo Takano. Pourtant, avec tout ce qui lui était arrivé, on pouvait vraiment douter de la voir un jour dans notre contrée. Il y a eu notamment l’affaire Dreamin’ Sun sans cesse repoussée mais qui a fini par arriver. On savait que le titre était né de feu la collaboration Akata/Delcourt. Dans tous les cas, je ne sais pas si c’est étonnant que ce soit Akata qui ait raflé Orange. Et ce, pour le plaisir de beaucoup car ne nous voilons pas la face : beaucoup connaissaient Orange avant même qu’il soit licencié. La réputation que le titre a su se créer avant même sa licence a rendu les choses plus aisées quand l’annonce a été faite (enfin, à mon sens). J’ajoute que si on peut s’étonner de voir ce shôjo dans un magazine « seinen », on se rend compte que ce n’est peut-être pas si incohérent au vu des aspects abordés. Un public plus adulte peut aisément se tourner vers ce titre. La catégorisation même d’Akata semble abonder dans ce sens.

Quand on lit le synopsis d’Orange, beaucoup pourraient penser (à tort) que l’histoire est une romance banale. J’ai envie de dire que ce serait presque un sacrilège de penser cela car c’est le shôjo où on est forcément obligés de se dire : « MAIS ». Quel « mais »? Tout simplement celui lié à la fameuse lettre que la Naho du passé reçoit de la Naho du futur. Avec une précision sans faille, la dernière évoque tout ce qui va arriver à la jeune fille dans les prochains mois. Il y a quelque chose qui pourrait sembler surréaliste, il faut en convenir, avec cette idée d’alternance dans les temps mais c’est un peu tout le génie d’Ichigo Takano : parvenir à rendre crédible quelque chose qui n’est pas communément admis par tout un chacun. Aussi, la réaction de Naho reste quand même légitime : elle n’y croit pas vraiment au départ (qui le croirait sincèrement ) mais force va lui être de constater que tout ce qui est raconté se produit. Et cela d’autant plus lorsque Kakeru arrive. C’est à partir de cet évènement que l’on sent déjà que le titre s’oriente vers une direction inattendue et plus important encore, c’est qu’Orange joue extrêmement bien sur les petits détails, ceux qu’on pense comme anodins mais qui prendront une réelle importance par la suite (exemple : le match où Kakeru a le choix de participer ou pas…). Naho qui s’éprend de Kakeru, cela n’a rien de surprenant, je dirais même que c’était prévisible (c’est l’héroïne après tout), mais forcément, on sent qu’elle va avoir une responsabilité plus grande avec tout ce qu’elle va apprendre. Il faut dire que la Naho de 26 ans aura une forte implication dans l’évolution de la Naho de 16 ans. Dans la mesure où elle a de grands regrets à l’égard de Kakeru, il est normale que la jeune femme ne se sente pas entièrement sereine : elle aurait dû prendre des décisions importantes quand il le fallait et elle n’a pas su le faire, elle n’a pas vu des choses qu’elle aurait dû voir (ou peut-être qu’elle cherchait à ne pas voir…), elle n’a pas su accepter ses sentiments. Bref, plein d’éléments qui rendent la Naho de 26 ans nostalgique bien qu’elle semble bien dans son couple avec Suwa. Jusqu’à la révélation qui n’en est pas tant une quand on réfléchit avec l’annonce de la mort de Kakeru à 16 ans. Élément qui permettra forcément de bien mettre en exergue l’intrigue.

« Comment elle l’a su? Mais pourquoi?! » – Tome 1

Finalement, Orange choisit de nous interpeller de manière sensible sur ce qu’on aurait fait si on avait la possibilité de changer le cours de sa vie, du temps, d’effacer nos erreurs et regrets, etc… Quelque part, ce postulat me rappelle un peu La Traversée du temps (même si c’est un autre registre). L’idée d’Ichigo Takano est sans doute de répondre à toutes ces questions à travers ses deux héroïnes.

Ainsi, la Naho de 16 ans aura forcément une chance de changer son avenir pour ne pas avoir de regrets. Le seul problème, c’est qu’on ne sait pas réellement si elle sera capable d’audace et de prendre les décisions quand il le faudra (un point que j’évoquais dans son focus notamment). La jeune fille a quand même une petite réaction de rejet : a t-elle vraiment envie de connaître son avenir? C’est par la force des choses qu’elle choisit de regarder plus attentivement la lettre et de prendre conscience qu’elle a une mission d’une certaine façon et que celle-ci ne la bouleversera pas seulement puisque tout son groupe sera impliqué (et plus qu’on ne l’imagine d’ailleurs). Finalement, cet évènement incroyable aura des retombées positives sur elle puisque dès ce tome, on voit parfaitement qu’elle sera obligée de prendre son courage à demain, de dire des choses qui la dérangeront, de faire des choix que la Naho de 26 ans n’a pas osés prendre. Et cela la conduit également à aller contre sa nature profonde : C’est une jeune fille avant tout timide voire effacée qui privilégie le bonheur des autres avant le sien. C’est très dur d’aller contre sa nature (je parle en connaissance de cause… ).
Tout cela contribue à rendre la jeune fille terriblement attachante. Certains ont pu voir en elle un côté un peu « naïf » voire passif mais moi, je la perçois avant tout comme une jeune fille qui se cherche, qui tâtonne, qui n’est pas sûre d’elle mais qui va devoir gagner en assurance pour le bien de tous. Je ressens une grande sympathie pour elle même si elle reste assez typique quand on réalise bien. Sa bienveillance est presque rassurante.

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Orange – T.1

A côté de Naho, on découvre également le reste du groupe avec Suwa, un garçon très attentionné qui semble également cacher ses sentiments derrière son côté « sociable ». Il voit pas mal de choses et d’une certaine façon, fonctionne comme Naho. Azusa et Takako sont les bonnes amies qui se complètent un peu. On sent qu’on peut compter sur elles. Hagita, par contre, peut sembler plus en retrait mais il est parfaitement bien intégré au groupe. Il y a quelque chose de très frais qui en ressort, notamment en raison des interactions.

Quant à la Naho de 26 ans, j’ai envie de dire qu’elle apporte la part plus mature du titre puisque c’est à travers elle que sont abordés des thèmes forts du titre : la mort notamment qui est très présente dans le « présent » de la Naho de 26 ans. Par ailleurs, d’autres thèmes sont amenés comme la difficulté de faire son deuil, le suicide aussi. Des aspects difficiles mais que la mangaka parvient à rendre justes et le petit côté « fantastique » qu’elle intègre, loin de dérouter, apporte presque une dose de réalisme à l’ensemble.
La seule question qu’on peut réellement se poser, c’est : si la Naho du passé change le cours du passé justement, qu’adviendra t-il de la Naho du futur? C’est réellement la problématique du titre pour moi.

« Si seulement j’avais su que cette situation l’ennuyait, si seulement j’avais pu ressentir sa peine. Au final, je ne pensais qu’à moi. » – Tome 1

L’osmose se crée parfaitement entre le groupe adolescents un peu insouciants et le groupe d’adultes plus concernés par les thèmes matures. Il faut dire que la narration de la mangaka y est pour beaucoup : loin d’être confuse, elle est claire et délicate. Elle a, en plus, la très bonne idée de ne pas susciter le pathos.

Je ne reviens pas sur son dessin qui est, pour moi, très doux et délicat.

L’histoire bonus est assez mignonne à suivre même si on sent que ce sont les débuts de la mangaka car on reste dans une histoire plus basique

Quant à l’édition, c’est ma petite réserve concernant l’éditeur. Un joli travail sur la qualité du papier et l’impression mais un petit côté encore rigide. J’ajoute qu’il y a quelques petites coquilles (regrettables pour ce titre mais bon, les erreurs humaines arrivent^^). La couverture pourra également sembler fine pour certain(e)s.

En conclusion, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’Orange est puissant. Parce que la mangaka arrive à tout conjuguer : une histoire touchante où les moments insouciants sont mêlés à des thèmes délicats. On adhère très facilement au récit se mettant à la place de l’héroïne par moment : comment aurait-on réagi à sa place?

Informations :

Titre VO : オレンジ – Orange
Titre VF : Orange
Genres : romance, drame, tranche-de-vie
Nombre de tomes VF/VO  : 5 (Terminé)
Auteur : TAKANO Ichigo
Édition VF : Akata
Prix : 7,95€

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